Une cellule spéciale accompagne les agents de police après des incidents traumatiques

Un coup de feu pendant les heures de travail ? Arriver le premier sur place après un grave accident de la route ? Le travail des policiers sur le terrain comporte plus de risques qu’un travail de bureau classique. Il n’est dès lors guère étonnant qu’une cellule spéciale les soutienne au quotidien.

Sara Belmans est psychologue depuis neuf ans dans la cellule de stress traumatique de la police fédérale. "Alors que le service médical traite de la santé physique de nos collègues, nous nous occupons des aspects psycho-sociaux", explique-t-elle. "En tant que service permanent, nous sommes disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On nous appelle en cas de fusillade, d’agression contre un agent ou d’attaque terroriste. Nous nous rendons ensuite sur place pour aider les agents impliqués."

Une fois sur place, et bien évidemment après la fin de l'incident, Sara laisse les policiers impliqués raconter exactement ce qui s’est passé. "Ils sont encore souvent en état de choc quand nous arrivons. Nous effectuons ensuite de la psychoéducation et leur expliquons ce qu'ils ressentiront d’ici les prochains jours. Certains dormiront mal, d’autres seront plus émotifs,… Les gens doivent savoir qu’il s’agit de réactions normales et qu’ils ne doivent pas s’inquiéter. S'ils se font du souci parce qu'ils ont mal dormi pendant la nuit, cela ne fera qu’empirer les choses."

Casser la vision du tunnel

Un débriefing a lieu une semaine après l'incident. Cela se passe délibérément en groupe. "Une personne qui a connu un incident majeur a souvent une 'vision du tunnel' : elle sait ce qu’elle a fait mais ignore où les autres étaient à ce moment-là" Les agents qui ont tiré pensent parfois avoir mis leurs collègues en danger. En discutant ensemble et en se posant mutuellement des questions, un agent découvrira par exemple que le collègue en question n’était pas à proximité et qu’il n’y avait aucun danger. Ce débriefing veille à ce que les agents ne se fassent pas des films dans leurs têtes."

Sara et ses collègues ne creusent pas plus loin au niveau des émotions, que ce soit juste après l’incident ou lors du débriefing. Commencer par "Dites-moi comment vous vous sentez" est hors de question car cela peut augmenter le traumatisme. "En agissant de la sorte, vous favoriseriez les risques de stress post-traumatique."

L’accompagnement après un incident n’est pas obligatoire mais certaines équipes imposent parfois à leurs employés d’effectuer un contrôle psychologique une fois par an. Tel est le cas pour les détectives travaillant sur la maltraitance des enfants ou les personnes ayant beaucoup de contacts avec des cadavres", poursuit Sara Belmans.

Reconnaissance

La cellule de stress forme également des personnes dans différents départements ainsi que des agents de police afin qu’ils puissent fournir une assistance de base à leurs collègues en cas d’urgence.

Ils apprennent des techniques de conversation mais aussi comment gérer le stress et déceler de l'épuisement professionnel ou une dépression. Enfin, ils seront capables de gérer une conversation quand quelqu’un se fait du souci.

La police est-il synonyme de machisme ? Y chercher un accompagnement psychosocial ou un soutien quelconque est-il mal vu ? "Absolument pas, les agents de police restent des êtres humains. Nous constatons toutefois que le gens prennent un petit peu de temps avant de franchir le cap et de venir nous voir. Si un chef de corps fait appel à nos services, l’impact sera bien plus grand car cela veut dire qu’il s’est passé quelque chose de grave et qu’il est tout à fait possible d’en discuter."

(eh/jy) – Source : MARK Magazine 

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30/08/2017