Qu’est-ce qui rend les collaborateurs heureux ?

Etre heureux au travail, qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Et quand estimez-vous avoir réussi à l'être ? La KU Leuven et MARK Magazine ont interrogé 880 travailleurs belges. Que ressort-il de leur étude ? Nous sommes heureux mais, avec un peu plus d’audace, nous le serions encore davantage.

25 octobre 2017

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'Les Belges veulent surtout de la sécurité, ce qui n’est pas toujours la garantie d’une carrière captivante dans laquelle ils continuent à apprendre en permanence.' (Nicky Dries, KU Leuven)

Un beau salaire suffit-il à faire notre bonheur professionnel et à réussir dans la vie ? Selon l’enquête menée par Marijke Verbruggen et Nicky Dries, tous deux professeurs à la faculté d'Economie et Sciences professionnelles de la KU Leuven, la réponse est négative.


Ils ont demandé aux participants de l’étude 'Happy Career' quelle était l’importance qu'ils accordaient à différents critères pour se sentir heureux dans leur carrière professionnelle ? Parmi ceux-ci figuraient notamment la formation, le développement personnel, les rapports entre collègues, l’équilibre vie privée/vie professionnelle, la sécurité financière et enfin les revenus.

Les enquêteurs ont ensuite sondé leur degré de bonheur dans la mesure où ils atteignent ces objectifs.

Que remarque-t-on le plus dans les résultats ?

Marijke Verbruggen : "Les éléments que les Belges estiment surtout importants sont la sécurité financière et l’équilibre travail/vie privée. Apprendre, se développer et avoir de bonnes relations avec les collègues figurent également en tête de liste. Enfin, le Belge accorde moins d’importance à l’entreprenariat. Est-ce typique à notre pays, ou est-ce dû à la cible principale de notre enquête orientée principalement vers les employés ? Tout comme le fait de gagner de l’argent, le Belge considère l’entreprenariat comme moins essentiel à son bonheur au travail.

Gagner de l’argent ne doit pas être confondu avec la sécurité financière. Le Belge y attache beaucoup d'importance.

Nicky Dries : "Oui, satisfaire à ses besoins de base et être capable de s’occuper de sa famille déterminent notre perception du bonheur au travail. La bonne nouvelle est que nous trouvons nous-mêmes que nous nous en sortons très bien. En ce qui concerne la sécurité financière, notre score est le plus élevé (l’enquête couvre 16 pays) après la Norvège. Une majorité de Belges sont heureux avec le niveau de sécurité financière dont ils bénéficient. Cela veut dire que nous figurons parmi les rares pays où les collaborateurs la considèrent comme réellement importante. Le pays qui a obtenu le moins bon score est la Grèce, ce qui n'est guère étonnant."

En quoi est-ce important pour notre motivation en tant qu’employé ?

Nicky Dries : "C’est très important mais aussi relatif. Selon Frederick Herzberg, psychologue américain bien connu et expert en analyse de la motivation, la sécurité financière est l'un des 'facteurs d’hygiène' de la motivation. Nous en avons besoin pour nous motiver, mais le fait d'être en sécurité à ce niveau ne nous conduit pas automatiquement à la satisfaction ou au bonheur. Si cette sécurité vient à disparaître, nous perdons d’office notre satisfaction. C’est une question de logique. Si vous ne pouvez pourvoir à votre existence, vous vivez avec votre famille dans la misère… Mais à partir du moment où vous pouvez satisfaire à vos besoins, cela ne joue plus tellement au niveau de votre bonheur au travail."

Que trouvons-nous le plus difficile à atteindre au bureau ?

Marijke Verbruggen : "En comparaison avec d’autres pays, nous obtenons de moins bons résultats en matière d’équilibre vie privée/vie professionnelle. Parmi les 16 pays sondés, nous figurons à la 13ème place et ne sommes pas réellement heureux du niveau que nous atteignons. Notre équilibre n’est pas ce qu’il devrait être ou ce que nous voudrions qu’il soit. Même nos relations au travail peuvent être meilleures. Il est intéressant de constater qu'il s'agit des deux facteurs les plus 'relationnels' dans notre modèle au niveau desquels nous obtenons de moins bons scores. Voilà visiblement un point que le Belge doit améliorer…"

Qui est le plus heureux au travail ? Et qui l'est le moins ?

Nicky Dries : "Plus le Belge vieillit, plus il est heureux avec ce qu’il réussit dans toutes les dimensions relatives à la carrière que nous avons investiguées. Ce qui importe pour un senior, c’est l’impact positif qu’il souhaite exercer au bureau. Gagner de l’argent devient moins essentiel, mais seulement parce qu'il en a déjà suffisamment gagné à un certain moment et qu'il peut désormais vivre confortablement."

Plus d’entreprenariat nous rendrait-il plus heureux ?

Marijke Verbruggen : "C’est difficile à dire. Nous observons que les personnes changeant plus souvent de job et/ou d’employeur accordent plus d’importance à l’entreprenariat. En revanche, les travailleurs restant longtemps dans la même organisation ou occupant la même fonction accordent moins d’intérêt à l’apprentissage et au développement, ce qui n’est guère positif."


Nicky Dries : "Les Belges ont tendance à très peu changer d’emploi ou d’entreprise, cela ressort également de l’enquête au sujet des carrières menée par l’OCDE. Nous avons plus tendance à faire nos débuts au sein d'une entreprise pour ensuite y rester toute notre vie. Cela atteint notre esprit d’entreprise et notre soif d’apprendre. Grâce à une autre enquête, nous savons aussi que la Belgique est un des pays les plus timorés au monde. Il n’y a que le Japon qui atteint un score encore plus élevé à ce sujet. Les Belges veulent d’abord de la sécurité, ce qui ne garantit pas toujours une carrière passionnante lors de laquelle nous continuons à apprendre tout au long de notre vie. Alors que les carrières se rallongent de plus en plus, il n'est vraisemblablement pas une si bonne idée de s’installer dès notre plus jeune âge dans un poste confortable."


Marijke Verbruggen : "D’après nos résultats, celui qui se soucie de continuer à apprendre et de se développer a moins de problème à travailler plus longtemps. Si nous combinons ceci aux résultats ci-dessus, nous pouvons en déduire que changer régulièrement d’emploi ou d’employeur nous encouragerait à continuer à nous développer et à trouver du plaisir à travailler plus longtemps."

Qu’est-ce qui rend le Belge heureux au travail ?

Top-3 de ce que nous estimons important

  1. Sécurité financière
  2. Equilibre vie privée/vie professionnelle
  3. Apprendre et se développer

Top-3 des critères où, selon nous, nous obtenons les meilleurs résultats

  1. Sécurité financière
  2. Bons rapports entre collègues
  3. Apprendre et se développer

5 conseils pour être plus heureux au travail

Avec ces 5 conseils, vous pourrez mieux prendre votre carrière en main. Vous augmenterez vos chances d’être plus heureux au travail et de bénéficier d'une promotion.

  1. Discutez de vos possibilités de carrière avec quelqu’un de plus expérimenté au sein de l’organisation.
  2. Faites part de vos aspirations à quelqu’un de plus expérimenté au sein de l’organisation.
  3. Planifiez activement votre carrière.
  4. Demandez du feedback à votre chef, vos collègues ou vos clients au sujet de vos prestations.
  5. Développez en permanence vos compétences afin d’être pris en considération lors d’une prochaine promotion.

(eh/sc) Source : MARK Magazine 

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