Quel est le salaire d'une indépendante à Grande Canarie ?

Nous avons demandé à Sofie (40 ans) de Mogan (Grande Canarie) en quoi consistait son métier et combien elle gagnait…

18 janvier 2019

Partager

  • Profession : indépendante, possède sa propre entreprise 'Mogan Verde'
  • Etudes : baccalauréat en sciences commerciales et entrepreneuriat, option Tourisme (PXL, Hasselt, 2000), baccalauréat en gestion hôtelière (Erasmus University College, Bruxelles, 2006), master en gestion hôtelière (UDIMA, Madrid, 2011), guide officiel du Gouvernement des Canaries (Examen d'État à Las Palmas, 2013)
  • Vie privée : mariée, un enfant
  • Salaire mensuel brut : 1.300 euros
  • Salaire mensuel net : 500 euros
  • Avantages extralégaux : /

Que faites-vous dans la vie ?

Depuis 2014, je suis indépendante et j'ai ma propre entreprise, Mogán Verde. Mogán Verde fait le promotion du tourisme durable et propose des excursions dans la commune de Mogán, sur l’île de Grande Canarie. Sur demande, nous organisons également des visites ailleurs sur l'île. D'autres entreprises de randonnée font parfois appel à mes services pour organiser leurs excursions en français ou en allemand.

Je travaille également sur toutes sortes de projets qui touchent au tourisme durable. J'écris par exemple des articles pour Viva Canarias, un magazine allemand disponible sur les îles, au sujet des paradis cachés de notre archipel qui sont accessibles uniquement à pied. Je relancerai bientôt un second projet d'astro-tourisme. L’île de Grande Canarie est récemment devenue une "Starlight Tourist Destination", c’est un excellent moyen de diversifier le secteur du tourisme et cette démarche s'inscrit parfaitement dans la philosophie de Mogán Verde.

Comment êtes-vous arrivée dans ce secteur ?

J'ai toujours été une amie de la nature. J'ai grandi dans la région boisée de Maasmechelen et nous nous y promenions souvent le dimanche. Vu mon rythme de vie intense, la nature permet à mes cinq sens de se retrouver. L'odeur de la mer ou de la nature, les moments de silence, et les paysages idylliques me font un bien fou.

Mon mari aime aussi la marche et, à l’époque où je travaillais encore dans le secteur hôtelier à Fuerteventura, nous partions tous les week-ends en excursion. Il y a peu de choses qui me rendent plus heureuses que de rester seule au sommet d'une montagne et de contempler le chemin que j’ai parcouru.

En 2012, j'en avais marre de travailler derrière un ordinateur et d'être coincée dans un bureau. J'ai alors décidé de vivre de ma passion et j'ai remis ma démission à mon employeur. La société où je pouvais travailler comme guide à ce moment-là a exigé que je possède une carte de guide officielle. Je me suis dès lors inscrite aux examens d'État. Je pensais que connaître l'Espagne serait un jeu d'enfant mais la matière à étudier était énorme. Sur plus de 250 candidats, à peine 30 ont reçu leur carte en 2013. La plupart des guides sur les îles sont illégaux : pas de carte, pas de formation, pas de diplôme et une situation souvent irrégulière. Je n’aime pas ces pratiques mais, grâce à mon statut officiel et à mon expertise, j’arrive à me faire une place au sein de cette concurrence déloyale.

Aimez-vous votre travail ?

J'aime beaucoup marcher mais les promenades ne sont qu'une partie de mon travail. Mon métier nécessite beaucoup de travail informatique car, pour réduire les coûts, j'essaie de faire un maximum de choses moi-même. Pensez au site Web, au contact avec les clients, aux réseaux sociaux, à Tripadvisor, à la promotion, aux relations publiques avec les points de vente, à la comptabilité, etc. De plus, les clients veulent être pris en charge à l'hôtel, s'arrêter dans des villages pour boire un verre, aller aux toilettes... Cela prend parfois beaucoup de temps.

Il y a certaines promenades que j'ai faites plus de 30 fois. Je connais chaque arbre et chaque feuille que je croise. Travailler sur de nouvelles promenades est très amusant. J'explique l’itinéraire et essaie de transmettre le plus d’informations possibles aux clients en cours de route. Pensez au patrimoine ethnographique (très riche à Grande Canarie), à la faune et à la flore. Dès que je croise une plante, je la référence dans un carnet afin de pouvoir fournir de plus amples explications sur la richesse botanique de l’île au cours de la promenade. Ce travail préparatoire demande beaucoup de temps mais il s’agit d’un défi intellectuel passionnant ! Mes connaissances se développent et je possède deux livres (un en français et l’autre en allemand) dans lesquels je retranscris toutes mes observations.

