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Considérer le burn-out différemment

19 février 2020
Si l’on en croit les médias, le burn-out est le nouveau mal du siècle qui se répand en faisant d’énormes ravages. Les uns s’indignent du manque d’attention que lui porte le monde politique, les autres se plaignent du manque de prise de responsabilité de la part des employeurs. Certains osent même prétendre que seuls les plus faibles sont victimes de burn-out. Mais qu’en est-il réellement ?

Il est temps de faire le point, remettre les pendules à l’heure de considérer le burn-out différemment.

À chaque époque, sa maladie

Anna Katharina Schaffner, Professeure allemande de littérature, a étudié le phénomène du surmenage mental à travers les siècles. Ses conclusions ? L’homme moderne n’est pas le seul à en souffrir ; au temps de la Grèce antique, l’homme n’arrivait pas non plus à suivre la cadence et souffrait alors de melancholia. Rien de surprenant donc à ce que l’expression état d’esprit joue un rôle si important aujourd’hui dans le processus de guérison du burn-out.

Quelques siècles plus tard, les gens ont commencé à souffrir d’acedia, une sorte de surmenage spirituel. Or les gens qui souffrent de burn-out se posent souvent beaucoup de questions sur le sens des choses. Là aussi, nous pouvons dès lors faire le lien avec l’histoire. Acedia signifiait souffrir d’un manque de persévérance. Aujourd’hui, ne nous arrive-t-il pas parfois d’entendre que les personnes atteintes de burn-out n’ont qu’à prendre sur elles et aller de l’avant ? Mais en fait, en cas de burn-out, ne faudrait-il pas justement faire le contraire ?

Dans son livre « Exhaustion, a history », Anna Katharina Schaffner révèle que chaque époque a été marquée par une forme spécifique de surmenage, de léthargie et de morosité. À la fin du 19e siècle, par exemple, l’on souffrait de neurasthénie ou syndrome de la fatigue chronique. Autant dire qu’il s’agissait d’un burn-out avant la lettre, et c’est probablement pour cela que les médecins généralistes utilisent encore souvent ce terme pour parler de surmenage. C’étaient surtout les personnes intelligentes et créatives qui souffraient de neurasthénie, et les médecins de l’époque affirmaient que les nombreux changements et modernisations comme le télégraphe, le train et la vie urbaine en étaient la cause.

À travers les siècles, le nom de ce mal a évolué, et la cause a toujours été recherchée ailleurs (raisons internes, externes, sociales, psychologiques, religieuses ou physiologiques) ; différents remèdes ont également été prescrits (du changement de régime alimentaire à la détente en passant par la prière plus intense). Une constante reste néanmoins présente : la peur du changement. Mais, quel que soit le type de surmenage, la nostalgie du passé et le scepticisme à l’égard du présent demeurent manifestes.

Un problème personnel ou un problème de société ? Tout est une question de langage

Le burn-out a beau être un mal qui date, relève-t-il en fait d’un problème personnel ou d’un problème de société ? La réponse se cache dans les termes utilisés pour le définir. En Angleterre et aux États-Unis, par exemple, on ne parle pas de « burn-out », mais de « stress » ; du coup, il s’agit surtout d’un problème personnel dont la responsabilité incombe à l’individu. Lorsque l’on souffre de stress, il faut oser y remédier soi-même en renforçant sa propre résistance, sa propre résilience et sa propre capacité à encaisser les coups. Il faut oser recourir à des techniques de gestion du stress, à une alimentation saine et à des séances de yoga méditatif en groupe pour se sentir mieux.

burn-out stress

Chez nous, comme en Allemagne d’ailleurs, la responsabilité du bien-être de la population active incombe à la société dans son ensemble. En légiférant en la matière, par exemple, et en adoptant le mot « burn-out » dans le vocabulaire courant, le phénomène dépasse la seule responsabilité de l’individu. Comme nous l’avons mentionné, acedia était un burn-out avant la lettre réservé à l’époque à l’élite intellectuelle ; aujourd’hui, tout le monde peut souffrir d’épuisement. D’un point de vue sociologique, le burn-out est souvent qualifié de mal résultant du néolibéralisme où le consumérisme et la concurrence assassine auraient transformé le travailleur en un produit jetable. Il va de soi qu’avec ce type de discours, il n’est nullement question de stress dont la responsabilité incomberait à l’individu même ; au contraire, il est clair que le choix d’utiliser le terme même de « burn-out » lance le débat au niveau sociétal.

Le plus grand groupe à risque

Sommes-nous tous réellement susceptibles de faire un burn-out ? Selon une étude suisse, nous pouvons tous nous retrouver dans la zone à risque, mais c’est principalement la conjugaison de deux éléments qui augmente le facteur de risque.

Le Dr Jochen Menges, Professeur à l’Université de Zurich et à la Cambridge Business School, a décrit comment les gens se laissaient facilement emporter par un tourbillon qui les menait droit à leur perte, lorsqu’ils s’impliquaient corps et âmes dans leurs missions et, de ce fait probablement, étaient en proie au stress.

Les schémas récurrents à cet égard sont les suivants : overloading (liste interminable de choses à faire), multiloading (en tant que multipotentiel, la personne est active simultanément à de nombreux niveaux différents) et perptual loading (le travail n’est jamais fini). À cause des technologies modernes, ces personnes continuent à travailler jusqu’au moment où leur corps et leur esprit n’en peuvent plus et sont complètement épuisés.

burn-out

Le burn-out, bien plus que du surmenage mental ?

Griet Deca, Chief Happiness chez Tryangle, en a fait cruellement les frais au début du 21e siècle. À peine ses études terminées, elle s’est lancée à corps perdu dans sa carrière en écoutant tout et tout le monde et en refusant d’écouter son corps. Au cours des premières années, elle n’a pris aucun jour de congé et ne s’est accordé aucun vrai moment de détente. Après des années de maltraitance, son organisme lui a envoyé des signaux tellement forts au cours de ses toutes premières vacances qu’il lui a été impossible de les ignorer. À cette époque où le stress n’était pas considéré comme problématique et où le burn-out n’était pas encore d’actualité, Griet s’est retrouvée tout d’un coup incapable de poser le pied. Ironie du sort, le diagnostic posé par le médecin faisait état d’une « fracture de stress » ou « fracture de fatigue ». Cette expression nous vient en fait du temps de Napoléon. Ses soldats devaient marcher si longtemps qu’ils tombaient d’épuisement et présentaient de petites fractures au niveau des pieds ou des tibias.

De nos jours, le burn-out est associé à une pathologie psychosociale, mais il est important de souligner que ce trouble lié à un manque flagrant d’énergie a également des répercussions sur la santé physique des individus. D’ailleurs, les premiers symptômes se traduisent souvent par des douleurs physiques ; si celles-ci sont reconnues et traitées en connaissance de cause, il n’y aura probablement pas d’épisode de burn-out entrainant une absence significative. Considérer le burn-out différemment est par conséquent essentiel pour que la stigmatisation et la honte y afférente puissent s’effacer au profit de la prise de conscience et de l’acceptation du fait qu’à notre époque, nous devons oser œuvrer à notre propre bien-être et au bien-être de chacun d’entre nous. C’est une responsabilité partagée qui dépasse la relation employeur-travailleur et qui implique la société dans son ensemble.

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(gd) - Source : Tryangle

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