Pourquoi un père ou coparent sur 5 ne prend-il pas son congé de naissance ?
Depuis l’allongement du congé de naissance aux pères et coparents, nous observons qu’une personne éligible sur cinq (22%) ne le prend pas dans son intégralité. Telles sont les observations ressortant d’une analyse menée par le prestataire de services RH Attentia, sur base de données salariales récoltées auprès de 16.783 travailleurs entre 2018 et 2024. Élément interpellant : ce sont surtout les pères et les coparentes de plus de 45 ans (27%), les managers (23%) et les ouvriers (23%) qui renoncent à leurs jours de congé de naissance.
Le congé de naissance est une période de congé payé accordée au partenaire de la mère, à prendre dans les quatre mois qui suivent la naissance de leur enfant. De 2018 à 2020, 16% des pères et des coparents n’ont pas pris le congé de naissance dans son intégralité, alors qu’il était encore de dix jours.
Depuis 2021, annéede l’allongement du congé de naissance à quinze jours, le pourcentage de pères et de coparentes qui y ont renoncé est passé à 22%. Même lors de l’allongement du congé de naissance à vingt jours en 2023, plus d’un cinquième des pères et des coparentes (21,5%) n’ont pas pu ou n’ont pas voulu le prendre dans son intégralité.
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L’analyse montre par ailleurs que le moyenne du nombre de jours délaissés augmene à mesure que le congé de naissance s'allonge : d’un peu plus d’une demi-journée pour un total de dix jours, à plus d’une journée pour quinze jours, et jusqu’à une journée et demie pour vingt jours de congé de naissance.

Obstacles financiers, psychosociaux et pratiques
Selon Nathalie Lucas, Senior Legal Consultant chez Attentia, le fait que les pères et les coparentes ne prennent pas leur congé de naissance dans leur intégralité s’explique par plusieurs raisons : « Les trois premiers jours du congé de naissance sont payés par l’employeur. Pour les jours restants, les pères et les coparentes reçoivent une allocation de la mutuelle qui s’élève à 82 % du salaire brut plafonné. »
« Outre l’obstacle financier, la pression de travail et le sentiment d’être indispensables au travail joue également un rôle chez certains. Enfin, tout le monde n’est pas suffisamment informé des possibilités de prendre le congé en l’étalant sur une période de quatre mois. »
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Les pères « plus âges » renoncent plus souvent à leur congé de naissance
Derrière les tendances générales se cachent des différences notables :
- Il s’avère que les ouvriers renoncent plus souvent à leurs jours de congé de naissance que les employés (23 % contre 18 %).
- Les dirigeants prennent également moins souvent la totalité du congé de naissance auquel ils ont droit que les non-dirigeants (23 % contre 19 %).
- Et les pères ou les coparentes qui ne disposent que d’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur prennent moins souvent l’intégralité de leur congé de naissance que ceux qui ont obtenu un diplôme de niveau supérieur.

L’âge joue également un rôle. Près d’un tiers (27 %) des pères et coparentes de plus de 45 ans ne prennent pas l’intégralité des jours de congé de naissance auxquels ils ont droit. Chez les 25 - 34 ans, ce chiffre s’élève à peine à 18 %.

« Le fait que ce soient principalement les pères et les coparents plus âgées et les responsables qui renoncent plus souvent à leur droit au congé de naissance peut témoigner de la présence de tendances fortement ancrées dans notre culture du travail », déclare Nathalie Lucas. « Plus une personne occupe un poste élevé, plus on lui fait sentir qu’elle doit être toujours disponible. »
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Attentia invite les travailleurs à entamer le dialogue avec les collaborateurs qui ne prennent pas leur congé de naissance intégralement. « Les pères qui passent du temps avec leur enfant dès la naissance restent également plus impliqués dans leurs responsabilités à leur égard par la suite. Le congé de naissance constitue donc aussi un levier pour une plus grande égalité des genres et une meilleure répartition des responsabilités familiales à long terme », conclut Nathalie Lucas.
« Il est important que les employeurs y prêtent attention. Nous leur recommandons d’examiner avec leurs collaborateurs les obstacles auxquels ils sont confrontés, et comment ils peuvent les surmonter. Cela permet également de sensibiliser davantage les pères et les coparentes aux droits dont ils disposent et de favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi qu’un plus grand bien-être au travail. »
Congé parental : réponses à toutes vos questions (FAQ)
(es/bv/kv/eh) – Source : Attentia