Pouvez-vous être vous-même au travail ?

Plus de quatre travailleurs sur cinq (81%) peuvent être eux-mêmes sur leur lieu de travail. Près des trois quarts des répondants s'y sentent également à l'aise (73%). C'est ce qui ressort d'une récente enquête menée auprès de 2.000 salariés belges, par le prestataire de services RH Tempo-Team en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck, spécialiste de la motivation au travail à la KU Leuven. Pourtant, plus de la moitié des personnes interrogées (55%) évitent délibérément certains sujets dans leur environnement professionnel.

Pouvez-vous être vous-même au travail ?

Nous passons en moyenne huit heures par jour au travail. Il est donc essentiel de pouvoir y rester soi-même. Un peu plus de trois quarts des répondants (76%) partagent cet avis. Dans les faits, 81% des travailleurs affirment effectivement pouvoir être eux-mêmes au sein de leur entreprise. Cette proportion s’avère légèrement plus élevée chez les hommes (83%) que chez les femmes (78%).

Pouvoir être soi-même au travail fait une réelle différence. Les travailleurs qui n'ont pas à se conformer à une image différente d'eux-mêmes attribuent des scores nettement plus élevés à leur satisfaction professionnelle (8,8/10 vs. 7,4/10), à leur plaisir au travail (8,7/10 vs. 7,3/10) et à leur motivation (8,8/10 vs. 7,4/10). Ils se montrent également plus productifs (8,9/10 vs. 7,9/10) que ceux qui ne peuvent pas être pleinement eux-mêmes.

« Pouvoir être soi-même au travail et s'y sentir bien n'est pas anodin. Cela a un impact majeur sur la satisfaction professionnelle, le bien-être et le plaisir au travail, » explique la professeure Van den Broeck. « Cela procure de l'énergie et aide à réduire le stress, car on ne doit pas constamment se demander si l'on répond aux attentes de chacun. Cela renforce aussi le sentiment de soutien de la part des collègues et de la hiérarchie. »

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Être soi-même, mais avec des limites

Si près de trois quarts des Belges (73%) se sentent à l'aise au travail, 63% maintiennent délibérément une frontière entre vie professionnelle et vie privée. Plus de la moitié (55%) évitent également certains sujets de conversation avec leurs collègues. C'est le cas de 57% des femmes, contre 53% des hommes.

Les sujets les plus souvent éludés sont les sentiments (52%), les opinions politiques (50%) et la sexualité (49%). Les jeunes travailleurs (moins de 35 ans: 58%) se montrent plus réservés sur leurs sentiments que leurs collègues plus âgés (plus de 35 ans: 49%).

Les sujets évités avec les collègues
1. Les sentiments 52%
2. Les opinions politiques 50%
3. La sexualité 49%
4. La religion 38%

Lors des échanges avec la hiérarchie, les sentiments (57%) sont encore plus souvent évités.

Les sujets évités avec les supérieurs hiérarchiques
1. Les sentiments 57%
2. La sexualité 53%
3. Les opinions politiques 52%
4. La vie familiale 42%
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Êtes-vous une version professionnelle de vous-même au travail ?

Plus de quatre Belges sur cinq (82%) estiment que chacun devrait pouvoir être lui-même au travail. Dans le même temps, 91% des répondants considèrent qu'il est nécessaire de s'adapter dans une certaine mesure au contexte professionnel. Cela concerne notamment les interactions avec les collègues (70%) et la hiérarchie (68%), mais aussi le mode de communication (66%) et le rythme de travail (64%).

À quels aspects les travailleurs doivent-ils s'adapter, le cas échéant?
1. La manière d'interagir avec les collègues 70%
2. La manière d'interagir avec la hiérarchie 68%
3. Leur façon de communiquer 66%
4. Leur rythme de travail 64%
5. Leur style vestimentaire 54%

Près de la moitié des répondants jugent acceptable de s'adapter pour éviter des conflits (48%), lors d'échanges avec des clients ou partenaires externes (47%), ou encore lors de réunions ou présentations formelles (45%).

Interrogés sur leur propre comportement, près de neuf travailleurs sur dix (89%) affirment qu'ils seraient prêts à s'adapter si on le leur demandait. Pour environ six sur dix (61%), cela dépendrait toutefois de la situation.

« Il est tout à fait normal que les travailleurs adaptent leur comportement au travail, » souligne Anja Van den Broeck. Selon le contexte, nous révélons différentes facettes de nous-mêmes. Le cadre professionnel appelle une version plus professionnelle de soi. « On ne se coupe pas les ongles au bureau, par exemple. S'adapter ne signifie pas se perdre, mais choisir consciemment quelle part de soi l'on souhaite mettre en avant. »

En plus : 15 conseils pour vous comporter de manière plus professionnelle

Être soi-même ou faire preuve de professionnalisme : où se trouve le juste équilibre ?

Une majorité des répondants (73%) se dit même prête à adapter son apparence si nécessaire. Les femmes sont toutefois plus nombreuses à refuser catégoriquement cette idée (31%) que les hommes (24%).

« Il est important que chacun puisse rester lui-même au travail dans une certaine mesure, tout en maintenant un cadre professionnel, » ajoute Aline Bernard, porte-parole de Tempo-Team. « Le véritable enjeu - et la clé du plaisir au travail - réside dans cet équilibre: oser être soi-même dans un environnement de plus en plus diversifié. Qu'il s'agisse de neurodiversité, d' orientation sexuelle, de différences culturelles ou générationnelles, cette diversité suppose un socle de confiance. »

« Dans un monde en constante évolution, un climat de sécurité psychologique est indispensable. Ce n'est que lorsque les collaborateurs se sentent réellement en sécurité pour exprimer leur opinion et aborder des sujets sensibles que nous pouvons, malgré nos différences, construire ensemble le respect et la performance. »

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(es/kv) – Source : Tempo-Team

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