L’entretien annuel d'évaluation, moment béni ou banni ?

Triste constat, certains veulent en faire un moment de qualité, et en réalité, l’entretien d’évaluation est souvent une occasion manquée. Pourquoi passe-t-on à côté de l’objectif ? Quels sont les risques de mal faire ?

Une récente étude du Centre d’analyse stratégique relève que 77% des entreprises françaises recourent à l’entretien d’évaluation. C’est un temps fort, pour la grande majorité des DRH. Et pourtant à entendre de nombreux salariés, c’est un moment plutôt décrié qu’attendu en fin d’année.

Les opportunités

Aux dires du cabinet Robert Half, l’entretien d’évaluation est un tableau de bord pour l’employé. Cela l’aide à évaluer sa performance annuelle. A justifier ses demandes. Mais aussi à se situer sur le marché professionnel.

L’entretien est un vecteur de progression aussi, il peut déboucher sur des solutions. Si le manager et son collaborateur sont prêts à s’écouter et à participer, ce rendez-vous donne lieu à un plan d’actions pour les 12 mois suivants. Les objectifs de l’année future sont alors le fruit d’un accord.

L’entretien donne suite aux augmentations ainsi qu’aux plans de formation et à l’ajustement des plans de carrière. Est-ce vraiment lié à l’aspect financier ? Le sujet est opaque : certaines entreprises s’attachent à prétendre le contraire ; les salariés continuent à soupçonner que ce ne soit décidé à la tête du client.

Les risques

Pour beaucoup, l’exercice est source de stress, de déception et de contentieux. Pourquoi ? Par manque de transparence, d’objectivité et de pertinence dans les critères retenus. Ou parce que les collaborateurs sont mis en concurrence via des échelles de performance. Ou à cause des indicateurs dits “comportementaux”. Ceux-ci ayant tendance à se multiplier, ils prendraient ‘joyeusement’ le pas sur d’autres plus liés à l’activité et sans doute plus objectifs. Bref, de quoi créer l’inquiétude, l’insécurité.

Tout dépend du manager. Vrai ou faux ?

Alain est informaticien à Rennes. Du temps des dinosaures, il n’attendait rien de ce rendez-vous. Mais face aux nouveaux chefs de secteur, il ose avancer ses idées. Une commerciale nous confie avoir mis trois ans à se sentir à l’aise à cette occasion. Selon elle, la liberté d’expression est toute relative. Avouez votre malaise face à des heures supplémentaires répétitives non payées et vous aurez droit à une formation de time management… Eh oui, faute de véritable écoute, on passe à côté.

Un responsable n’est pas l’autre. C’est pourquoi des formations aux entretiens d’évaluation sont dispensées. C’est pourquoi aussi on pense, dans l’Hexagone, à instaurer une certification des entretiens. Ou une procédure d’appel : l’employé pourrait être entendu par le n+2, le DRH ou un médiateur externe.

Une année de travail résumée en 1 heure d’entretien ?

C’est en principe juste une synthèse des échanges et réalisations des 12 mois précédents. Il ne fait que les formaliser. Il ne faut pas en attendre un changement radical si aucun réajustement, aucune communication ne sont tentés en cours d’année. Le salarié, de son côté, ne doit pas attendre cette échéance pour faire part de ses regrets et rancœurs. Certaines organisations doublent ces entretiens en cours d’année, ou de discussions avec les RH.

Sources : pourseformer.fr, cadremploi.fr, blog-emploi.com 

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13/12/2013