'Si une personne diplômée de l'enseignement technique ne trouve pas de travail, c'est qu'elle ne veut pas travailler'

Depuis des années, les entreprises belges recherchent du personnel technique et des travailleurs qualifiés. Il serait logique d'imaginer que les formations pour de tels profils soient multiples. Cela ne s'avère malheureusement pas du tout le cas. Jobat a sonné à la porte de l'Institut technique et professionnel d'Aarschot afin d'en connaître les raisons.

23 janvier 2017

Partager

"je pense que nous avons réellement de la chance que de telles écoles existent encore de nos jours" (glenn claes, élève en sixième année de boulangerie à l'institut technique et professionnel d'aarschot).

Alors que les entreprises se battent pour dénicher des profils techniques, il semblerait logique que les parents envoient leur progéniture dans des écoles techniques. Cela n'est pas le cas, déclare Daniel Meynaerts, directeur de l'Institut technique et professionnel d'Aarschot (SIBA). Son établissement offre des formations en plomberie, carrosserie, construction, menuiserie, électricité et boulangerie.


"Le nombre d'élèves a diminué. Il s'agit d'une tendance globale dans l'enseignement technique et professionnel. Ce sont surtout les formations telles la construction qui en souffrent, le plus. Les entreprises pleurent pour attirer des candidats : la demande est élevée mais l'offre l'est beaucoup moins."

Ne pas être intelligent

Les raisons pour lesquelles il n'y a pas plus de jeunes qui optent pour une orientation technique sont simples. "La perception de l'enseignement professionnel, malgré toutes les campagnes menées pour en restaurer l'image, reste très négative. Pour beaucoup de parents, cette étiquette 'professionnelle' est inenvisageable. Ils pensent souvent qu'il ne faut pas être intelligent pour étudier dans l'enseignement technique ou professionnel. C'est bien évidemment faux. Ouvrez seulement un four ou une machine à air conditionné : ils sont remplis d'électronique. Vous devez précisément savoir ce que vous faites si vous voulez installer ou réparer un tel appareil", explique Daniel Meynaerts.


Cette perception négative conduit à l'effet cascade tant redouté : les élèves commencent dans l'enseignement général mais n'arrivent pas à suivre. Ils bifurquent vers une orientation technique et, si cela ne porte pas ses fruits, ils optent en 'dernier recours' pour le professionnel. Conséquence : des adolescents frustrés qui en ont marre d'apprendre et qui auraient peut-être mieux fait d'opter directement pour une telle filière.

Opportunités d'emploi fantastiques

"C'est effectivement regrettable de voir arriver des élèves qui n'ont pas choisi naturellement une formation plus technique. Les parents se laissent encore trop souvent influencer par leurs voisins ou amis dans le choix des écoles de leurs enfants au lieu de penser à leur épanouissement", poursuit Daniel Meynaerts.


Ce qui rend ce raisonnement encore plus tragique est que les opportunités professionnelles pour les étudiants sortant de l'enseignement technique ou professionnel sont fantastiques. "Presque tous nos élèves trouvent du travail. 'Si quelqu'un n'en trouve pas, c'est qu'il ne veut vraiment pas travailler (rires)."

Chocolatier

Pour Glenn Claes, élève en sixième année de boulangerie, il n'a jamais été question d'effet cascade. Dès le premier jour, il a délibérément choisi cette orientation. "L'alimentation m'a toujours intéressé. J'ai décidé de m'orienter vers la boulangerie après une journée portes ouvertes à l'Institut technique et professionnel d'Aarschot. Quand j'ai vu tout ce que l'on y faisait en matière de boulangerie, je n'ai pas résisté longtemps à l'appel (rires)."


Glenn a appris à réaliser des pains, des croissants, du massepain et a aussi effectué un stage de quatre mois dans une boulangerie. Visiblement, il sera engagé dans une boulangerie dès qu'il sera diplômé. "J'hésite également à effectuer une septième année de spécialisation en chocolaterie ou en techniques spécifiques du pain. Parmi mes camarades de classe, beaucoup souhaitent ouvrir leur propre boulangerie", conclut-il.


En tant qu'élève de l'Institut technique et professionnel d'Aarschot, Glenn est conscient de la perception négative dont est victime son école. Il est le premier à la réfuter : "J'ai bénéficié d'une formation de qualité et de professeurs talentueux. Je pense que nous avons réellement de la chance que de telles écoles existent encore de nos jours. Je suis très heureux d'être passé par l'Institut technique et professionnel d'Aarschot. Si mes enfants veulent un jour exercer un métier spécifique, je les y enverrai sans hésitation !"


(eh/jy) 

Soyez le premier à recevoir nos actus et astuces

Plus de 440.000 utilisateurs recoivent nos astuces

Jobs recommandés

Vous voulez également gagner plus, des collègues plus sympas ou moins d'embouteillage ?

Le job a été sauvegardé

Vous pouvez retrouver vos jobs sauvegardés en bas de cette page, mais également sur la page d'accueil ou dans Mon Jobat.

Pour pouvoir les consulter également sur d'autres appareils, connectez-vous.