Travailler 30 heures par semaine et être payé l’équivalent d’un temps plein ?

Cela existe déjà en Allemagne : une entreprise où les employés ne doivent travailler que 5 heures par jour. En Belgique, l’association Femma va également expérimenter les semaines de travail plus courtes.

16 janvier 2019

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L’association Femma va expérimenter la semaine de travail réduite pendant un an.

Allemagne

Au sein de la société informatique allemande Rheingans Digital Enabler, les employés travaillent 5 heures par jour depuis 2017 (et sont rémunérés comme s’ils avaient presté 8 heures). Tout le monde peut rentrer chez soi à 13h00.

Inspiré par le livre 'The Five Hour Workday' de Stephan Aarstol, le CEO Lasse Rheingans a décidé de changer complètement de stratégie. "J'ai discuté avec mes employés pour voir ce qu’ils pensaient d’un tel système. Ensuite, nous avons examiné la manière dont nous communiquions les uns avec les autres et où nous perdions le plus de temps. Par exemple, les courriers électroniques qui vous envoient une notification vous distraient et vous aurez toujours besoin d’un certain temps avant d’être à nouveau pleinement concentré. Nous avons mis au point des règles limitant ces distractions au minimum", explique Lasse Rheingans.

Belgique

En Belgique, l’association Femma va expérimenter la semaine de travail réduite pendant un an. Cela fait quelques années que cette association milite pour une réduction du temps de travail. Il y a quatre ans, elle a publié un dossier vantant les mérites d’une généralisation de la semaine de travail de 30 heures.

"Le but est de donner plus de temps aux femmes et aux hommes afin de mieux coordonner les différents rôles et fonctions qu'ils/elles assument", indique le rapport. La proposition a suscité beaucoup de critiques de la part des employeurs. Femma souhaite à présent démontrer dans la pratique qu’une semaine de travail plus courte est tout à fait réaliste.

Femma

Les 60 employés de Femma ont approuvé une nouvelle convention collective de travail avec une majorité de plus de 90%. Cela permet de réduire temporairement la semaine de travail de 36 heures à 30 heures, sans perte de salaire, et ce pour l’année 2019.

Pendant cette période, l’association Femma et la VUB mesureront l’effet de la semaine de travail réduite sur la qualité du travail et le bien-être du personnel.

Compensé par 5 employés temporaires

Concrètement, les réglementations du travail sont ajustées au cours de l'année civile 2019 de sorte que le personnel puisse prendre 43 jours de congé supplémentaires. Le volume de travail perdu est compensé à 75% par le recrutement temporaire de cinq employés. Pour les 25% restants, l'organisation du travail a été adaptée de manière à ce que les tâches soient exécutées plus efficacement. "Nous avons revu nos processus de travail avec le cabinet de conseil Flanders Synergy", déclare Ilse De Vooght, responsable de la politique de travail. "Nous avons introduit des méthodes de travail innovantes et mis en place de nouvelles équipes autogérées."

Le recrutement des cinq employés temporaires coûte bien évidemment de l’argent. Ilse De Vooght ne considère toutefois pas cela comme un prix de revient mais comme un investissement. "L'expérience s'inscrit dans notre mission et notre vision quant à l'égalité des hommes et des femmes ainsi qu'une division du travail plus équilibrée. Nous trouvons extrêmement important de pouvoir ainsi contribuer au débat sur le travail de qualité."

La VUB mesurera les effets de la répartition du temps de travail sur les membres du personnel, tandis qu’un autre organisme examinera comment les enfants des employés bénéficient de la semaine de travail réduite 'imposée' à leurs parents.

Aucune augmentation des coûts salariaux ?

Femma conteste la thèse souvent entendue selon laquelle la réduction du temps de travail hebdomadaire équivaut à une augmentation de salaire implicite. "C'est une situation win-win", affirme Ilse De Vooght, qui suit toutes les expériences internationales à ce sujet depuis des années. Selon elle, le retour de la semaine de travail réduite offre une meilleure qualité de vie. Des expériences en Suède et en Nouvelle-Zélande vont également dans ce sens.

"Au début, les membres du personnel étaient dubitatifs", explique Ilse De Vooght. "Les gens craignaient de devoir faire le même travail en moins d'heures. Après tout, c'est souvent le cas lors de l'attribution de régimes de congés individuels tels que le crédit-temps. Mais si vous réduisez les heures de travail au niveau de toute l'organisation, comme nous le faisons, vous serez obligé de penser à une solution à ce problème. Il y a désormais beaucoup d'enthousiasme par rapport à cette expérience."

(eh/ll)

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