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Nouveau métier : gestionnaire de crise

Certains emplois sont vieux comme le monde, d'autres plutôt récents et en pleine expansion. Un exemple parfait est celui du poste de gestionnaire de crise. "Les attentats à l'aéroport de Zaventem ont marqué un tournant", reconnaît Dimitri De Fré, gestionnaire de crise à l’Hôpital universitaire de Louvain.

9 avril 2019

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"En réalité, mon travail consiste à réfléchir à tous les scénarios possibles auxquels mes collègues préfèrent ne pas penser" (Dimitri De Fré, gestionnaire de crise à l’hôpital universitaire de Louvain).

Offrir une réponse à toutes les catastrophes pouvant survenir dans ou autour de l'hôpital : voilà en quelques mots le travail que Dimitri De Fré exerce depuis trois ans à l’Hôpital universitaire de Louvain. "En fait, mon métier consiste à réfléchir à tous les scénarios possibles auxquels mes collègues préfèrent ne pas penser."

Scénarios

Les catastrophes peuvent être très diverses. "Quelque chose peut se passer en dehors de l'hôpital, comme par exemple un accident ou une attaque. Vous devez ensuite vous assurer de pouvoir gérer l'afflux supplémentaire de patients", explique Dimitri De Fré. "Des évènement inattendus tels une panne de courant ou une explosion peuvent aussi avoir lieu à l’intérieur des bâtiments. Nous soignons en moyenne 1.700 patients par jour et ceux-ci sont souvent incapables de se mettre en sécurité par leurs propres moyens en cas d'urgence. Vous devez planifier de telles situations."

Concrètement, il existe un plan d’urgence hospitalier qui répond à divers scénarios au sein de l’Hôpital universitaire de Louvain. "Les cartes d'action fournies pour certaines fonctions constituent un aspect important. Dans les situations d'urgence, les profils existants tels que les dispatchers ou les opérateurs téléphoniques sont amenés à effectuer d'autres tâches. De nouveaux postes comme celui de responsable des incidents médicaux peuvent également apparaître et proposer une gamme de tâches adaptées."

S’exercer, s’exercer

Le travail de gestionnaire de crise est très horizontal. "En tant que membre du personnel, je relève de notre médecin en chef mais je suis en contact avec de nombreux services. Je jongle entre les services médicaux, techniques et le département informatique." Son travail est par ailleurs très éloigné de sa formation en politique internationale. "J’ai effectué un post-graduat en gestion de crise en plus d'une formation en management. Auparavant, je travaillais au SPF Santé publique où je suis entré en contact avec le sujet. J’ai aussi été volontaire à la Croix-Rouge."

Les scénarios d’urgence sont régulièrement simulés à l’hôpital afin que tout le monde puisse réagir correctement en cas d’incident réel. "Il y a par exemple déjà eu des simulations de fusillades et d’incendie. Nous nous sommes entraînés avec la cellule de coordination. Il est nécessaire de tester régulièrement vos plans dans la pratique."

Zaventem, le 22 mars 2016

Cela peut sembler pessimiste mais le métier de gestionnaire de crise est en hausse. "Et ce notamment à cause de la prochaine législation qui oblige chaque hôpital à avoir un coordinateur de plan d'urgence. De plus, vous avez une certaine évolution sociale qui accorde plus d'attention."

En ce sens, les attaques du 22 mars 2016 à l'aéroport de Zaventem ont été une étape importante, reconnaît-il. "Il existait par exemple déjà des mesures à prendre en cas de menace terroriste mais cette journée a été extrêmement chargée. Notre hôpital n’a pas été pris au dépourvu mais nous avons dû activer notre plan d'urgence comme jamais nous ne l’avions fait auparavant."

En conclusion, savez-vous ce que fait Dimitri De Fré en cas de situation de crise ? "Cela dépend. J’agis au moment-même et je vais là où l’on a le plus besoin de moi", conclut-il.

(eh/ll)

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