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Un test ADN avant d’embaucher ?

Des prédictions génétiques pour guider les sélections d’embauche ? Pratique, disent les fournisseurs des tests ADN. Mais est-ce éthique ? Certaines fonctions mériteraient sans doute bien un tel test…

L’entreprise américaine 23andMe prétend sur son site qu’une meilleure connaissance génétique aiderait à mieux prédire le futur. En plus, il serait enfantin d’en obtenir une ; récoltez un peu de salive dans un tube, envoyez-le sous enveloppe spéciale et pour 99 dollars l’entreprise vous livre les résultats de votre test. Le demandeur présente-t-il un risque élevé de contracter une des 234 affections comme la SEP (Sclérose En Plaques) ou des troubles du rythme cardiaque ?

Quel est l’argument des fournisseurs tels que 23andMe et Decodeme pour convaincre les gens de subir ces tests et d’obtenir leur prédiction génétique ? Elle peut vous aider dans vos choix professionnels. Exemple ? Vous présentez des risques élevés de crise cardiaque ? Evitez d’être pilote.

Mais les médecins nous mettent en garde sur la qualité des prédictions. Selon Guido de Wert, professeur en éthique biomédicale de l’Université de Maastricht, c’est peut être valable pour des affections rares comme la maladie de Huntington qui relève effectivement d’une carence génétique. Mais pour des maladies plus courantes comme celles du cœur, des vaisseaux et des poumons, il est plus difficile d’en identifier la cause génétique. Et d’autres éléments jouent un rôle important dans l’apparition de ces maladies, comme le style de vie et d’autres facteurs environnementaux.

Des professeurs belges de l’Université Catholique de Louvain se sont intéressés aux tests génétiques proposés par ce type de fournisseurs. Dans leur récent manifeste (Analyse du génome humain), ils ont appelé à une discussion commune. Gert Matthijs, Professeur de génétique humaine de cette université, est choqué de constater que ce type d’information soit donné sans accompagnement aux individus n’ayant pas forcément un niveau d’éducation suffisant. « Souvent, le risque ne dépasse pas la moyenne de plus de quelques pourcents. Les gens en ont très peur alors qu’il n’est pas dit qu’ils vont attraper la maladie. »

Meilleures prédictions d’ici 5 à 10 ans

Les médecins s’attendent à ce que, d’ici 5 à 10 ans, le rôle de la génétique dans les maladies soit mieux appréhendé. L’analyse du génome livrera sans doute de meilleures prédictions. Ce n’est pas neutre pour le marché de l’emploi, avertissent les professeurs. La loi interdit de recourir à des tests génétiques à des fins de sélection, aux Pays-Bas comme dans la plupart des autres pays occidentaux. Ce afin d’éviter que les employeurs n’excluent les gens d’office. Mais que se passe-t-il si les candidats disposent de tests favorables et les soumettent d’eux-mêmes à leurs recruteurs? Ceux qui ne font pas cela seraient défavorisés. « Ce n’est donc pas souhaitable », dit De Wert.

Mais pour certaines fonctions, comme celle de pilote, un tel test pourrait bien être indiqué, d’après Matthijs. Le Conseil de la Santé estime que les employeurs devraient pouvoir vérifier les gênes d’un candidat seulement dans des cas exceptionnels, dans des métiers où la santé est indispensable pour la sécurité des autres. Par exemple quand la famille du candidat présente une maladie héréditaire.

Sources : Intermediair.nl

(sc)

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