Le job d'un coursier ? Livrer des colis aux clients

"En tant que salarié, j'effectue une soixantaine d'arrêts par jour. Un travailleur indépendant doit facilement en faire plus de cent pour rentrer dans ses frais" (Jan Demandt, courrier chez DHL).

Pour beaucoup de gens, il s'agit d'une activité courante depuis quelques années : surfer sur des sites tels Zalando, CoolBlue ou Bol.com afin de se faire livrer des colis chez soi. Mais en quoi consiste exactement le métier de coursier ? Sa voiture doit-elle être complètement vide avant qu'il ne puisse rentrer chez lui ?

Jean Demandt est coursier depuis 23 ans. Il a travaillé pendant 2,5 ans chez Fedex et ensuite chez DHL. "J'aimerais effectuer ce travail jusqu'à ma retraite", dit-il en rigolant. "Je suis très fier de travailler pour DH. En revanche, le travail a beaucoup changé ces dernières années et la pression au niveau de la livraison du courrier a augmenté de façon spectaculaire."

Jan est employé à temps plein chez DHL. La société allemande est l'une des rares à continuer d'utiliser le statut de coursier salarié. "Le gros problème de l'industrie des coursiers est la présence de faux indépendants. Il existe énormément de personnes qui sont de facto employées par une entreprise de livraison mais sont traitées et payées comme des indépendants. Auparavant, tous les chauffeurs étaient des employés permanents. Nous étions de véritables ambassadeurs de notre entreprise. Il y a encore 70% d'employés fixes chez DHL, ce qui en fait une exception. Chez UPS, il n'y en a que 30% tandis que GLS et TNT ne travaillent plus qu'avec des sous-traitants. Il en est de même depuis bien longtemps en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni."

Soixante arrêts

"La raison de travailler avec des sous-traitants s'explique rapidement", explique Jan Demandt. "Jusqu'à récemment, les clients faisant appel à des coursiers étaient principalement des entreprises et cette branche était un marché purement B2B. De nos jours, la plupart des colis sont livrés aux consommateurs et ceux-ci ne sont pas prêts à payer pour un tel service."

Sur les sites Coolblue et Bol.com, vous pouvez vous faire livrer 'gratuitement' un colis. Comme nous savons tous que rien n'est gratuit dans notre société, voici ce qui se passe réellement : la pression sur les coursiers est énorme. Jan Demandt poursuit : "En tant que salarié, j'effectuais une soixantaine d'arrêts par jour. Un travailleur indépendant doit facilement en faire plus de cent pour rentrer dans ses frais. Si le client n'est pas chez lui et que le livreur doit garder le colis, il ne gagne rien sur sa livraison."

Cela explique pourquoi certains courriers déposent parfois un paquet devant une porte de maison si personne n'est là. "Nous ne le faisons jamais car nous livrons notamment les iPhones commandés par les clients sur le site Apple. Il est évident qu'Apple n'apprécierait pas que nous déposions des téléphones valant entre 800 et 1000 euros devant la porte des clients. En revanche, il nous arrive de demander aux voisins s'ils veulent bien réceptionner le paquet. Si ce n'est pas le cas, nous repassons à un autre moment."

Tom Boonen

Une semaine normale de travail de Jan compte environ 38 heures. Vers huit heures du matin, le tri commence à l'entrepôt. "Je peux charger ma camionnette comme bon me semble. Je sais plus ou moins à quoi ressemblera mon itinéraire et choisis les colis en conséquence. Ma journée se termine à 18h00 et, s'il me reste encore des paquets, je les garde pour le lendemain."

En revanche, les retraits à effectuer pendant la journée sont imprévisibles. Ils peuvent survenir à tout moment sur l'ordinateur de bord et doivent être traités dans l'heure. Grâce à ces conditions de travail, Jan a parfois même le temps d'avoir une conversation avec les clients. C'est ce qui rend ce travail divertissant. "Il y a peu de temps, j'ai livré un colis à Tom Boonen. Il était très sympathique. La liberté et le contact social sont à mes yeux les aspects les plus agréables de la profession."

Embouteillages

Il y a aussi certains inconvénients comme les embouteillages. "Les files ont augmenté de façon incroyable ces dernières années. Nous disposons désormais d'un GPS mais cela pose encore problème. Nos patrons souhaiteraient permettre aux clients de consulter en direct l'endroit où nous nous trouvons. Parmi les membres du personnel, peu de personnes sont enthousiastes à l'idée d'une telle mesure."

(eh/jy) 

Plus d'info Description de fonction , Jobs d'avenir , Mobilité et transport

13/04/2017