Allez-vous travailler lorsque vous êtes malade ?

Au cours des 12 derniers mois, deux Belges sur trois (65,9%) ont continué à travailler alors qu'ils étaient malades. Près de 1 sur 4 (23,8%) l'a fait depuis son domicile tandis que pas moins de 45,3% se sont rendus sur le lieu de travail malades. Telles sont les observations ressortant d’une enquête menée par le prestataire de services RH Tempo-Team, en partenariat avec la professeure Anja Van den Broeck, spécialiste de la motivation au travail à la KU Leuven, auprès de 2.000 salariés belges. La raison principale qui pousse les travailleurs à continuer à travailler en étant malades? Avant tout, le sentiment de culpabilité (35%).

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Une mauvaise décision, selon leurs collègues. Sept salariés sur dix (68,8%) estiment qu’ils auraient dû prendre un congé maladie. Deux sur trois (65,8%) craignent par ailleurs de tomber malades après avoir été contaminés par un collègue.

Tout ou rien ?

« Tomber malade ne se traduit pas nécessairement par une situation du type noire ou blanche. On peut très bien imaginer passer la matinée au lit, puis de travailler l'après-midi depuis son domicile », souligne Pascal Meyns, Safety Manager chez Tempo-Team.

Au cours des 12 derniers mois, près de la moitié des Belges (45,3%) se sont rendus au travail malgré la maladie. Elément interpellant : les femmes (50,3%) sont plus nombreuses que les hommes (40,9%) à agir de la sorte, tandis que la différence entre ouvriers (46,3%) et employés (45,1%) s'avère négligeable.

Un quart des participants à l'enquête (23,8%) a continué à travailler depuis son domicile malgré la maladie. Cette attitude se manifeste plus souvent chez les jeunes que chez leurs collègues plus âgés. Ainsi, 28,8% des moins de 35 ans ont continué à travailler de chez eux lorsqu’ils étaient malades, contre 22,4% chez les 35-54 ans et 17,4% parmi les plus de 55 ans.

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Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Parmi les salariés qui sont allés travailler tout en étant malades, 61,7% présentaient des symptômes de rhume. Nombre d'entre eux sont également restés au travail malgré des symptômes plus graves tels que des maux de tête ou des migraines (56,5%), des maux de dos (49,6%) ou de ventre (40,5%). Près d'un tiers (29,1%) a même continué à se rendre sur son lieu de travail en dépit de fièvre ou d'une grippe.

Top 10 des principales maladie recensées chez les employés
1. Rhume 61,7%
2. Mal de tête ou migraine 56,5%
3. Mal de dos 49,6%
4. Maux d'estomac 40,5%
5. Je ne me sentais pas bien mentalement 39,0%
6. Fièvre 29,1%
7. Grippe 29,0%
8. Douleurs menstruelles 24,0%
9. Symptômes liés à une maladie chronique ou de longue durée 22,3%
10. Symptômes liés à la ménopause 13,4%

Mais est-il judicieux d'aller travailler malade ? La moitié des personnes qui ont continué à travailler malgré la maladie affirment que leurs problèmes de santé les ont empêchées d'accomplir correctement leurs tâches. Chez les moins de 35 ans, le pourcentage atteint même 57%, contre 50% pour les 35-54 ans et un tiers (35%) des plus de 55 ans.

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La flexibilité comme solution à l'absentéisme lié au stress au travail

« Être malade n'est pas une situation binaire. Faites ce que vous pouvez – télétravaillez si nécessaire – et prenez soin de vous », explique Pascal Meyns, Safety Manager chez Tempo-Team. « Nous évoluons vers une société où les médecins généralistes ne prescrivent plus systématiquement une incapacité de travail à 100% et où les employés peuvent demander un aménagement de leur poste de travail dès le premier jour de maladie. »

« Si par exemple vous vous reposez une demi-journée et travaillez l'autre demi-journée, vous profitez des avantages des deux mondes : vous avez la certitude que votre travail ne sera pas laissé en suspens et vous vous donnez le temps de récupérer. Bien entendu, cette formule convient mieux à un employé enrhumé qu'à un ouvrier souffrant d'une fracture du bras », nuance Pascal Meyns.

La professeure Anja Van den Broeck ajoute: « Venir travailler quand on est malade s'apparente à de l’absentéisme lié au stress professionnel ou présentéisme. La personne se trouve à son poste, mais se révèle moins efficace. Pour l'entreprise, le coût ne se limite pas à la perte de productivité, mais augmente le risque de voir d'autres collaborateurs tomber malades. »

« C’est un fait notoire : des études internationales montrent que ce sont souvent les travailleurs les plus motivés et les plus impliqués qui, par sentiment de culpabilité, sont les plus susceptibles d’agir de la sorte », affirme Anja Van den Broeck. Ils veulent continuer à donner le meilleur d'eux-mêmes, même si cela a des conséquences négatives pour eux-mêmes, leurs collègues et l'entreprise. »

« Les entreprises peuvent réduire l'absentéisme au travail en définissant clairement les horaires de présence et d'absence de leurs employés. Une organisation plus flexible permet également d'éviter l'accumulation inutile de travail ou son report en cas d'arrêt maladie. »

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Travailler malade par sentiment de culpabilité

C’est le sentiment de culpabilité qui pousse plus d’un salarié sur trois (35%) à se présenter au travail même quand il est malade. Ce phénomène est plus fréquent chez les femmes (42,4%) que chez les hommes (27,7%). Par ailleurs, 31,3% indiquent ne pas vouloir que leurs collègues subissent les conséquences de leur absence, tandis qu'un tiers (33,1%) continuent à travailler pour éviter que des dossiers ne stagnent.

Ce dernier point est une préoccupation plus fréquente chez les employés plus âgés : 38,9 % des 50 ans et plus l'indiquent, contre 34,6 % des 35-54 ans et 29 % des moins de 35 ans. La satisfaction au travail joue également un rôle : 25,7 % continuent de travailler malades car ils apprécient leur travail.

Pourquoi avez-vous continué à travailler alors que vous étiez malade ?
1. Je me serais senti coupable 35,0%%
2. Le travail serait resté inachevé 33,1%
3. Je ne peux pas "abandonner" mes collègues sans les aider 31,3%
4. J'aime mon travail 25,7%
5. Ne rien faire de la journée, ce n’est pas pour moi 18,8%
6. Parce que mon travail a du sens pour les autres 15,8%
7. Le travail me motive 15,7%
8. Parce que je ne veux pas perdre mon emploi 12,3%
9. C'est ce que mon manager attend de moi 11,9%
10. Je ressens une pression sociale de la part de mes collègues pour venir travailler 10,2%

Seuls 10,2% des employés ressentent une pression sociale de la part de leurs collègues pour continuer à travailler malgré des problèmes de santé. Ils ne devraient pas se laisser influencer. Près de sept salariés sur dix (68,8%) considèrent préférable de se mettre en arrêt maladie lorsqu'ils sont affectés par un virus ou un autre souci de santé, et deux sur trois (65,8%) redoutent de tomber malades eux-mêmes si leur collègue vient travailler en étant malade.

Extra : Puis-je rester à la maison si je suis malade ?

(es/kv/eh) – Source : Tempo-Team

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