Une relation amoureuse au travail : des règles à respecter ?

La Saint Valentin est la fête de l’amour. Alors, comment vit-on cela au bureau ? 8% des travailleurs avouent être prêts à tout pour une promotion. Mais les tourtereaux peuvent-ils s’embrasser (voire plus) sur le lieu de travail, ou doivent-ils faire profil bas ?

45% des travailleurs sont d’accord, on peut tout obtenir grâce à l’amour. 15% avouent ne pas trouver grave que leurs collègues aient une relation, à condition que l’un ne soit pas Manager de l’autre. Cela ressort d’une enquête en ligne menée par Unique Interim auprès de 555 participants néerlandais.

« Aux alentours de la Saint Valentin, depuis trois ans déjà, nous réalisons un sondage sur l’amour au bureau », raconte Raymond Puts, Directeur Général de Unique Interim. « L’amour au bureau ne change pas vraiment en volume, mais bien en perception. En 2010, 24% trouvaient encore qu’il ne fallait pas avoir une relation avec son supérieur mais aujourd’hui, ce pourcentage descend à quelque 10%. »

A proscrire

  • Faire tout ce que le patron demande pour obtenir une promotion.
  • S’enfermer ensemble trois heures durant dans une salle de réunion.
  • Flirter près de la machine à café.
  • S’embrasser sur le lieu de travail.

N’hésitez pas à

  • Arriver ensemble au travail le matin.
  • Partager un slow à la fête du personnel.
  • Aller luncher ensemble le midi.

Peut-on interdire les relations sur le lieu de travail ?

« C’est un pas trop loin », raconte Kris De Schutter, avocat chez Loyens & Loeff. « Un travailleur a en effet le droit à la protection de la vie privée, cela vaut aussi pour le lieu de travail. Spécifier dans le contrat d’embauche ou le règlement de travail que les relations avec un collègue sont interdites est contraire au droit sur le respect de la vie privée. Une entreprise qui licencie un travailleur uniquement pour cette raison risque donc d’être poursuivie pour abus de pouvoir. »

Mais tout n’est pas permis !

Les tourtereaux ne peuvent tout de même pas tout se permettre, cela peut créer des perturbations au bureau. « Les travailleurs doivent exercer leur contrat de travail en toute bonne foi. Quand un travailleur se comporte de manière inadaptée et qu’il ne change pas d’attitude après une mise en demeure formelle, l’employeur peut prendre des sanctions, voire licencier sur le champ. Car en principe on n’a pas le temps pour autre chose pendant le travail. Par contre, on peut aller luncher ensemble le midi par exemple. C’est comme avec un ami du bureau, cela ne pose aucun problème », explique Kris De Schutter.

Et si cela va trop loin ?

Peut-on séparer les deux tourtereaux qui travaillent dans le même département afin qu’ils se concentrent plus sur leur job que sur eux-mêmes ? « A nouveau, on conseille la vigilance. Le déplacement du travailleur ne peut pas avoir pour conséquence de modifier son salaire, sa fonction ou son horaire de travail. Ces éléments sont en effet considérés comme des conditions de travail de bases que l’employeur ne peut en général pas modifier sans l’accord du travailleur. »

Est-ce qu’une relation avec le patron est un problème ?

« C’est autre chose dans ce cas. 8% des travailleurs acceptent d’avoir une relation avec un manager, c’est ce qui ressort d’une enquête d’Unique Intérim. Ils avouent tout accepter pour une promotion ! Une relation d’amour avec un collègue reste tout de même taboue pour un tiers des travailleurs. Il est selon eux préférable que le travailleur donne son préavis.

Une relation entre un supérieur et un ou une de ses subordonnés mène en quelque sorte au conflit. Sous un angle RH, ce n’est pas une bonne idée. Beaucoup de travailleurs n’ont pas de problème avec cela, nous apprend l’étude de Unique, mais une telle relation invite toujours à des insinuations et autres, le couple ayant tendance à sauver les apparences », conclut Kris De Schutter.

« S’il y a un code de conduite qui gère cela, alors celui-ci sera intégralement d’application. S’il n’y en a pas, ce sont des règles générales qui s’appliquent. L’employeur doit en tout cas veiller non seulement à ce que les évaluations, les attributions de bonus et les promotions se déroulent toujours de manière objective, mais qu’en plus elles soient perçues comme telles par les collègues. Une évaluation qui ne soit menée qu’avec le partenaire patron est exclue », conclut Kris De Schutter.

Source : Managersonline.nl
(mr/sc)
 

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24/02/2012