Un job d'étudiant sur votre CV ne fait aucune différence

Une étude menée par l'Université de Gand montre qu'un job d'étudiant n'augmente pas les possibilités d'emploi. Cela peut paraître étonnant, mais il est parfois même pire qu'un jeune candidat mentionne un de ses jobs d'étudiant sur son CV.

11 septembre 2015

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A la base, tout le monde pense bien évidemment qu'une personne augmente considérablement ses possibilités d'emploi en comptant plusieurs jobs d'étudiant à son actif. Il n'en est rien.


Les enquêteurs de l'Université de Gand ont examiné la mesure dans laquelle les employeurs récompensaient les candidats pour leur expérience de travail au cours de leurs études.


Une enquête internationale précédemment menée a montré qu'une personne travaillant lorsqu'elle était étudiante parvenait à mieux performer, ne connaissait pas de période de chômage et se voyait accorder une rémunération plus élevée.


"Ces études ne pouvaient toutefois pas totalement prendre en compte que les jeunes étudiants ayant travaillé comme jobistes faisaient naturellement preuve de compétences (telles l'ardeur au travail) leur assurant une carrière couronnée de succès", déclare Stijn Baert, membre du département d'Economie Sociale à l'Université de Gand.


Par conséquent, l'enquête a été retravaillée en collaboration avec l'Université de Louvain en créant des profils 'mystères'. Les enquêteurs ont tenté de déceler si les candidats ayant effectué des jobs d'étudiant gardaient les mêmes compétences pendant le reste de leurs carrières, et ce en comparaison avec ceux n'ayant effectué aucun job au cours de leurs études.

Aucun effet positif des jobs d'étudiant pendant la recherche d'emploi

Les chercheurs ont envoyé 1008 candidatures fictives en réponse à de vraies offres d'emploi en Flandre. Quatre candidatures étaient envoyées pour chaque poste vacant. Le seul aspect pour lequel les candidats différaient était leur expérience de travail pendant leurs études.

Un candidat ne possédait aucune expérience de travail d'étudiant, un deuxième avait effectué un job d'étudiant sans lien avec ses études pendant deux années consécutives, un troisième avait une expérience similaire mais au cours de l'année scolaire, et un dernier candidat avait effectué des jobs d'étudiant en lien avec ses études et avec l'offre d'emploi en question.

18,7% des candidats n'ayant aucune expérience ont reçu une réaction positive à leur candidature et 6,7% se sont directement vus proposer un entretien d'embauche. Pour les personnes avec une certaine expériences, les proportions étaient respectivement de 16,7% et 6,2%.


"Ces différences ne sont toutefois pas statistiquement significatives. En conclusion, il n'y a aucun effet positif ou négatif à mentionner ou non ses jobs d'étudiant lorsque l'on postule", déclare Stijn Bart, enquêteur à l'Université de Gand.

Frappant : les jobs d'étudiant sont un inconvénient dans le secteur de l'industrie

Dans certains secteurs, il y a un effet négatif significatif lorsque l'on mentionne ses jobs d'étudiant lors d'une candidature. Les recruteurs au sein du secteur de l'industrie ne désirent pas engager ce type de personnes. "Les étudiants ayant mentionné une expérience de travail lors de leurs études diminuent de 25% leurs chances de recevoir une réponse positive à leur candidature."


La nature du travail (pendant l'été ou l'année académique, lié ou non aux études,…) joue sur la probabilité d'une invitation à un entretien ou d'une réaction positive à la candidature.

Explications

Selon les enquêteurs, deux théories économiques peuvent expliquer de tels résultats. "D'une part, le rendement des étudiants a une influence à la fois positive et négative sur le capital humain des chercheurs d'emploi. Consacrer son temps à un job d'étudiant peut donner des softs et des hard skills, mais peut également être un obstacle au niveau de l'investissement total dans les études", déclare Stijn Baert.


"D'un autre côté, les employeurs peuvent mal interpréter les différents jobs d'étudiant effectués et mettre le doigt sur certaines caractéristiques à la base invisibles dans une simple candidature écrite : d'une part l'orientation professionnelle et le zèle, d'autre part le faible intérêt pour les études et leur aspect socio-économique."


"Sur base de notre enquête, il est clair que les aspects positifs (rapidité au travail, expérience appropriée,…) et négatifs (manque d'intérêt pour les études) pour les étudiants posant leur candidature au même moment sont globalement équilibrés. En revanche, pour certaines professions, les aspects négatifs semblent apparemment prendre le dessus."

Les jobs d'étudiant plus tard dans la carrière tout de même positifs ?

Pour terminer sur une note positive, les chercheurs ont étudié l'effet des jobs d'étudiant au début du processus de sollicitation, notamment au travers du screening des CV par l'employeur.


"L'étude ne se prononce pas au sujet de savoir si les jobs d'étudiant ont un effet positif lors de la suite du processus de recrutement. Il est toutefois possible que l'expérience de l'étudiant soit un bon point de départ pour engager un entretien de sollicitation. Il n'est également pas impensable que certaines compétences développées par des jeunes lors de leurs expériences leurs permettent de bénéficier plus rapidement d'une promotion", conclut Stijn Baert de l'Université de Gand.


(eh/jy) 

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