Pour livrer bataille, sortez tous vos atouts, Mesdames !

C’est la beauté intérieure qui compte. Existe-t-il plus gros cliché ? Il n’y a rien de mal à flirter pour faire carrière, à vous habiller de manière provocante et à rouler des hanches, estime la sociologue britannique Catherine Hakim. Car avoir de l’esprit peut fort bien rimer avec sexy. C’est cela être féminine, selon elle.

Vous mesurez combien ? Vous êtes belle ? Blonde ou brune ? Tout cela a un impact sur votre carrière. L’économiste américain Daniel Hamermesh mentionne dans son « Beauty Pays » que les belles personnes gagnent 230.000 dollars (soit 173.000 euros) de plus dans leur vie.

Quand on est beau, on a plus de clients et on décroche plus facilement un job ou un prêt. Même le secteur dans lequel on est actif serait, selon Hamermesh, déterminé par le look : les gens beaux travaillent plus souvent dans le privé, leur look les aide à attirer des clients et ils gagnent de l’argent grâce à leur physique agréable.

Dépensez votre capital érotique !

Oubliez votre aversion à user de votre séduction au travail, conseille la sociologue britannique Catherine Hakim dans son livre à sensation « Honey Money ». Il n’y a rien de mal à flirter, à rouler des hanches. Elle va même plus loin en affirmant que c’est un atout que les femmes peuvent utiliser pour contrer la concurrence déloyale des hommes dans la vie professionnelle.

L’atout des femmes n’est plus tellement leur physique, prétend Hakim, mais leur « capital érotique » : leur pouvoir de séduction, leur charme, leur vivacité, et même leurs compétences sexuelles. Elle estime que les femmes doivent apprendre à utiliser sans vergogne leur ‘capital érotique’ au travail,. Car c’est justement ainsi qu’elles peuvent gagner du terrain sur les hommes. Ces derniers ont selon Hakim aussi un pouvoir érotique, mais il serait nettement moindre.

Qu’user de ses charmes féminins soit perçu dans notre culture comme une faute, on le doit aux hommes selon Hakim. « La culture masculine, calviniste qui règne en Europe du Nord et en Amérique fait passer les femmes se servant de leur capital érotique pour des prostituées et les force à apparaître au bureau en Vierge Marie. Le féminisme n’a pas non plus fait du bien à la cause des femmes. Les féministes estiment que les hommes les poussent à se faire belle et sexy, et à en être de ce fait une victime impuissante. Alors que c’est précisément le contraire », pense Hakim.

Tailleur pantalon et jarretelles

Il n’est pas question ici de jeunesse et de beauté physique. La confiance en soi et le plaisir sont tout autant importants. La Tunisienne Kaouthar Darmoni est professeur de media et de culture à l’Université d’Amsterdam. Elle donne des courses de danse du ventre aux femmes dirigeantes dans des entreprises comme Shell et ING.  « Tout comme lors des leçons de danse du vente, vous jouez au bureau avec l’énergie érotique. Il y a des nuances entre simplement érotique ou pas érotique. Vous avez peut-être un regard coquin, mais en même temps vous vous bougez. Etre provocante mais avec un regard réservé. Montrer avec élégance et goût ce que Dieu vous a donné, c’est une chose, vous déplacer avec énergie et tourbillons en est une autre. C’est un jeu qui rend le travail un peu plus amusant. »

Darmoni prend l’exemple d’une amie à elle, un top manager qui porte des jarretelles sous son tailleur pantalon. Personne ne le voie, mais elle, elle le sait. Elle se sent plus féminine ainsi, plus forte. « Le plus gros malentendu sur l’érotisme est de croire qu’il s’adresse à autrui. Ce n’est pas cela. Il ne s’agit pas de plaire aux hommes. L’énergie érotique, on l’expérimente pour soi. Cette confiance en soi, vous l’emmenez avec vous dehors, au travail. C’est notre capital. Et chaque femme l’a, indépendamment de son âge et de sa morphologie. »

Sources : Intermediair.nl
(mr/sc
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08/03/2012