Economie sociale à Bruxelles : emplois où l'on se sent mieux

"Un nouveau monde s'est ouvert à moi." (Yves Versluyf, instructeur en peinture)

Au sein de l'atelier de l'asbl anderlechtoise FIX, les activités principales sont le broyage, le perçage et la peinture. Des planches longues de plusieurs mètres sont transformées en armoires peintes de couleurs vives. Destination : une école située à Jette.

Le projet FIX œuvre à la rénovation d'écoles et de bâtiments publics à Bruxelles. "A mon niveau, après des années d'activité dans le secteur de la construction, il s'agit d'un énorme soulagement", déclare l'instructeur Yves Versluyf.


Dans l'équipe de Yves chez FIX, les membres apprennent les techniques de base en peinture ainsi qu'à mener un rythme de travail sain. Après cela, ils seront plus susceptibles de trouver un emploi permanent dans une entreprise de peinture 'normale'. Une faible proportion opte pour une formation spécifique. Les équipes sont composées d'hommes âgés de 20 à 50 ans et sont pour la plupart d'origine étrangère. Fait marquant : certains parlent néerlandais entre eux. "L'acquisition d'une connaissance de base du néerlandais est le troisième objectif de FIX", confirme Yves Verstuyf.


"Peinture, menuiserie, plomberie, maçonnerie et isolation. Il y a de tout chez FIX. Au sein de chaque équipe, certaines techniques doivent être apprises. Elles sont souvent inconnues pour la plupart des nouveaux membres mais, tant qu'il y a de la volonté, tout est possible. Ils apprennent le néerlandais par le biais d'un coaching linguistique pendant les heures de travail et en soirée. La langue est un élément clé de leur formation. En tant que peintres, ils n'ont que peu de possibilités d'emploi à Bruxelles et doivent souvent se rendre en Flandre. Nous entendons que, après une semaine de période d'essai, nos peintres ont déjà un contrat de travail en poche. Cela prouve que nous fournissons de la qualité", conclut-il fièrement.

Propres responsabilités

Le parcours de Yves l'a fait voyager d'Anvers à Bruxelles. "Je travaillais depuis mes seize ans dans des entreprises de peinture. Dans le secteur de la construction, si vous n'êtes pas immédiatement performant et disponible, vous quittez le navire. Ici, la situation est différente. Un nouveau monde s'est ouvert à moi. Les premières années ont été difficiles mais je considère désormais mon travail comme un passe-temps." Yves a grandi au sein de FIX et est devenu coach expérimenté. Il s'y sent émotionnellement impliqué.


"La soumission de l'employé à l'employeur sans concertation ni coaching est révolue. Chez FIX, nous mettons tous les instructeurs sur le même pied d'égalité et prônons un leadership de qualité. Telle est la priorité au sein de mon équipe. Chacun est responsable de son travail et je les aide à ce que tout se déroule bien. Ils sont désormais fiers de leurs réalisations alors que, auparavant, ils n'étaient que de simples exécutants."

Afghan et professionnel

Yves a transité du secteur privé à l'économie sociale. Pour le trentenaire Farid Farhadi, originaire d'Afghanistan, la situation est quelque peu différente. Farid est assistant technique en menuiserie sur le site de FIX. En tant que demandeur d'asile, il est arrivé en Belgique il y a cinq ans. Il a démarré chez FIX en effectuant un programme de transition professionnelle. Il parlait à peine le néerlandais mais est désormais chef d'une équipe. Les quatre membres qui la composent ont été sélectionnés par ses soins. "En tant que demandeur d'asile, je ne voulais pas rester sans rien faire et j'ai suivi une formation en aluminium chez Groupe Intro", raconte-t-il dans un néerlandais tout à fait correct.


"En Afghanistan, j'avais un certain bagage technique. Il y a trois ans, ma connaissance du néerlandais était inexistante mais j'ai pu l'apprendre grâce à FIX. A l'heure actuelle, je suis encore des cours dans un centre proposant des formations destinées aux adultes. Chez FIX, je veille à remplir deux objectifs au sein de mon équipe : un bagage technique et une maîtrise de la langue. Je suis amplement satisfait de ma fonction et j'ai toujours rêvé diriger une équipe. J'ai déjà pu former une dizaine de collaborateurs, le tout en néerlandais ! J'aide les gens à quitter le chômage et à vaincre la pauvreté. Je m'investis corps et âme pour mon équipe mais, après deux ans, tout le monde doit être capable de travailler pour un employeur." Farid est donc rigoureux. De l'Afghanistan à la Flandre, tout le monde travaille ensemble pour une meilleure économie sociale à Bruxelles.


(wdh/eh/jy) - photo: (bd) – Plus d'informations : www.fixbrussel.be 

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29/11/2016