Parfois, je me sens coupable d’avoir 3 diplômes et de ne pas les utiliser à bon escient alors qu’ils m’ont demandé des efforts intellectuels et financiers. En fait, je les considère plutôt comme une police d’assurance-vie me permettant de retourner travailler dans le secteur financier si mon entreprise devait faire faillite. Depuis l’an 2000, je travaille exclusivement dans le tourisme et dans divers sous-secteurs : animation, qualité, gestion, logistique, guide,... Cela me donne une image globale du secteur et de ses structures internes.

Enfin, j'aimerais obtenir un doctorat en tourisme durable et enseigner les dernières années de ma carrière dans un collège ou une université où je pourrai transmettre mes connaissances acquises à la génération suivante.

Qu'est-ce que ça fait de travailler et de vivre à l'étranger ?

J'ai essayé pendant longtemps d’entretenir mes relations en Belgique mais cela n’a pas fonctionné. Tout le monde trace son propre chemin et, lorsque vous êtes à l’étranger, vous ne pouvez pas participer activement au bien-être de vos amis en Belgique. Je suis toujours en contact avec certaines personnes mais je les compte sur les doigts de ma main.

A présent, je suis complètement détachée mais vois cela comme une libération. Je peux me déplacer très facilement d’un endroit à l’autre et construire ma vie en fonction des opportunités qui se présentent à moi. Je dois sans cesse apprendre à faire connaissance avec de nouvelles personnes mais cela ne me dérange pas du tout. Ces amitiés ne sont pas superficielles. Je suis quelqu’un de sincère mais je ne souffre pas quand je dois partir d’un endroit pour en découvrir un autre.

Que pensez-vous de votre salaire ?

Je travaille entre 20 et 30 heures par semaine et, sur les 1.300 euros brut que je gagne, il me reste 500 euros net. Ce n'est pas beaucoup mais ma liberté n'a pas de prix. Je me rends bien compte que je ne survivrais pas sans le salaire de mon mari. En revanche, je ne veux pas travailler jour et nuit. Les loisirs et le repos sont plus importants que l'argent.

Je ne gagne pas beaucoup, je le sais. Je suis indépendante et, en Espagne, cela n’est pas toujours évident. Chaque travailleur indépendant paie le même montant de cotisations sociales, qu'il gagne 30.000 euros, 3.000 euros ou 300 euros par mois. Mon impôt sur mes revenus personnels est toujours le plus élevé car je suis une travailleuse indépendante. J'ai aussi des coûts fixes tels que des indemnités d'assurance et, si je travaillais cinq ou six jours par semaine, je gagnerais beaucoup plus.

Changeriez-vous de travail pour un salaire plus élevé ?

Pas pour le moment. Mon rêve serait d’effectuer le même travail qu’actuellement mais avec des revenus plus élevés.

Epargnez-vous ?

Mon mari épargne donc je considère que nous épargnons ensemble.

Pensez-vous à votre pension ?

En tant qu'indépendante en Espagne, ma pension sera très faible. Je ne sais pas ce que l'avenir me réservera. J'ai 39 ans et compte encore travailler pendant de nombreuses années donc j’aviserai en temps voulu.

Quelles sont vos plus grosses dépenses ?

Pour moi : aller au supermarché. Pour mon mari : le crédit hypothécaire.

A quoi détestez-vous dépenser votre argent ?

Au luxe superficiel.

Quelles dépenses vous procurent le plus de plaisir ?

Les voyages.

Que feriez-vous si vous gagniez au Lotto ? Quels sont vos rêves ?

J’achèterais un grand semi-remorque et je parcourrais le monde avec mon mari ! De l'Europe à Vladivostok, d'Anchorage à Ushuaia et du Cap Nord au Cap en Afrique du Sud. Le tout en nous faisant plaisir !

(eh/ll)

DISCLAIMER

Jobat n’est pas responsable de l’exactitude des informations données ci-dessus. Elles ont été obtenues lors d’un entretien personnel avec la personne en question. Certaines informations ne sont peut-être plus correctes ou d’actualité. Elles donnent néanmoins une idée de la rémunération qui correspond à tel travail ou telle fonction.

Soyez le premier à recevoir nos actus et astuces

Plus de 440.000 utilisateurs recoivent nos astuces

Jobs recommandés

Vous voulez également gagner plus, des collègues plus sympas ou moins d'embouteillage ?

Le job a été sauvegardé

Vous pouvez retrouver vos jobs sauvegardés en bas de cette page, mais également sur la page d'accueil ou dans Mon Jobat.

Pour pouvoir les consulter également sur d'autres appareils, connectez-vous.