4 travailleurs sur 10 victimes de méchancetés au bureau

Le harcèlement sur le lieu de travail, vous connaissez ? Il est fort probable vous en soyez la victime, le spectateur, voire même l’auteur. Selon une enquête effectuée par le magazine "çava ?", il ressort que 42% des personnes interrogées ont déjà été confrontées à de tels comportements au travail.

4 sur 10

Cela signifie que plus de 4 travailleurs sur 10 au Nord du pays auraient déjà été harcelés au bureau. Visiblement, les mots apparaissent comme l’arme favorite : 66% déclarent que la maltraitance est principalement verbale. L’exclusion est également une méthode fréquemment utilisée au bureau (58%). Pour perpétrer leurs actes, les malfaiteurs s’attaqueraient surtout aux traits de caractère personnels de leurs collègues (41%) et/ou à leur apparence physique (15%).

Harceleur

Selon l’enquête, les hommes seraient les plus gros enquiquineurs. Bien que les femmes savent y faire aussi. Les manœuvres de ces dernières seraient juste plus subtiles et moins franches. Elles pratiquent soit l’exclusion, soit l'ignorance de leurs collègues, ce qui correspond à l'une des formes de harcèlement les plus dangereuses.


Le harceleur ne se limite pas uniquement à l'environnement de travail. 6% des répondants ont déjà été victimes de harcèlement en ligne, et une personne sur dix compterait une victime dans son environnement proche. Les auteurs atteignent leur proie au travers des réseaux sociaux, par e-mail ou via d’autres médias en ligne. Les sms blessants et les coups de téléphone meurtriers sont un autre outil populaire dont 10% font usage pour détruire la vie d’autrui.


26% des répondants ayant avoué avoir participé à de tels actes prétendent ne pas avoir agi consciemment, soutenant qu’il s’agissait plutôt d’un geste banal. 11% auraient agi de la sorte pour éviter d’en être victimes eux-mêmes. 36% avancent la pression du groupe comme explication à leur geste et prétendent avoir été entraînés.

Réponse au harcèlement

Comment y faire face ? Faut-il attendre que les limites soient dépassées ? Pour la plupart, ce n’est pas possible. 85% des Flamands sont d’accord pour dire que le harcèlement n’est pas tolérable. Mais les victimes avouent souvent ne rien oser entreprendre.


13% à peine se défendent, tandis que 62% se renferment sur eux-mêmes lorsqu’ils sont harcelés au travail. Une personne sur six va même jusqu’à nier une provocation, et les spectateurs détournent malheureusement les yeux lorsqu’ils y sont exposés. Marjolein Cuvelier, porte-parole du magazine "cava?", explique : « Bien qu’il arrive à plus de la moitié des Flamands d’être les témoins de harcèlement sur leur lieu de travail, 37% d’entre eux n’interviennent pas.


Ils ferment les yeux de peur de se faire agresser (41%), parce qu’ils ne savent pas comment intervenir (33%), ou par peur d’être harcelés eux-mêmes (16%). 63% estiment néanmoins que ne pas réagir lorsque l’on assiste à un tel méfait se révèle aussi grave qu’en prendre soi-même l’initiative.

Sanctions ?

La plupart des répondants estiment qu’il est du ressort de leur direction de donner un signal clair aux collègues se montrant coupables d’un tel comportement. 73% des participants l’avouent, ils n’apprécient pas la manière dont cela se passe actuellement dans leur département. Le harcèlement et le manque de sanctions conduisent 40% des victimes à vouloir changer de travail.


Peter Decavele, de la société IDEWE, fournit des conseils de prévention et aide les employeurs et travailleurs à se construire un environnement de travail sécurisant." En cas de conflit, le supérieur réagit souvent avec un ‘je n’ai rien remarqué, je ne sais pas qui je dois croire’ et n’intervient pas. Nous apprenons aux responsables à prendre position contre de tels comportements potentiellement nuisibles. ‘S’il était vrai que telle personne ait commis tel acte, nous ne tolérerions pas ce genre de comportement dans notre organisation’. Une déclaration de ce type suffit généralement à mettre fin à la moitié des comportements indésirables."

En parler

Cliché ou non, il est toujours mieux d’en parler. Le nombre de victimes (17%) n’ouvrant pas leur cœur est élevé, c’est préoccupant. De nombreux moyens de communiquer anonymement sont pourtant disponibles, comme par exemple l’accueil téléphonique, mais les personnes ne font généralement que très peu confiance aux lignes d’assistance (3,6% des répondants). Les victimes préfèrent en parler à leur conjoint (46%), leurs amis (36%) ou leurs parents (26%).

(EH) (SC) Sources : MindShake PR, çava magazine 

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12/09/2014