Trop de boulot ? C'est de votre faute !

Contrainte de travail, contrainte de temps... Autant de formulations qui expriment un seul et même problème : le sentiment de devoir faire trop en trop peu de temps. Mais en réalité, d’où vient tout ce stress ? Jan Lux, trainer/coach, pointe fermement un doigt accusateur sur… nous.

Ce stress, nous pouvons évidemment l’imputer à la crise. Serait-ce un mensonge ? Pas du tout, car quand l’économie connaît des temps difficiles, rares sont les patrons qui ne demandent pas à leur personnel de « faire des efforts ».

« Mais d’un autre côté, c’est nous qui sommes responsables d’une grande partie de notre manque de temps », dévoile Jan Lux, chef d’entreprise et trainer chez Learning by Lux. « Tout le monde a déjà rencontré un collègue qui s’affaire tout le temps et qui traîne toujours un tas de classeurs avec lui. J’ai également connu ce genre de personne. Cet homme commençait sa journée à 7h30 et il était encore là le soir à 20 heures. Il vivait avec une énorme contrainte de travail, qu’il se créait lui-même parce qu’il ne pouvait pas ou ne voulait pas déléguer ».

D’après Jan Lux, les personnes qui font de grosses journées vont, à un moment donné, vouloir continuer sur leur lancée, notamment parce que les réactions qui en découlent flattent leur ego. « Vos collègues ne tarissent plus de louanges à votre égard, votre patron vous donne une évaluation positive et c’est pour vous la chance de vous immiscer dans des affaires dont vous n’avez normalement pas à vous mêler ».

« Nous nous accrochons trop à de fâcheuses habitudes »

En d’autres termes, notre souffrance quotidienne recèle également une série de côtés agréables dont nous voulons profiter le plus longtemps possible. Par exemple, le collègue de Jan a d’emblée vu dans son fonctionnement la possibilité – sous le couvert de « ne pas avoir le temps » – de se soustraire à toutes les tâches moins amusantes. « Et devinez qui, à la maison, tondait la pelouse et allait conduire les enfants à la danse ? Son épouse, bien sûr ».

Et puis, il y a évidemment encore les personnes qui s’affairent toute la journée mais qui socialisent à chaque coin de l’entreprise. « D’accord, ce papotage, c’est l’huile qui fait tourner le moteur… Mais s’il y a trop d’huile, le moteur tourne sot », réagit Jan Lux.

À quoi gaspillons-nous encore notre temps, Jan ? « À la routine et à tout ce qui nous donne un faux sentiment de sécurité. C’est dans la nature de l’être humain d’adorer se nicher dans des habitudes. Le manque de préparation, par exemple, est une mauvaise habitude très répandue qui consomme un temps considérable ».

« Il ne faut certainement pas sous-estimer le problème »

Autre habitude aussi ennuyeuse que consommatrice de temps : lire constamment son courrier électronique alors que ce n’est pas nécessaire. « L’employé moyen n’a pas besoin de lire ses e-mails plus de trois fois par jour : le matin, le midi et le soir ». Ou encore : les réunions qui commencent à tous les coups en retard. « Si dix personnes accusent un retard d’une demi-heure, on perd en fait cinq heures d’un temps précieux ».

Heureusement, ce n’est pas toujours notre faute si nous rentrons chez nous à la tombée de la nuit. Le travail délégué par d’autres collègues engendre lui aussi son lot de pression. Et qui ose dire non face à ce genre de situation ? « C’est un problème de taille. Un exemple : J’ai eu en formation quelqu’un qui, au dispatching où elle travaillait, se retrouvait tous les lundis matin avec une montagne de travail. Mais de quoi s’agissait-il, en réalité ? Et bien, ses collègues préféraient parler de leur week-end et de football que de bosser. Alors, elle faisait le travail, mais contre son gré. Car la pile l’attendait, mais elle n’osait rien dire ».

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04/03/2009