Comportement indésirable au travail Précédent

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Que pouvez-vous dire et ne pas dire au sujet de votre employeur ?

Vous rentrez d'une mauvaise journée de travail et, c'est plus fort que vous, vous vous laissez aller sur les réseaux sociaux. Liberté d'expression ou motif de licenciement, que dit le juge à ce sujet ?

12 août 2019

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'Je n'aurais jamais dû commencer à travailler là-bas' ou 'Je travaille dans une entreprise de m**de'. Bon nombre de personnes se sentent souvent mieux une fois qu’elles ont vidé leur sac. Le problème est que, de nos jours, beaucoup de gens le font en ligne. Une enquête menée par VRT Nieuws dans des cabinets d’avocats montre que les employés sont de plus en plus souvent licenciés parce qu’ils ont critiqué leur employeur sur les réseaux sociaux. Un bon conseil : discutez de vos soucis avec votre partenaire, votre famille ou vos amis proches, mais pas sur Internet. Tenez-vous à l’écart de vos appareils numériques si vous êtes vraiment en colère…

Rien n'est privé en ligne

Les messages dans lesquels vous êtes médisant à l’égard de votre employeur peuvent en effet conduire à un licenciement sur le champ. Même si vous communiquez avec quelques amis en ligne ou sur une page privée Facebook, vos messages peuvent rapidement être diffusés sur la toile. En effet, vos contacts ont la possibilité de partager le contenu qui leur est envoyé, ce qui implique que les tribunaux sont de plus en plus convaincus que les publications appartiennent au domaine public.

Vous ne pouvez dès lors pas invoquer votre droit à la confidentialité et votre employeur peut utiliser tout ce qui se trouve dans votre courrier contre vous. Comment éviter les problèmes ? Tout simplement en réfléchissant avant de publier quelque chose en ligne et en vous disant : 'Si mon patron pouvait lire ce message, qu’en penserait-il ?'.

Démission ?!?!

Il n’y a pas de réponse claire à la question de savoir si votre employeur peut ou non vous licencier pour faute grave sur base d’une publication sur les réseaux sociaux. En tant qu'employé, vous avez le droit à la liberté d'expression, ce qui vous donne le droit d’être critique, y compris au sujet votre travail. D'autre part, si vous êtes employé par un employeur, vous devez coopérer avec lui de bonne foi. Cela signifie entre autres que vous devez être loyal et fiable et que vous ne devez causer aucun préjudice économique. En d'autres termes : toutes les critiques ne sont pas acceptables. Si vous souhaitez contester votre licenciement, vous pouvez passer devant les tribunaux par le biais d’un syndicat.

A quoi le juge fait-il attention ?

Le tribunal va peser vos droits et devoirs en prenant en compte une série de facteurs spécifiques :

1. Le libellé

Si vous exprimez vos critiques de manière raisonnable, modérée et non violente, il n’y a généralement aucun problème. Si, au contraire, vous proférez des insultes en ligne, la situation peut se retourner contre vous…

2. Votre fonction

Occupez-vous une fonction supérieure ou publique ? Si oui, vous êtes censé faire preuve de discrétion. Vous êtes une personne plus visible au sein de l'organisation, avec plus d'influence sociale que les personnes en dessous de vous ou ayant des emplois moins exposés.

3. La manière

Il y a une grande différence entre partager un article d'un journal ou exprimer son point de vue. Le juge sera plus indulgent si vous partagez quelque chose provenant d'une source externe. Après tout, la nouvelle s’était déjà répandue et votre partage a sans doute eu moins d’impact.

4. Avez-vous déjà critiqué publiquement ?

Un accident peut arriver à tout le monde mais, si vous communiquez régulièrement négativement au sujet de votre entreprise, on pourra vous accuser de mener une campagne de dénigrement contre votre employeur.

5. Quelle est la gravité de la critique ?

A partir du moment où vous dévoilez des faits sensibles ou dont personne ne connaît l’existence, vous serez puni plus sévèrement que si vous partagez des informations connues de tous.

6. Conscience des effets des médias sociaux

Si vous n’êtes pas conscient des conséquences que pourraient avoir vos publications sur les réseaux sociaux, le juge peut être plus clément à votre égard. Cela devient de plus en plus rare car, de nos jours, on considère que vous devriez être conscient que vos messages peuvent être diffusés à grande échelle. L’argument de l’innocence ne risque plus de fonctionner longtemps…

Existe-t-il une politique relative aux médias sociaux dans votre entreprise qui indique clairement que Facebook appartient à l'espace public et que vous n'êtes pas autorisé publier des critiques en ligne ? Si oui, vous ne pourrez pas dire que l’on ne vous avait pas prévenu…

(eh/ll) – Source : VDAB

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