Reprendre le travail après un cancer : deux femmes témoignent

Reprendre le travail après un mois de traitement contre le cancer. Comment cela se passe-t-il ? Véronique Verspeurt et Walda Verbaenen, deux femmes de caractère, nous font part de leurs expériences.

18 septembre 2018

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"Admettez que vos priorités ont changé" (Veronique Verspeurt, bibliothécaire travaillant à Louvain).

Véronique Verspeurt travaille dans une bibliothèque du patrimoine située à Louvain. Il y a quelques années, quand elle est retournée sur son lieu de travail après son traitement contre le cancer du sein, elle a ressenti de la joie mais aussi de l'incertitude. "J'ai trouvé fantastique de pouvoir retourner travailler. Cela signifiait que j’avais vaincu la maladie. En revanche, j'ai également été surprise par des sentiments de peur. Est-ce que j’en serais réellement capable ?", explique-t-elle.

"En attendant, je sais qu’il s’agit d’un processus demandant d'essayer, d'évaluer et d'ajuster. Sans oublier de coordonner clairement avec votre patron et vos collègues ce dont votre organisation a besoin et quelles sont vos capacités."

Nouvelles priorités

C'est une mission à part entière. Gardez d'abord de l'énergie pour supporter le traitement. Reprenez ensuite le fil de votre vie professionnelle trépidante. "Si vous êtes absent depuis un certain temps, il est essentiel que vous procédiez par étapes intermédiaires. En ce qui me concerne, j’ai pris part à un programme de revalidation oncologique qui m'a aidé à reconstruire mon corps et mon esprit, à rencontrer des personnes dans le même cas que le mien et à ramener de la structure dans ma vie", explique-t-elle.

"Je recommande également de bien définir vos capacités et votre liste de tâches avec l’aide de vos collègues de travail. Tenez compte du fait que vos priorités ne sont plus les mêmes. Je veux par exemple plus que jamais vivre selon certaines valeurs et avoir le sentiment que ce que je fais a du sens." Et que faire si une journée se passe moins bien que les autres ? "En cas de moments difficiles, une personne de confiance peut vraiment faire la différence dans votre travail. Consulter un collègue ou un spécialiste qui analyse discrètement votre situation et avec qui vous vous sentez bien n’est pas un luxe", affirme Véronique qui veut encore réaliser beaucoup de choses.

"Lorsque j’étais malade, je me suis rendue compte à quel point mon environnement était important. C’est également essentiel pour la préservation du patrimoine. Imaginez qu'un incendie ou une inondation se produise, vous devez pouvoir compter sur une équipe de personnes qui unissent leurs forces afin de vous aider."

Se donner corps et âme

En tant que graphiste, Walda Verbaenen aime donner forme à des idées. Elle ame aussi transmettre ce qu’elle a appris à ses élèves d’une école secondaire de Louvain. Il y a cinq ans, après un traitement contre le cancer du col de l'utérus, elle souhaitait vraiment revenir donner cours dans l’établissement où elle travaillait auparavant.

Walda Verbaenen

"J'étais très heureuse de revoir mes élèves. J'avais l'impression d'avoir atteint mon objectif. En analysant la situation, je remarque que j’ai été trop vite les premiers mois et que j’aurais pu mieux organiser mon retour dans la vie active. L'idée de pouvoir redonner cours était un sérieux coup de pouce qui m’a poussé à me battre et de revenir encore plus forte."

Comment Walda a-t-elle vécu les réactions des étudiants et de ses collègues ? "Ce dont je me souviens le plus est l’accueil chaleureux des personnes plus âgées avec lesquelles j'avais suivi des formations dans l’enseignement pour adultes. Leur accueil spontané m’a fait immensément plaisir. J'ai également remarqué qu'il n'était pas toujours facile pour certains collègues de parler de ma maladie. Je me rends compte que le cancer est un mot chargé d’émotions mais je pense qu'il est important de nommer les choses par leur nom. Ne pas en parler dans le but d’épargner votre interlocuteur n’est pas une bonne chose. C'est juste en parlant de la maladie que bon nombre de tensions disparaissent."

Typographies joyeuses

Walda a récemment remarqué qu'elle était devenue encore plus consciente de la préciosité de son temps. "A l’avenir, je voudrais beaucoup plus me concentrer sur une de mes passions : la création de nouvelles polices. Il est tout à fait possible de créer des typographies qui illustrent différents traits de caractère et cela me rend heureuse. Le simple fait d'aller me promener dans la nature avec mon conjoint et observer comment une fougère ou une autre plante pousse sont des moments de joie intense que je savoure encore plus qu’auparavant."

(eh/ll)

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