Que faire contre la pollution sonore au bureau ?

Votre bureau prend aussi des allures de jardin résonnant aux bourdonnements d'appareils divers, de sonneries de gsm et du chahut de vos collègues ? Faites disparaître ces nuisances sonores au travers de chants d’oiseaux.

Le bruit au sein des bureaux en open-space est une véritable plaie. Certains s’y habituent directement, d’autres trouvent cela complètement assourdissant. Le ronflement des imprimantes, les machines à café qui bouillonnent, le bourdonnement des lampes halogènes, toutes ces nuisances sonores mettent nos capacités de concentration à rude épreuve. Un environnement de travail bruyant réduit la productivité, génère du stress et augmente les absences pour cause de maladie.

Ce n’est pourtant pas irrémédiable. Ces nuisances auditives peuvent être contournées, et un environnement bruyant peut être transformé en un espace productif, voire créatif.

Le chant des oiseaux

Le gourou Julian Treasure est expert dans le domaine du bruit et auteur du livre "Sound Business". Il pointe les différentes sources de nuisances sonores et y apporte des solutions. La perte de productivité se cache un peu partout. Il qualifie notamment les sonneries de téléphone ou toute autre nuisance téléphonique comme récurrentes. « Entendre un collègue parler lorsque vous êtes occupé à lire ou à écrire diminue votre productivité de 36% », affirme Treasure. Via son entreprise The Sound Agency, il conseille aussi de grandes organisations telles Nokia, Unilever ou encore l’opérateur aéroportuaire BAA. Chez ce dernier, il installa un décor sonore composé de chants d’oiseaux à l’aéroport de Glasgow. Un vrai succès : l’expérience des visiteurs et des travailleurs s’améliora de 10%, tout comme les ventes en boutique.

Mais la solution ne doit pas forcément toujours être si radicale. Des revêtements de sol moelleux, des plantes, un plafond atténuant le bruit, et une bonne isolation permettent d'absorber les sons dans une large mesure. Lors de ses conférences, Treasure met l'accent sur quelques conseils en or, comme par exemple écouter le chant des oiseaux. Cela multiplierait la productivité par trois, prétend-il. Pourquoi ? Parce que notre instinct nous dit que si les oiseaux chantent, nous sommes en sécurité. Il appelle cela le "réveil de la nature" qui nous calme et nous stimule à la fois.

Lieux d’interaction et espaces de réflexion

Susan Cain a écrit le livre "QUIET: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking". Pour elle, tout est une question d’équilibre. Elle se base sur le fait que les introvertis et les extravertis apprécient des environnements différents. Une personne extravertie sera plus à l’aise dans un cadre de travail rempli de stimuli sociaux là où un introverti s’épanouira dans une atmosphère plutôt calme.

De ce fait, Cain croit à la mixité des espaces de travail proposant tant des lieux adaptés aux personnes à dominante extravertie que des types d’endroits appropriés aux caractères plus introvertis.

" Je suis absolument persuadée que nos bureaux peuvent devenir des lieux inspirants, de type bars casuals, qui facilitent l’interaction. Tout en sachant qu’au travail, nous avons aussi besoin de plus d’intimité, de liberté et d’autonomie. " Elle créé donc le concept des espaces de réflexion ou " chambres silencieuses " qui accueillent les collaborateurs désireux de stimuler leur créativité dans le calme absolu. Dans ces locaux, tout bruit est défendu. Vous dosez vous-même la lumière, la musique, et vous vous isolez du reste de l’activité.

Bar à café inspirant

Ravi Mehta, chef de la recherche à l’Université de l’Illinois, a mené une étude sur l’effet du bruit. Elle valorise nettement moins le calme. Son équipe découvrit que le murmure de la machine à café est précisément ce qui stimule la créativité. Le site Coffitivity tire son inspiration de cette enquête. Vous pouvez y télécharger gratuitement le bruit d’une machine à expresso pour booster votre créativité.

Les bruits de bars à café peuvent peut-être inspirer les brainstormings, mais ils ne sont pas bons pour la concentration. Pour un bureau, le niveau de bruit conseillé dans le cadre des directives européennes Arbo est de 45 décibels. Cela ne signifie pas pour autant le calme absolu car, même dans un bureau très silencieux, il y a toujours bien un bruit qui vient s'immiscer dans l'environnement de travail. Dans son livre "Discord: the story of noise", Mike Goldsmith, docteur en astrophysique et ancien chef acoustique du laboratoire physique national britannique, écrit que nous fonctionnons toujours comme des animaux dans la jungle, les oreilles aux aguets dès qu’un bruit inattendu retentit ou même lorsqu’un certain son familier nous manque. Il s'agit là d'une conséquence de nos instincts primitifs.

Ecouteurs

Les écouteurs semblent être la meilleure solution si vous voulez garder le son sous contrôle, mais ils peuvent avoir un effet néfaste sur l’activité cérébrale. La musique améliore l’humeur mais tant la musique préférée que celle que l’on déteste influencent nos prestations de manière négative, comparée au travail dans le silence. Des mélodies monotones, de préférence sans parole, nous gênent le moins. C’est la variété qui engendrerait une perte de concentration.

En bref, si vous voulez améliorer votre concentration au travail, accueillez un canari au bureau et réservez le hip-hop pour d’autres occasions !

(EH) (SC) 

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05/08/2014