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Job atypique : faiseur de files

Cet homme a remarqué qu'il passait plus de temps à faire la file que la majorité des gens. Il décida d'en faire son métier.

Les Italiens passent en moyenne 400 heures par an à faire la file. D'un point de vue financier, cela représente quelque 40 milliards d'euros gaspillés chaque année. Les personnes aisées louent depuis des années des personnes pour faire la queue à leur place dès qu'il faut payer des factures, envoyer des colis ou se rendre à l'administration pour régler de la paperasse.


Giovanni Cafaro s'assure désormais que ce luxe ne soit plus exclusivement réservé aux personnes fortunées, et propose un service accessible au citoyen lambda qui n'a pas envie de passer des heures debout à faire la file.

Concept

L'idée lui est venue il y a deux ans, alors qu'il était au chômage et devait faire la file pour payer une facture. Giovanni a décidé de tirer parti de la lenteur de la bureaucratie italienne et de la tourner à son avantage. Il passa directement à l'action, distribua des flyers promotionnant ses services et trouva immédiatement des personnes souhaitant optimaliser leur emploi du temps en ne faisant plus la file. Parmi ses clients figurent des entreprises qui préfèrent que leurs employés soient productifs au lieu de rester debout à ne rien faire. Giovanni créa ainsi sa propre fonction : faiseur de files.

Contrat

Il ne travaille désormais plus seul. En effet, de nombreuses personnes sont impatientes et veulent déléguer leur temps d'attente, ce qui entraîne d'innombrables opportunités pour les faiseurs de files. Il décida de créer son propre contrat standardisé avec toutes les exigences légales afin qu'il n'y ait pas d'abus et que les personnes engageant les faiseurs de files soient légalement en ordre. Le document stipule la rémunération (10 euros brut par heure) et précise qu'une assurance est prévue en cas d'accident. Il donne également une formation de 5 heures (via Skype) aux débutants pour les informer des divers services locaux du gouvernement et de tous les documents, signatures et coûts supplémentaires devant être pris en compte.

Problème

Le gouvernement est-il lui-même conscient des problèmes relatifs aux files d'attente ? Certainement. Une campagne a même été menée dans le but de favoriser l'accès aux services publics en ligne à l'aide d'un numéro d'identification pour effectuer des transactions. Mais l'Italie se situe dans le bas du classement en matière de transactions non-monétaires au sein de l'Union européenne. Les gens sont méfiants et réticents à l'idée d'utiliser des cartes de débit ou de crédit. Les paiements en espèces sont et restent les plus populaires. Voilà une des raisons pour lesquelles l'Italie possède l'une des plus grandes économies souterraines d'Europe.


L'ironie du sort veut que Giovanni Cafaro contribue quelque peu au développement de la paperasse administrative, même si ses contrats partent d'une bonne intention. En effet, l'embauche d'un faiseur de files implique certains documents même si vous ne souhaitez que l'engager pendant une heure. Cela ne rend pas pour autant son entreprise moins populaire, que du contraire. La demande ne fait que croître.


En conclusion, le temps, c'est de l'argent !


(eh/jy) – Source : The Economist 

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21/04/2017