Travailler à l'hôpital pendant que tout le monde dort ou se détend

Il fait noir dehors. La télévision est allumée et votre partenaire remplit le lave-vaisselle. Votre journée touche à sa fin alors que, pour d’autres, elle ne fait que commencer. Trois employés travaillant à horaire décalé dans un hôpital nous parlent de leurs activités.

7 février 2019

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"L’empathie et l’amitié vis-à-vis des collègues est encore plus présente la nuit" (Jürgen Decneut).

Séverine Legrand, Jürgen Decneut et Matthieu Matton ont un point commun : des horaires de travail décalés au sein d’un hôpital à Courtrai. Séverine travaille de nuit comme réceptionniste adjointe administrative, Jürgen transporte les patients dans les couloirs interminables et Matthieu est infirmier aux urgences et soins intensifs. "Au moins, je ne ramène pas de travail à la maison", explique Matthieu.

Pendant 17 ans, Jürgen devait se tenir à des délais serrés lorsqu’il exerçait le métier de graphiste. Depuis un an, il parcourt l’équivalent d'un semi-marathon chaque jour en accompagnant les patients alités sur l’ensemble du campus hospitalier. "A l’époque, j’étais censé travailler de 09h00 à 17h00 mais j’effectuais toujours des heures supplémentaires", se souvient-il. "Dans mon travail actuel, j’arrête à une heure préalablement fixée même si la nuit est déjà tombée."

Le service d'assistance dort

"Lorsque vous ne travaillez pas de 09h00 à 17h00, vous devez plus souvent tirer votre plan. La nuit, il n’y a pas de ligne directe d’assistance informatique alors je règle généralement les problèmes moi-même. Faire sortir un patient de son lit n’est pas une mince affaire", explique-t-elle en riant. "Par conséquent, j'essaye d’apprendre un maximum en effectuant le plus de tâches possible par moi-même", conclut Séverine Legrand.

Jürgen jouit également d'une plus grande autonomie dans son travail. "A l’époque, il y avait toujours des collègues dans les parages qui me disaient quoi faire. Le soir, je suis généralement plus libre et je peux planifier moi-même mon propre planning de visite aux patients", affirme-t-il.

Tisser des liens

Séverine travaille sept nuits consécutives de 20h45 à 6h45. Un tel rythme de travail aux heures les plus sensibles de la nuit permet de créer des liens. "Mes collègues sont mes amis. La nuit, vous êtes plus ouverts et plus intimes les uns avec les autres. La proximité est plus forte. Nous nous retrouvons donc régulièrement entre collègues pendant notre temps libre. "Matthieu est du même avis que ses collègues : "Nous mangeons toujours ensemble après notre shift il nous arrive de jouer au football en salle avec l’équipe".

Severine en Jürgen

Jürgen estime que la culture organisationnelle est plus empathique et authentique que dans une entreprise commerciale. "Pendant le service du soir, je n’ai par exemple que des contacts avec les infirmières d’urgence. Nous sommes dépendants les uns des autres. Nous discutons, le respect mutuel grandit et nous nous entraidons. Le travail se déroule presque dans une atmosphère amicale, et ce également avec les personnes du service de nettoyage", poursuit-il.

Soins

Même s’ils ne voient pas souvent leurs collègues qui travaillent de 09h00 à 17h00, ils considèrent tout de même faire partie de la grande famille que forme leur hôpital. "Les patients sont au centre des attentions des infirmières et du personnel administratif, et ce de jour comme de nuit. Tout le monde se soucie de leur bien-être. En tant qu'assistante administrative, je veille par exemple à ce que les chambres soient bien adaptées aux personnes qui y séjournent", insiste Séverine Legrand.

Jürgen contribue également à ce que l'expérience du patient soit la plus agréable possible : "Je ne suis pas infirmier mais suis spontanément à l’écoute des patients afin de répondre à leurs besoins lorsque je les transfère d’un endroit à l’autre."

Pizza et accouchement

Alors que les lumières s'éteignent dans les bureaux classiques, la vie continue à l'hôpital. "Même le soir, les occasions de faire une pause sont rares", explique Jürgen. "Une soirée pizza entre collègues ? Cela n’arrive jamais, nous sommes bien trop occupés", dit-il en rigolant.

AZ Groeninge

Séverine rajoute: "La nuit apporte aussi son lot de moments merveilleux tels la naissance imminente d’un bébé. J'ai récemment couru vers une voiture dans laquelle une femme était sur le point d'accoucher. Ce genre d’intervention ne se présente pas souvent dans un travail classique de 09h00 à 17h00".

5 avantages d'un travail de nuit

  1. Adieu les files ! Vous évitez les embouteillages et arrivez détendu sur votre lieu de travail. Vos collègues bénéficient de votre bonne humeur.
  2. Vos collègues sont vos meilleurs amis. Vous êtes dépendants les uns des autres la nuit et naviguez à bord du même bateau. Cela crée des lien.
  3. Vous pouvez faire vos courses calmement au supermarché car la majorité de la population travaille la journée.
  4. Place à l’activité physique. L’envie de faire du sport est souvent absente lorsqu'il fait noir tôt en automne et en hiver. En travaillant de nuit, vous aurez toute le journée pour pratiquer votre sport préféré.
  5. Il est fort probable que vos enfants puissent profiter de votre compagnie tant à l’heure du petit-déjeuner que du dîner.

(eh/ll)

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