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Travailler en Belgique : que pensent les employés étrangers de notre pays ?

Beaucoup d'entreprises travaillent avec des personnes originaires d'autres pays. Il s’agit parfois même de destinations où nous partons en vacances. Comment les travailleurs étrangers vivent-ils leur expérience en Belgique ? Aiment-ils travailler chez nous ? Nous avons interviewé deux employés de l’Hôpital universitaire de Louvain. "Vous ne réalisez pas à quel point tout est bien organisé ici."

27 août 2019

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"Étant donné que l'économie tourne mieux en Belgique, vous bénéficiez d'un salaire plus élevé ici qu'en Egypte" (Irene Bastawros).

Irene, originaire d'Egypte, travaille dans les cuisines de l’hôpital : "Ai-je envie de retourner en Egypte ? Si vous posez la question à mes quatre filles, elles vous diront qu’elles se sentent très bien en Belgique"

Le dernier rapport annuel au sujet des services proposés par l’Hôpital universitaire de Louvain mentionne 18 nationalités et 58 pays de naissance différents. Irene Bastawros en fait partie : âgée d’une vingtaine d’année, elle quitta l’Egypte, son pays natal, pour venir travailler en Belgique.

Ses deux premières filles sont nées en Egypte mais elle décida ensuite de fuir le pays pour suivre son mari qui travaillait en Belgique depuis quelques temps. "En Egypte, mon mari travaillait comme secrétaire et gagnait très peu d’argent. J'ai moi-même donné des cours de couture, de tricot et de cuisines dans un lycée pendant quatre ans", explique Irene.

Son mari travaille désormais à la cafétéria de l’Hôpital universitaire de Louvain. Irene a d'abord travaillé dans la garde d'enfants mais, depuis 2014, elle est active dans les cuisines de l’hôpital. "Je travaille selon des horaires variables mais commence généralement mes journées à 7 heures du matin. J’effectue de nombreuses tâches telles la composition des repas sur base de fiches repas individuelles, le placement des plateaux dans les chariots de livraison, l’emballage des couverts, la vaisselle,… J’aime mon travail et mes collègues sont sympathiques. J’y attache beaucoup d’importance. Enfin, je trouve mon salaire assez bon et, avec quatre enfants à charge, cela tombe à pic (rires)."

Souhaite-t-elle un jour retourner dans son pays d’origine ? "Non, et mes quatre filles qui étudient en Belgique sont du même avis. Mon aînée suit des études d'infirmière et effectue un stage à l’Hôpital universitaire de Louvain. L'éducation et les soins de santé sont bien meilleurs ici qu’en Egypte. L'économie tourne aussi mieux ici. Pour le reste, je ne remarque pas beaucoup de différences, si ce n'est que notre culture et nos traditions sont bien sûr différentes. J'aime vivre en Belgique et avoir beaucoup de contacts avec mes voisins et collègues. Cela me plaît beaucoup."

"L'enseignement et les soins de santé sont meilleurs ici"

Pour Irene, les différences en matière d’enseignement et de santé sont particulièrement frappantes.

  1. Enseignement et soins : "L’enseignement en Belgique bénéficie clairement de plus de subsides et est de bien meilleure qualité. En termes de soins de santé, tout est beaucoup mieux organisé et les installations sont plus nombreuses."
  2. Economie : "Étant donné que l'économie tourne mieux en Belgique, vous bénéficiez également d'un salaire plus élevé qu'en Egypte."
Maray Rodriguez Gongora

Maray, originaire de, Cuba travaille comme infirmière : "Je conseillerais à tout le monde de commencer par une période de travail de trois mois"

Nous nous sommes entretenus avec Maray Rodriguez Gongora le lendemain de son week-end de mariage. Son (tout nouveau) mari belge est enseignant. Maray, qui parle parfaitement le néerlandais, travaille comme infirmière dans le département traumatologie de l’Hôpital universitaire de Louvain depuis dix ans.

Elle a obtenu son diplôme à Cuba. "La formation d'infirmière de base à Cuba dure cinq ans. Les cours étaient plutôt bons et des périodes de stage étaient prévues", explique Maray qui a d’abord travaillé dans un service de pédiatrie. Mais les conditions de travail à l'hôpital, que ce soit au niveau des équipements ou des médicaments, n’étaient pas en adéquation avec ses études. "À Cuba, je travaillais douze heures d'affilée et il m'arrivait souvent de devoir effectuer des heures supplémentaires parce qu’il n’y avait pas d’infirmière pour prendre le relais. Je me suis finalement dit que je n’avais pas étudié tant d’années pour travailler dans de telles conditions."

Danse

Maray s’est réorientée vers un domaine complètement différent. Elle est ainsi devenue danseuse professionnelle et ami lui conseilla de venir tenter sa chance en Belgique pendant trois mois. C’est à ce moment-là qu’elle renoua avec le métier d’infirmière. "Il y eut toute une procédure afin de régulariser mon diplôme cubain. J'ai pu suivre une formation de trois mois à Gasthuisberg pour mettre à jour mes connaissances en soins infirmiers. De cette façon, j'étais à jour avec les dernières techniques. Je suis heureuse de l'opportunité que l’on m’a offerte."

Entretemps, Maray travaille à l’Hôpital universitaire de Louvain depuis dix ans. Elle n’a pas spécialement envie de retourner à Cuba. "Bien sûr, il arrive que le pays où vous êtes né vous manque mais je suis bien intégrée en Belgique. J'aimerais me rendre à Cuba d’ici quelques mois mais je reviendrais ensuite en Belgique."

"Il y a tellement de choix ici"

Il est impossible de dresser une comparaison entre Cuba et la Belgique, et ce tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'hôpital, affirme Maray Rodriguez Gongora. Selon elle, il existe des différences à deux niveaux :

  1. L'organisation : "Si je compare avec Cuba, l’Hôpital universitaire de Louvain est super organisé. Tout est prévu et l'organisation et les plannings sont bien structurés. En tant qu’infirmière, c’est un rêve pour moi de travailler ici."
  2. Le bien-être : "Quand ma mère était en Belgique, elle fut marquée par le nombre voitures qui roulaient dans la rue. Elle n'avait jamais vu cela."Cela s'applique aussi à d’autres niveaux. En Belgique, il y a tellement de choix dans les magasins et la majorité des gens peuvent s’acheter un réfrigérateur et un téléviseurs. A Cuba, peu de personnes en possèdent."

(eh) (Anneleen De Leyn et William Visterin)

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