A quoi sert mon travail ?

Le job des salariés perd son sens ! Quelles sont les origines de notre souffrance au travail ? Censé être une source d’épanouissement, celui-ci tendrait à devenir une cause de frustration. Les résultats d’une récente enquête menée en France.

19 mars 2012

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« Quel travail voulons-nous ? », <br />
un livre de Jan Krauze, illustré par Muzo
« Quel travail voulons-nous ? »,
un livre de Jan Krauze, illustré par Muzo

En 2011, Radio-France a mené enquête auprès de ses auditeurs sur leur rapport au travail et a récolté près de 6000 réponses et 2 500 commentaires libres. Les conclusions ont fait l’objet d’un ouvrage intitulé « Quel travail voulons-nous ? » reprenant en outre l’avis des experts Jan Krauze, Dominique Méda, Patrick Légeron et Yves Schwartz.

Le livre revisite les attentes nourries à l’égard du travail et relate les enseignements tirés de l’étude sur le sens que nous trouvons dans notre job. Enfin, il évoque les solutions possibles, en créant le débat entre salariés, experts, syndicaliste et chef d’entreprise.

Le travail comme source de bien-être ?

Selon l’étude, il semble légitime de remettre ce postulat en question. En lieu et place de l’engagement tant convoité par les RH, voici les principales difficultés remontées par l’enquête :

  • absence de perspective en termes d’évolution de carrière et de salaire (48 % des répondants) ;
  • manque d’effectifs (près de 38 %) ;
  • obsession de la rentabilité (35 %) ;
  • on vous en demande trop, vous vous sentez dépassé (30 %) ;
  • manque de respect (22 %) ;
  • manque d’esprit d’équipe (20 %) ;
  • précarité du travail (16 %) ;
  • manque d’autonomie ;
  • harcèlement

Rentabilité, stop ou encore ?

Le livre ouvre nos perspectives sur d’autres logiques liées au travail avec un souhait globalement partagé que «demain, le travail soit plus à la mesure des hommes et réponde mieux à leurs attentes ».

Les vœux des auditeurs seraient de « stopper la course à la rentabilité au profit d’un travail de qualité » (43 %), plus humain. Aux slogans tels « travailler plus pour gagner plus » ou « travailler moins pour gagner moins » on préfèrerait d’autres de type « travailler moins pour travailler tous » ou « travailler autant pour autant d’argent, mais travailler mieux ».

Le souhait serait de donner (ou de redonner ?) au travail plus d’humanité, plus de valeur non-marchande.

Solutions avancées

Les experts évoquent plusieurs pistes comme modifier le management et le recrutement des dirigeants, limiter l’emprise du travail, ne pas se surinvestir.

Des solutions plus radicales sont aussi avancées comme : « changer le monde pour changer le travail », remettre en cause la société de consommation, réduire le travail à la portion congrue (25 heures / semaine), etc. 

Pour en savoir plus : « Quel travail voulons-nous ? La grande enquête ». Jan Krauze, Dominique Méda, Patrick Légeron, Yves Schwartz. Paris, Les Arènes, 2012.

Sources : paperblog.fr et lectures.revues.org
Sylvie Cousin

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