Où se situe le statut unique dans la rémunération ?

"Une rémunération sur base des prestations individuelles entraîne un supplément de motivation et davantage d'enthousiasme, tant pour les ouvriers que pour les employés." (Sarah Peeters, Director Acerta Consult)

Un rapport de l'Organisation internationale du travail a récemment révélé, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, qu'il nous faudra patienter encore 70 ans avant que l'écart salarial entre hommes et femmes ne soit comblé. Cela dit, il existe encore d’autres différences, dans notre monde du travail, qui méritent une attention particulière.

Le statut unique a été instauré en 2014 afin de créer plus d'égalité entre ouvriers et employés. Or, si l’on détaille le package de rémunération, il apparaît clairement que le chemin est encore long pour y arriver. Tel est le constat ressortant d’une étude impliquant aussi bien des travailleurs que des employeurs.

Une situation win-win

Il ressort d'une étude récente d'Acerta Consult que le travailleur belge lambda n'est plus satisfait de la constitution de son package de rémunération.


C’est un fait : tant l'employeur que le travailleur veulent apporter du changement à court terme en la matière. "73 % des travailleurs veulent baser leur rémunération sur leurs prestations individuelles. Non sans logique, d'ailleurs", estime Sarah Peeters, Director Acerta Consult. "En effet, le statut du travailleur ne s'accompagne pas forcément d'un grand impact sur les résultats collectifs d'une entreprise. S'il est fonction des résultats personnels, le salaire est en majeure partie entre les mains du travailleur lui-même."


Il apparaît que les employeurs sont eux aussi demandeurs. "Près d'un quart des employeurs veulent, dans les deux prochaines années, faire de la rémunération flexible en fonction des performances individuelles ou collectives une priorité, mais ceci en établissant une distinction entre ouvriers et employés", affirme Peeters.

Ouvriers versus employés

De toute évidence, les employeurs continuent à considérer différemment la rémunération des employés de celle des ouvriers. Si 87 % des employeurs avouent que le salaire de leurs employés doit pouvoir se baser, en tout ou en partie, sur leurs résultats individuels, seulement 76 % des employeurs veulent que leurs ouvriers soient rémunérés en fonction de leurs prestations. À la question « quelle est la juste part du salaire que l'on peut rendre variable ? », 58 % des PDG affirment que la rémunération des ouvriers peut être variable à 10 % ou plus, alors que ce pourcentage grimpe à 74 % pour les employés.


Peeters : "Le statut unique a été instauré en 2014 dans l'optique d'éliminer un certain nombre de discriminations entre ouvriers et employés. Comment se fait-il dès lors que les employeurs semblent disposés à baser davantage le salaire de leurs employés sur les prestations individuelles, mais moins celui de leurs ouvriers ? Les ouvriers ont moins souvent l'occasion de se mettre en valeur dans leur travail. Leur ensemble de tâches a été clairement délimité et les possibilités d’apporter sa touche personnelle au travail sont moindres. Par ailleurs, leurs primes sont souvent fixées au niveau sectoriel ; il est donc d’autant plus compliqué de s’écarter d'une rémunération standard."


Reste donc un fameux chemin à parcourir en termes de rémunération dans le statut unique. "De plus, maintenant que le marché du travail est prêt à entamer une nouvelle phase dans le système de rémunération, la législation actuelle a un besoin urgent de modernisation. Le cadre juridique ne répond pas encore suffisamment à une flexibilisation de la politique salariale. Les employeurs peuvent d'ores et déjà amorcer les premiers pas : une rémunération sur base des prestations individuelles entraîne un supplément de motivation et davantage d'enthousiasme, tant pour les ouvriers que pour les employés", conclut Peeters.


(eh/sp) Tous nos remerciements à Acerta Consult 

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21/02/2017