La Belgique, bonne élève en matière de qualité de travail

Si vous demandez à cet instant à un échantillon représentatif de citoyens si la qualité de leur job a diminué sous l’effet de la crise ces dernières années, vous risquez fort d’entendre que la majorité vous répondent ‘oui’. Cela se base surtout sur des perceptions, sur des discours véhiculés par les media ou sur un vague sentiment. La science peut-elle nous aider ? La parole à notre spécialiste du marché du travail : Jan Denys de Randstad.

Que comprend-t-on par qualité du travail ? Et à supposer que nous tombions d’accord sur ce sujet, comment le mesurer ? Pour combler ce manque, le European Trade Union Institute (Etui) a créé en 2008 le Job Quality Index. Et cet index vient d’être actualisé dans un nouveau rapport, le Jobquality in the crisis. On y découvre en quoi la crise influence la qualité du travail. Naturellement on s’attend à ce que la crise ait eu une influence négative.

Le Job Quality Index se compose de six sous dimensions qui sont à leur tour constituées de plusieurs indicateurs. Il s’agit de salaires, de contrats de travail obligatoires non standard, de temps de travail et d’équilibre vie professionnelle / vie privée, de conditions de travail et de sécurité d’emploi, de formation et d’évolution de carrière ainsi que de la défense de l’intérêt collectif.

Comment s'en sort la Belgique ? Très bien, en fait. Seulement trois pays font mieux : le Danemark, les Pays-Bas et la Finlande. La Grèce, la Roumanie et la Bulgarie obtiennent les plus mauvais scores. La Belgique score exceptionnellement bien quand il s’agit de salaire, de temps de travail, d’équilibre vie privée / vie professionnelle et de défense des intérêts collectifs. C’est encore une preuve que nous avons dans notre pays beaucoup moins de seniors au travail que la moyenne d’Europe qui n’est pas en première place sur le plan de la qualité du travail. Si celle-ci doit devenir déterminante, nous devrions noter des scores européens d’activité très élevés.

Comment la qualité du travail a-t-elle évolué entre 2005 et 2010 ? En Europe, on constate une très faible baisse. Cela se voit surtout dans les sous dimensions salaire et contrats obligatoires non standard. Certaines dimensions, comme la sécurité de l’emploi, le temps de travail et l’équilibre vie privée / vie professionnelle, connaissent une légère augmentation. Pour la Belgique, l’index global ne baisse pas. Au contraire, notre pays affiche la plus grosse progression, après la Pologne et la Tchéquie.

La Belgique a donc non seulement tenu bon en matière d’activité ces dernières années mais aussi sur le plan de la qualité du travail. C’est la conclusion incontestable de l’étude de l’institut syndical international. N’est-ce pas étrange que l’on en ait si peu commenté cette étude dans notre pays ? Est-ce parce que les résultats sont si positifs ?

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11/12/2012