Les paysagers sont morts, vive le business club

L'espace de travail ouvert est mis à mal. Stimuli constants et conversations téléphoniques bruyantes dérangent fortement les employés. "Les entreprises sous-estiment certains facteurs tels que l'acoustique et l'ambiance sonore." Ces désavantages font en sorte que l'avenir des paysagers est compté. Toutefois, ceux-ci ne disparaîtront jamais complètement.

25 novembre 2015

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"La satisfaction au travail est généralement détériorée par l'open space." (Roeland Motmans, ergonome)

Les paysagers sont-ils condamnés ? Comment se profilent les bureaux du futur ? Nous avons rendu visite à des architectes, des psychologues et des ergonomes pour tenter de répondre à ces questions.

1. Les points positifs d'un bureau ouvert : l'épargne et l'esprit d'équipe

Le concept de l'open space n'est pas nouveau. Depuis les années 80, des solutions sont envisagées pour optimaliser les espaces inutilisés, constate l'ergonome Roeland Motmans. "Vu que tout le monde ne se trouvait pas en permanence dans son bureau, moins de postes de travail que de personnes furent prévus. Cela a donné naissance à des zones 'ouvertes', ce qui a permis de gagner beaucoup de place."


En effet, l'open space est surtout un moyen pour l'employeur d'économiser de l'argent car il aura moins de frais de loyer et de consommation d'énergie. Est-ce tout à fait correct ? "Avec l'arrivée des paysagers, le travail d'équipe s'est considérablement amélioré. Si votre collègue est assis à côté de vous, il vous sera bien plus facile de venir à bout d'un problème. Cela diffère considérablement de deux collègues travaillant dans deux pièces séparées", explique Jan Geysen, fondateur et designer en chef au sein d'un cabinet d'architecture. Selon lui, l'image dynamique et transparente d'une entreprise ainsi que le fonctionnement de ses équipes se sont considérablement améliorés grâce aux paysagers.

2. Inconvénients d'un bureau ouvert : le bruit et le manque d'intimité

Ces derniers temps, les mécontentements proviennent généralement de la superficie des open spaces. Les experts ont également reconnu que les deux 'C's' – communication et concentration – agissent comme des vases communicants. Lorsque la communication augmente dans un open space, la concentration diminue simultanément.


Dans les open spaces, les employés sont distraits en permanence. Les casques audio peuvent contribuer à diminuer les bruits de fond, mais cela ne semble pas résoudre entièrement le problème. Vos collaborateurs viennent facilement vous déranger, vos collègues passent des appels téléphoniques bruyants et vous êtes perturbés par les allées et venues devant votre bureau.


"Même si un espace de travail ouvert a de la valeur ajoutée pour certains employés de bureau, la satisfaction au travail est généralement détériorée", admet Roeland Motmans. Selon une enquête récemment publiée par la revue 'Ergonomics', les travailleurs sont beaucoup plus susceptibles de tomber malade pendant quelques jours lorsqu'ils travaillent en open space.


Les entreprises en sous-estiment souvent les impacts. "Je pense surtout à l'acoustique et au climat", explique l'architecte d'intérieur Jan Geysen. "Certains peuvent travailler en restant concentré dans un environnement ouvert, d'autres pas du tout. Il n'y a rien de plus dévastateur qu'un espace où l'acoustique est mauvaise. De plus, certaines personnes out toujours trop chaud ou trop froid, tandis que d'autres n'ont jamais de problèmes liés à la température. Un radiateur mal positionné ou diffusant de la chaleur de manière inégale peut être problématique. Il en est de même pour les appareils d'air conditionné placés près des travailleurs."

3. Le compromis : le business club

Ces inconvénients ne jouent pas en faveur des paysagers. Le concept de base reste toutefois intact. "De nos jours, travailler ensemble est aussi important que de travailler individuellement", précise Geysen. Selon lui, les travailleurs doivent également bénéficier d'espaces clos en suffisance. "Bien évidemment pour les réunions, mais aussi pour pouvoir se concentrer ou passer des coups de téléphone importants."


La plupart des experts parlent de modéliser les paysagers en fonction de l'activité des employés. Idéalement, le centre est toujours composé d'un espace ouvert. Celui-ci est agrémenté de différentes zones relatives aux différentes tâches présentes dans l'entreprise. Consulter, téléphoner, se concentrer, imprimer des documents, boire un café doivent avoir lieu dans des pièces séparées. Les éléments sonores perturbateurs disparaîtront petit à eptit au profit d'un espace de travail où les employés bénéficient de plus d'intimité.


"Certains parlent également de business clubs", ajoute Peter De Graef, chef de la formation en psychologie appliquée à la Haute Ecole Thomas More. En plus de ces zones de travail, il y a une autre tendance : "Les entreprises élaborent leurs paysagers en fonction des évolutions technologiques et de la mobilité de l'information. En travaillant plus souvent à domicile, l'employé peut un peu plus se reposer, se consacrer à sa vie privée et améliorer sa concentration. Il s'occupera des tâches plus interactives ou pour lesquelles il doit moins se concentrer lorsqu'il sera sur son lieu de travail avec ses collègues dans l'open space."


Tout cela semble nous montrer que les employés se dirigent vers un travail plus silencieux. "Les développements récents relatifs aux paysagers sont relativement onéreux pour les entreprises, les patrons comptent donc récupérer leurs investissements en augmentant le bien-être et la performance des employés."


(eh/jy) 

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