Le crédit-temps coûte 832 millions d’euros

Selon les chiffres de la RVA (l’équivalent de l’Onem en Flandre), le nombre de travailleurs belges prenant un crédit-temps ou un congé parental aurait augmenté de 20 % en 7 ans. Un développement qui coûte près d’un milliard d’euros à l’Etat…

Durcissement des règles

La législation autour du crédit-temps s'est vue raffermie à différents niveaux depuis le 1er septembre 2012. Toutefois, malgré le raccourcissement de la durée maximale et le fait qu'il faille à présent tenir compte du degré d'ancienneté, de l’âge et des exigences de carrière; les chiffres relatifs à leur utilisation n’ont jamais été aussi hauts.

Crédit-temps de luxe ?

Selon une étude récente, il semblerait qu’à la fin du premier semestre de cette année, plus de 275.500 travailleurs aient déjà fait usage du crédit-temps ou du congé parental. Mais tous ceux qui en profitent n’en ont pas besoin dans la même mesure. Selon Christine Mattheeuws, Présidente du SNI (le Syndicat Neutre des Indépendants), il s’agit bien souvent de formes de crédit-temps inutiles.


"Cela coûte près d’un milliard d’euros à l’Etat pour financer les deux systèmes, mais seule une fraction est destinée au crédit-temps justifié, à savoir lorsqu’on y fait appel pour des raisons impérieuses", explique-t-elle.


Selon les chiffres de 2013, le crédit-temps sans motif précis représenterait 2/3 de l’ensemble des dossiers. Le fédéral pourrait faire de sérieuses économies en gardant celui-ci sous contrôle. De telles interruptions de carrière ont coûté quelque 832 millions d’euros à l’Etat en 2013, dont seule une fraction fut utilisée pour le crédit-temps motivé.

Avec ou sans motif ?

Quels sont les critères utilisés par le SNI pour qualifier un crédit-temps ? Ce qu’ils veulent limiter, voire supprimer, c’est tout simplement le crédit-temps pris pour faire le tour du monde ou une pause carrière. En revanche, des soins palliatifs, l’éducation d’un enfant (avant ses 8 ans) ou les soins liés à un membre de la famille, à un enfant handicapé, ont toutes leurs raisons d’être.


Il en est de même pour le suivi d'une formation agréée. Des crédits-temps pour de tels motifs sont à soutenir : "Il ne s'agit pas d'un luxe mais bien d'une nécessité. Et nous ne voulons en aucun cas y toucher".

(EH) (SC) Source : SNI (Syndicat Neutre des Indépendants) 

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29/10/2014