« Chaque semaine, je reçois un coup de fil d’un chasseur de tête »

La guerre des talents bat son plein et comme ce que l’on peut attendre d’une guerre, tous les moyens sont bons, y compris les plus lourds.

C’est ce qui ressort du récit de Carl qui travaille dans le secteur IT : à ses propres dires, il reçoit toutes les semaines via LinkedIn des invitations de recruteurs intéressés par son profil. Ses collègues et lui se voient aussi adresser des tonnes de coups de téléphones et d’emails.

« Ce matin, un de mes collègues a été contacté par un recruteur. Mon collègue a décliné sa proposition et quelques minutes plus tard, c’est le téléphone d’un autre qui sonnait. Cela devait être le même qui appelait. »

Méfiance

Rien de mal en soi, allez-vous penser, mais les techniques de certains recruteurs exaspèrent Carl. « Souvent on se confronte à des recruteurs qui dès la première conversation, utilisent des techniques qui éveillent peu la confiance. Ils mettent sous pression les gens actifs, rappellent tous les deux jours et essaient d’appâter les candidats avec une offre alléchante qui en fin de compte n’a pas l’air si bien que cela. Ou ils vous demandent au téléphone quelle est votre situation financière actuelle au lieu de sonder ce que vous désirez gagner »

Ce n’est pas que Carl ira voir si facilement si l’herbe est plus verte ailleurs. «  Ces trucs de négociation bon marché sont souvent faciles à mettre à jour, mais le problème est que cela éveille directement la méfiance. On s’en remet mais c’est dommage en fin de compte. Parce qu’ainsi on rate peut-être aussi des opportunités intéressantes et les entreprises passent à côté de candidats adéquats. C’est une approche agressive qui est peu constructive. »

Agressivité

Selon le chasseur de tête Serge Gomme d’Hudson, ce n’est pas très intelligent d’essayer de convaincre des candidats de cette manière. « L’agressivité ne marche pas en général. On sonde d’abord toujours si la personne est intéressée. Jamais on ne lui tombe dessus en lui promettant un job qui lui fera gagner 30% de plus que son poste actuel. »

« Ce n’est que lorsque vous sentez une ouverture que vous pouvez passer à l’étape suivante. On décrit avec objectivité la mission, l’environnement de travail, l’employeur, ainsi que tous les avantages qui sont bien sûr des points d’attention importants.

Ainsi les candidats ont le loisir de s’informer en détails de l’employeur et de prendre contact avec des connaissances qui pourraient être de bon conseil. Les gens disposent généralement d’un délai d’une semaine de réflexion pour répondre à l’annonce. »

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19/04/2012