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L'électromécanique face à une pénurie de talents

Quels sont les médecins spécialistes les plus et les moins prisés sur le marché de l’emploi ?

medcpecgen
La Belgique compte quelque 40.000 médecins en activité. Tout le monde sait que le marché de l’emploi fait actuellement face à une pénurie de médecins généralistes. Mais qu'en est-il des spécialistes ? Nous avons posé la question à Johan Blanckaert, président de l’Association Belge des Syndicats Médicaux (ABSyM).

Il existe une grande pénurie au niveau des 5 disciplines suivantes : la psychiatrie adulte, l'oncologie médicale, la gériatrie, la rhumatologie et la biologie clinique. Celle-ci touche également, certes dans une moindre mesure, la médecine interne, la médecine physique et de réadaptation, la radio-oncologie, l’anatomo-pathologie et l’imagerie médicale.

"Il existe toutefois des différences entre la Flandre et la Wallonie", nuance Johan Blanckaert. Le lieu de travail joue aussi un rôle non négligeable. "Les psychiatres et les pédiatres ne manquent guère dans les hôpitaux universitaires, or c’est souvent le cas dans les hôpitaux généraux."

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Besoin de disciplines non cliniques

De plus, souligne Johan Blanckaert, il existe un besoin en matière de disciplines non cliniques. "Pensez à la médecine du travail, à la médecine d'assurance et à l'expertise médicale, mais aussi à la médecine légale et à la médecine de gestion des données de santé", précise-t-il. "Enfin, d'autres pénuries touchent les postes administratifs nécessitant une expérience clinique, comme les inspecteurs médicaux de l'INAMI."

Certains profils semblent également faire face à une pénurie alors que ce n’est pas le cas. "Les soins de santé comptent par exemple suffisamment d'ophtalmologues et de dermatologues, malgré des listes d'attente parfois longues pour ces disciplines."

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Sureffectif

Parallèlement, certains spécialistes sont en sureffectif. "En effet, les chirurgiens orthopédiques, les gynécologues, les sage-femmes et les anesthésistes sont nombreux à être en activité."

Principaux métiers en pénurie parmi les médecins spécialistes

1.  Psychiatrie adulte 
2.  Oncologie médicale
3.  Gériatrie 
4.  Rhumatologie
5.  Biologie clinique 
6.  Neurologie
7.  Médecine physique et de réadaptation 
8.  Radio-oncologie 
9.  Anatomo-pathologie 
10.  Imagerie médicale

Cette liste de professions en pénurie est susceptible d’évoluer au fil du temps. Des professions supplémentaires peuvent y être ajoutées ou supprimées. "À l'avenir, on s'attend par exemple à une forte diminution du nombre de cardiologues", précise Johan Blanckaert.

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Pourquoi de telles pénuries ?

"Pour certaines disciplines, la cause de l'offre excédentaire ou insuffisante est très claire", affirme Johan Blanckaert. La psychiatrie et la gériatrie n'ont pas vu leurs quotas remplis depuis longtemps car les étudiants ne s’orientent pas suffisamment vers ces disciplines. "Il faut avoir une affinité spécifique pour ces disciplines si l’on souhaite y évoluer professionnellement", ajoute-t-il.

La rémunération joue aussi un rôle, notamment en psychiatrie. "Et il s'agit souvent de disciplines où la rémunération est modérée, voire très modérée."

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Pourquoi de tels sureffectifs ?

En cas de sureffectif, l'explication réside parfois dans les études elles-mêmes. "De nombreux assistants sont formés pour certaines disciplines car leur fonctionnement dans les universités repose souvent sur un grand nombre d'assistants, comme en anesthésiologie", explique Johan Blanckaert.

De manière générale, de nombreux facteurs déterminent les déséquilibres entre l'offre et la demande. "La diminution progressive du nombre de naissances en Belgique a par exemple un effet direct sur la demande de soins des sage-femmes. D'autre part, la féminisation de certaines professions et l'augmentation de l'intensité du travail accroissent la nécessité de réduire le nombre d'heures prestées par semaine et réduisent le nombre de travailleurs à temps plein employables."

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Comment faire face à une telle situation ?

Selon Johan Blanckaert, l'adéquation parfaite entre l'offre et la demande reste un exercice périlleux car la durée de formation des spécialistes se situe entre 12 et 14 ans. "La seule façon d'y remédier de manière adéquate est d'effectuer un suivi très réaliste des entrées et des sorties, pour ensuite les cartographier numériquement, par exemple via un registre des médecins", suggère-t-il. "Cette évolution doit être suivie de très près par discipline, et ce en étroite collaboration avec la discipline concernée. Leurs commentaires et conseils doivent toujours être pris en compte", conclut Johan Blanckaert.

(wv/eh)

21 février 2024
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