Quelles sont les sources de stress lors du trajet domicile-lieu de travail ?

1 navetteur sur 3 est stressé pendant son trajet pour se rendre au travail. Il ne s'agit pas de la distance ni du temps de voyage qui les stressent. Qu'est-ce donc ?

Pas de stress pour les cyclistes ou les piétons

Plus d'un employé sur 4 déclare que son trajet domicile-lieu de travail est une source de stress. Il s'agit surtout des travailleurs qui utilisent la voiture (31%). Ceux qui prennent les transports publics éprouvent moins de stress (26%).


Il est frappant de constater que les personnes se déplaçant à pied, en vélo ou en transports en commun sont moins stressés (11%). Voilà ce qui ressort d'une enquête menée par le service RH Securex auprès de 850 employés depuis avril 2016 (la majorité des répondants étaient diplômés et employés, 77% travaillaient dans des entreprises privées et 21% auprès des autorités).

Imprévisibilité des facteurs déterminante

Plus que la distance proprement dite entre le domicile et le lieu de travail ou le temps de voyage, la congestion du trafic et son imprévisibilité sont des facteurs déterminants pour le niveau de stress. Parmi les automobilistes effectuant un trajet bien précis, 21% admettent être stressés. Si la durée est imprévisible, cela monte à 61%. Une différence significative qui revêt une importance particulière.


Utiliser les transports publics (train, bus, métro, tram) stresse 1 navetteur sur 4. En cas de trajets n'étant pas prévus à l'avance, cela monte à 45%. L'imprévisibilité des transports publics est souvent due à des problèmes techniques, des accidents ou des grèves.


"Il est évident que ce n'est pas la distance du trajet qui importe ni le temps que vous passez sur la route", explique Hermina Van Coillie, experte en recherches RH chez Securex. "Il est de plus en plus difficile de définir à l'avance le temps que vous passerez sur la route et cela provoque du stress. Alors que, dans le passé, partir une heure plus tard était une solution idéale, les routes sont désormais bouchées pendant les heures creuses pour effectuer des travaux, à cause des conditions météorologiques ou tout simplement du nombre toujours croissant de voitures et de camions."

Un tiers du temps de voyage dans les files

Plus d'un travailleur sur cinq trouve que la durée du trajet de son domicile à son lieu de travail est imprévisible. Cela s'avère beaucoup plus le cas pour ceux qui utilisent la voiture (26%). Pour les employés utilisant les transports en commun, il est question de 18%. Il n'est guère étonnant de constater que les automobilistes passent en moyenne un tiers de leur temps dans les files (16 minutes sur 56). Ces dernières rendent le temps de trajet imprévisible.


Au niveau des collègues cyclistes, seuls 3% indiquent que la durée de trajet est imprévisible. Parmi les piétons, personne ne le signale.

Les automobilistes sont généralement plus stressés

Il convient de noter que la recherche montre que les automobilistes stressés pendant leurs trajets sont généralement plus stressés dans le vie de tous les jours (65% contre 43%) et présentent plus de symptômes de burn-out (13% contre 6%). Il en est de même pour les personnes stressées dans les transports publics : elles éprouvent plus de stress en général (58% contre 38%) et au niveau de l'épuisement professionnel (23% contre 3%).

Comment diminuer le stress lié aux trajets ?

A ce niveau, tant les employeurs que les employés ont un rôle à jouer. "Lorsque nous parlons de mobilité, cela a des conséquences dans bien des domaines : d'une part, les différents modes de transport sont pointés du doigt. D'autre part, l'emplacement des bureaux joue un rôle non négligeable afin que ceux-ci puissent facilement être atteignables", explique Tim Blanckaert, directeur des installations chez Securex. Le temps et l'indépendance du lieu de travail jouent un rôle important. "L'indépendance au niveau du temps et du lieu de travail (y compris le télétravail) a un impact majeur sur la technologie au sein d'une entreprise. Toutes ces matières sont intrinsèquement liées et, dans la mise en place d'un plan de mobilité, elle doivent être prises en compte afin d'améliorer avec succès la mobilité des travailleurs."


Hermina Van Coillie de chez Securex ajoute : "Si nous voulons garder les travailleurs plus longtemps dans nos entreprises, nous ne devons pas sous-estimer l'impact de la mobilité. Un travail acceptable est défini par des tâches intéressantes, de l'autonomie, des collègues sympathiques et le fait de pouvoir prévoir la durée des trajets pour se rendre au bureau. Pour ce faire, une politique de liberté au niveau de l'emplacement et des horaires peut résoudre une partie des problèmes. Le co-voiturage est également à envisager mais n'est pas encore très populaire. Seuls 1% de nos répondants y ont recours."

Le trajet est parfois synonyme de paix

Près de la moitié des travailleurs ont besoin d'un moment de transition pour se détendre en rentrant du bureau et de passer de sa vie professionnelle à sa vie privée. "Nous supposons que la manière dont les personnes se déplacent pour aller travailler résulte d'un choix personnel. Les abonnements de train ou les vélos d'entreprise ne garantissent pas un bien-être général. En tant qu'employeur, vous pouvez imaginer une gamme de moyens de transport afin que chaque employé puisse choisir en fonction de son itinéraire et de ses besoins personnels. Pour certains travailleurs, l'heure de pointe est très stressante. Pour d'autres, elle peut être une période de déconnexion ou de soulagement."


(eh/jy) 

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28/11/2016