4 personnes sur 10 ont des difficultés à se concentrer. Et vous ?

Au travail, les distractions et interruptions font désormais partie du quotidien professionnel. Plus de quatre salariés belges sur dix (43%) éprouvent souvent des difficultés à se concentrer au bureau. Ces données ressortent d'une récente enquête menée auprès de 2.000 travailleurs belges par le prestataire de services RH Tempo-Team en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck, spécialiste de la motivation au travail à la KU Leuven.

difficultés à se concentrer

Les employés interrogés indiquent qu'après une interruption, il leur faut en moyenne 7,5 minutes pour retrouver pleinement le fil de leur réflexion. Avec, en moyenne, huit "perturbations" par jour, le temps de travail ainsi perdu peut atteindre cinq heures par semaine !

Plus on est jeune, moins on est concentré

Un collègue passe rapidement vous demander votre avis. Une notification s'affiche à l'écran avec une demande "urgente"… Votre agenda déborde, mais vous restez constamment sollicité. Aujourd'hui, les interruptions ne viennent plus seulement d'échanges en face à face ou d'appels téléphoniques: les flux numériques — courriels, Teams, WhatsApp — affluent en continu, fragmentant sans cesse le temps de travail.

Conséquence: la concentration en pâtit. 43% des salariés belges déclarent rencontrer régulièrement des difficultés à rester concentrés. Un constat d’autant plus marqué chez les jeunes actifs : la moitié des moins de 35 ans (50%) affirment éprouver régulièrement des difficultés à se concentrer, contre 42% des 35-54 ans et 30% des plus de 55 ans.

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Se déconnecter pendant les heures de travail pour rester productif

Répondre à un collègue ne prend parfois que quelques minutes. Mais même bref, ce moment casse le rythme de travail et perturbe la concentration. Près de la moitié des travailleurs (47%) déclarent avoir du mal à se replonger dans leurs tâches après avoir été interrompus. Plus de trois quarts (78%) estiment que le fait de devoir constamment passer d'une tâche à une autre nuit à leur productivité. Ils se disent nettement plus efficaces lorsqu'ils peuvent travailler sans interruption.

Bien que des règles claires encadrent la disponibilité dans 44% des entreprises, de nombreux travailleurs doivent improviser pour protéger leur productivité. Chacun met en place ses propres stratégies pour préserver sa concentration : 54% des répondants évitent parfois de consulter leurs e-mails ou leurs messages afin de rester focalisés. Cette proportion atteint 58% chez les hommes, contre 49% chez les femmes.

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Parallèlement, près de la moitié des salariés (47%) déclarent se rendre ponctuellement indisponibles pour pouvoir avancer sur leurs tâches. Par ailleurs, 18% utilisent un casque ou des écouteurs pour limiter les distractions. Cette pratique est particulièrement répandue chez les moins de 35 ans (25%) contre 17% chez les 35-54 ans et seulement 6% chez les 55 ans et plus.

Comment les travailleurs maintiennent leur concentration :

  • 54% évitent parfois délibérément leurs e-mails et messages.
  • 52% indiquent clairement lorsqu'ils ne veulent pas être dérangés.
  • 47% se déconnectent parfois temporairement pendant les heures de travail afin d'avancer sur d'autres tâches.
  • 18% utilisent un casque ou des écouteurs pour se couper des sources de distraction environnantes et ainsi mieux se concentrer.

Les pièges du travail hybride

Près de la moitié des travailleurs (49%) estiment que la technologie donne trop facilement accès à leur disponibilité. Pour Anja Van den Broeck, spécialiste de la motivation au travail à la KU Leuven, cette hyperconnexion n'est pas sans risque: « L'utilisation des outils de communication numériques permet aux collègues de s'interpeller mutuellement à tout moment et en tout lieu. Le temps passé au bureau est largement consacré aux contacts sociaux, mais, même en télétravail, nous restons en permanence joignables via courriel, téléphone ou messagerie instantanée. »

Selon Anja Van den Broeck, le problème ne tient pas uniquement au temps et à l'énergie perdus à cause des interruptions, mais aussi à leur nature. « Il arrive qu'un collègue vous sollicite pour un sujet qui ne relève pas réellement de vos responsabilités. On veut rester coopératif, mais son propre travail en pâtit. Si cela se produit trop souvent, cela peut générer fatigue, stress et insatisfaction. En même temps, l'enquête montre aussi qu'un échange informel et spontané peut clarifier les rôles et renforcer le soutien entre collègues. La réalité est donc plus nuancée qu'il n'y paraît. »

Aline Bernard, porte-parole de Tempo-Team, ajoute: « Chaque semaine, les interruptions nous font perdre l'équivalent d'une demi-journée de travail. Mais elles représentent aussi une opportunité. L'enjeu n'est pas de moins communiquer, mais de mieux organiser nos échanges et de fixer ensemble des règles claires. En prévoyant des périodes dédiées au travail sans interruption, nous gagnons non seulement en efficacité, mais aussi en plaisir au travail. Pouvoir se concentrer pleinement pendant une heure procure un sentiment d'accomplissement et allège considérablement la pression quotidienne. »

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Des règles qui favorisent vraiment la concentration

Des règles de communication claires, définies au sein de l'équipe, peuvent faire toute la différence. Elles permettent par exemple de préciser quel canal utiliser selon le type de question et dans quel délai une réponse est attendue. D'autres pratiques peuvent également aider à mieux préserver la concentration:

  1. Veiller à ce que les connaissances soient partagées au sein de l'équipe afin que toute l'expertise ne repose pas sur une seule personne et que ce ne soit pas toujours le même collègue qui soit sollicité.
  2. Mettre en place des ‘golden hours’: définir des plages horaires fixes durant lesquelles les interruptions sont proscrites pour permettre un travail de fond.
  3. Prévoir des moments de concertation fixes plutôt que des réunions improvisées.
  4. Clarifier les rôles et les responsabilités afin de limiter les sollicitations inutiles ou peu urgentes.
  5. Regrouper les questions et les aborder en une seule fois.
  6. Essayer d'abord de trouver soi-même une solution. Réfléchir aux réponses possibles ou aux informations disponibles avant de faire appel à un collègue.
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Les interruptions apportent aussi de la variété et du contact social

Heureusement, les travailleurs voient aussi le côté positif de ces interruptions. Trois quarts d'entre eux (75%) trouvent même normal d'être parfois dérangés. Cela s'explique par le fait qu'eux aussi souhaitent pouvoir demander rapidement de l'aide à leurs collègues. Plus de la moitié (57%) considère cela comme un moment de respiration agréable et une occasion d'échange social.

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(es/kv) – Source : Tempo-Team

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