L'ABC de l'économie

Un pays comme la Belgique peut-il faire faillite ?

La semaine passée, les banques ont cessé les discussions avec la Grèce au sujet de la dette. On a à nouveau craint pour une faillite du pays. Mais un état peut-il réellement faire faillite ? Non, selon Wim Moes, professeur émérite à la KU Leuven et expert en finances publiques.

« Les pays disposent de deux instruments pour éviter la faillite », raconte Moesen. « D’abord, on peut en principe prélever des impôts auprès des citoyens. Lorsque l’état est endetté et que ces derniers sont riches, l’autorité peut par exemple, pour résorber la dette, imposer ponctuellement une partie de la fortune des citoyens. »

Cela ne veut pas dire que ceux-ci vont accepter cet impôt supplémentaire, ajoute Moesen. « Un état qui a une dette élevée, en général dispose aussi de peu de capital social. Cela veut dire que l’état ne fonctionne pas bien, que les parties ne s’entendent pas et que l’on descend facilement dans la rue, etc. Il est fort possible que les citoyens n’adhèrent pas à cet appauvrissement soudain. C’est ce que l’on voit en ce moment en Grèce, par exemple. Souvent, cette solution n’est pas tenable. »

Emprunter de l’argent

« A côté des finances publiques, il y a un second instrument, le monétaire. Les autorités peuvent à un moment donné décider d’aller à la banque nationale pour emprunter de l’argent. En d’autres mots ; l’état émet un emprunt à la banque et reçoit des billets de banque en retour, avec lesquels elle peut rembourser ses dettes. De cette manière, une masse d’argent est mis en circulation, ce qui mène à l’inflation. Les prix montent et le cours de change doit être adapté parce que le pays devient trop cher par rapport à l’étranger. Une dévaluation s’ensuivra, amenant un nouveau cycle d’inflation, de dévaluation, d’inflation à nouveau, etc.

« Ce second instrument peut aussi être utilisé pour appauvrir les citoyens. La différence est qu’un gouvernement faible peut recourir à un tel impôt sur l’inflation, comme le nomme l’économiste connu Keynes. En fait, c’est une forme d’impôt, dit-il, parce que tous les citoyens subissent l’inflation et ne peuvent y échapper. »

Se moquer des règles

Et que se passe-t-il si un pays refuse de rembourser ses dettes ? « Et bien, vous sortez du jeu, naturellement. Dans une société normale, c’est une question d’ordre public. Une dette est une obligation : vous recevez de l’argent en échange de la garantie que vous remboursiez le capital et les intérêts. Lorsque vous ne remboursez pas vos dettes, vous vous positionnez comme un acteur qui se moque des règles et vous vous isolez du système international. De cette manière, plus personne ne vous prêtera encore. »

(mo/sc)

02/02/2012

  • 02 février 2012