Votre chef et vous, un front commun contre le stress ?

Une nouvelle loi oblige désormais les employeurs à agir contre le stress et le burn-out au travail. On ne peut cependant pas encore parler d’un véritable front commun entre employé et employeur contre le stress" , estime Anouk Van Laere, conseillère en prévention chez Securex.

9 décembre 2014

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"Beaucoup d’organisations ne savent pas ce qui se passe chez leurs collaborateurs" (Anouk Van Laere, Securex)

La législation relative aux risques psychosociaux entrée en vigueur le 1er septembre 2014 oblige les employeurs à prendre des mesures contre le stress et le burn-out sur le lieu de travail. Auparavant, ce combat contre les risques psychosociaux se limitait seulement au harcèlement et aux comportements agressifs et sexuellement indésirables.


"Nous observons que de plus en plus d’entreprises se remettent en question alors que la loi est à peine entrée en application", confie Anouk Van Laere. Celle-ci est conseillère en prévention au niveau des aspects psychosociaux du département externe Health & Safety.


"S’intéresser à l’augmentation du taux d’absentéisme pour cause de stress est une bonne chose. Beaucoup d’organisations ne savent pas ce qui se passe en leur sein. Elles ont des réactions plutôt négatives face aux maladies de longue durée, ce qui rend le retour au bureau encore plus difficile."


"Ne faites plus du stress et du burn-out des sujets tabous, et la personne qui en souffre aura vite fait de reprendre le travail à mi-temps. C’est l'affaire des deux parties - l’organisation et le collaborateur - qui doivent se positionner face à leurs responsabilités."

Reconnaître les signaux d’alarme

Comment faire face au stress et au burn-out ? Securex émet quelques conseils relativement simples : se reposer suffisamment, instaurer des moments de détente, mener une vie saine, doser son stress, apprendre à connaître et à fixer ses limites,… C’est parfois contradictoire, perçoit Anouk Van Laere : "Surtout chez les collaborateurs hyper enthousiastes et impliqués au travail, qui sont fort valorisés et chez qui le travail prend une place importante."


Reconnaître ses souffrances est la première étape que chacun d’entre nous doit pouvoir atteindre. Dans le cas du burn-out, la situation s'empire souvent jour après jour, et les personnes qui en souffrent sont épuisées. Par après, lorsqu'elles sont rétablies, celles-ci avouent effectivement avoir observé de tels signaux : émotions violentes, maux de gorge, problèmes de sommeil ou réveils en sursaut. Pertes de mémoire et résultats moindres pour un travail toujours aussi intensif sont également souvent mentionnés.


Des comportements étranges au niveau des contacts sociaux sont aussi des avertissements à prendre au sérieux. "La plupart des victimes ont trop longtemps négligé ces symptômes et sont entretemps devenus trop exigeantes envers elles-mêmes", explique Anouk Van Laere.


"Si nous voulons en venir à bout, il nous faut écouter les signaux que nous envoie notre corps." Cela peut sembler simpliste mais c’est ainsi. Observez votre équilibre vie privée/vie professionnelle et tâchez d’alterner régulièrement les moments de tension et de détente. Qu’est-ce qui vous procure de l’énergie et qu’est-ce qui vous stresse ? Pour limiter les facteurs de stress, travaillez d’abord sur des petites choses. Dormir, manger, faire de l’exercice… Vous en êtes responsable pour une petite part", conseille Anouk Van Laere.

Une trajectoire est utile

Cela ne vous apporte rien d’être négatif, pas plus que d’être perfectionniste. "Ne fixez pas vos attentes trop haut, tout comme vos exigences envers vous-mêmes et les autres. Le 'mindfulness' fonctionne assez bien. Ne vous inquiétez pas pour demain, ne regrettez pas hier. Faites de votre mieux ici et maintenant. C’est efficace, même en cas de rechute.


"Chacun d’entre nous aura des manières différentes de se vider la tête. L’un va rechercher l’évasion au travers d'un film, l’autre dans un nouvel hobby, dans la pratique d'un sport ou encore dans la nature ou les cours de yoga, etc. Tâchez de penser 'out of the box'. Parlez-en à votre médecin, à vos collègues ou à votre supérieur. Dans beaucoup de cultures d’entreprise, la peur des représailles a hélas tendance à persister. Pourquoi ne pas tout de même vous ouvrir à votre responsable ou discuter avec une personne de confiance de votre entreprise ?


A côté du time management, Van Laere souligne aussi l’importance des entretiens d’orientation de carrière. "Suis-je encore la bonne personne pour ce poste ? Mes attentes correspondent-elles encore à celles de mon employeur ? Qu’observe-t-on après un certain temps ? Est-ce que les deux parties se sont enrichies mutuellement ou est-ce que cela s’est au contraire dégradé depuis les premiers jours de collaboration ? Le contrat psychologique entre employeur et employé est réellement un point d’attention. Si nous voulons pouvoir travailler à long terme, la trajectoire que l’employeur peut proposer prend encore plus de sens."


(EH) (SC) Source : MARK Magazine 

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