Pourquoi ne change-t-on pas plus d'emploi ?

L'année passée, seuls 16% des employés ont changé d'employeur. Au cours des neuf dernières années, le roulement des membres du personnel n'a jamais été aussi bas. Il semblerait que beaucoup de personnes tiennent à leur emploi actuel.

27 décembre 2017

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"Si vous ne voulez plus changer d'employeur, vous perdez souvent la perspective d'un nouveau challenge professionnel." (Emely Theerlynck, experte en recherche RH chez Securex)

"La mobilité sur le marché de l'emploi semble s'atténuer", telles sont les observations du service RH Securex sur base d'une étude récente. Cette dernière portait sur un échantillon d'environ 48.000 travailleurs belges évoluant dans le secteur privé.


La conclusion saute aux yeux : le travailleur belge est sédentaire. Cette tendance est observée depuis un certain temps mais se renforce d'année en année. Le fait que seuls 16% des employés belges aient changé d'employeur en 2015 est une forte diminution par rapport à 2014 où il était encore question de plus de 20% des travailleurs.

Principalement une rotation involontaire

Lorsque l'on parle de rotation, il est question de deux catégories. D'une part, il y a le départ volontaire des travailleurs, d'autre part, le contrat de travail prend fin de façon involontaire. La plus grande partie de ces 16% de travailleurs appartient à la seconde catégorie, à savoir des employés qui sont obligés de quitter leur employeur. En 2015, près de 10,7% des employés ont involontairement quitté leur employeur, soit un quart de moins qu'en 2014.


Qu'appelle-t-on un contrat involontairement résilié ? De nos jours, les explications sont relativement faciles. Dans la majorité des cas, il s'agit de contrats temporaires. Dans d'autres cas, la collaboration est rompue par l'employeur et, le cas échéant, un licenciement pour faute grave est prononcé.

Première explication : nous nous accrochons (ou faisons du 'job-crafting')

De moins en moins de travailleurs belges décident par eux-mêmes de chercher un autre emploi. En 2015, seuls 5% des employés ont quitté leur entreprise de leur propre initiative. Deux années auparavant, ce taux était de 7%.


Années après années, les chiffres continuent de diminuer. Le fait que seuls 5 travailleurs sur 100 fassent personnellement la démarche de quitter leur employeur est un chiffre historiquement bas. "Si vous ne voulez plus changer d'employeur, vous perdez souvent la perspective d'un nouveau challenge professionnel", explique Emely Theerlynck, experte en recherche RH chez Securex.


Les travailleurs belges se sentent-ils trop bien chez leurs employeurs ? Ce n'est pas toujours le cas. Des recherches antérieures menées par Securex montrent qu'une partie des travailleurs a surtout peur de perdre son emploi et ne voit souvent aucune perspective à changer d'emploi, que ce soit dans ou en dehors de leur entreprise. "Il s'accrochent à leur emploi actuel", telle est la tendance observée. D'autre part, une autre enquête démontre qu'un certain nombre d'employés, grâce au 'job-crafting' (c’est-à-dire qu'ils créent eux-mêmes le contenu de leur fonction), cherchent activement des solutions pour pouvoir rester chez leur employeur.

Deuxième explication : plus de travailleurs âgés (et sédentaires)

Une autre raison importante est l'augmentation du nombre de travailleurs âgés. La baisse de rotation s'explique par le fait que le nombre de personnes actives de plus de 50 ans augmente proportionnellement chaque année. Les employés sont donc moins mobiles. "Beaucoup de travailleurs, principalement d'un certain âge, restent littéralement 'coincés' dans leur travail actuel", explique Emely Theerlynck de Securex. "Il se retrouvent stressés car le contenu de leur fonction ne correspond plus avec ce qu'ils aiment faire ou deviennent physiquement épuisés."


Un emploi fixe peut sembler confortable, mais cela rend parfois les employés paresseux ou dépendants. En effet, ils ne sont jamais à l'abri d'un 'bore-out' et courent le risque de s'ennuyer à mourir pendant leurs journées de travail. Les conséquences peuvent être dramatiques. "Voilà une occasion rêvée pour les employés d'aller travailler ailleurs."

Troisième explication : nous devons travailler plus longtemps

Le roulement du personnel est étroitement lié à l'âge des employés ou au nombre d'années de service. Plus un travailleur est âgé (ou plus d'années d'ancienneté il compte), moins il est probable qu'il quitte son employeur de son plein gré.


Il s'agit d'une situation à double tranchant, parce que les travailleurs plus âgés ne sont pas facilement mis à la porte par leur employeur. "Dans la logique des choses, lorsque la proportion de travailleurs âgés augmente sur le marché du travail, le chiffre d'affaires total diminue", fait remarquer Emely Theerlynck. "Rien que pour la tranche âgée de plus de 55 ans et comptant plus de 21 années d'ancienneté, nous constatons une augmentation de départs involontaires car beaucoup d'entre eux prennent leur retraite."


Néanmoins, dans ce groupe de travailleurs âgés, les départs involontaires sont toutefois limités. Cela est principalement dû à l'augmentation de l'âge de la retraite et à la fin du système de retraite anticipée, ce qui entraîne une diminution du nombre d'employés prenant directement leur retraite.

Plus l'âge est élevé, moins il y a de progrès

Le taux de 16% varie considérablement en fonction de l'âge des employés. Le roulement de personnel diminue au fur et à mesure que les travailleurs vieillissent ou travaillent depuis longtemps pour leur employeur. Il y a une seule exception : les travailleurs âgés de plus de 55 ans (ou comptant plus de 21 années d'ancienneté), l'évolution involontaire augmente. Ces personnes devront toutefois travailler plus longtemps.

 

Leeftijd % Départ volontaire 2015 % Départ invilontaire 2015
     
Moins de 25 ans 11.55% 26.83%
25-29 ans 8.57% 16.50%
30-34 ans 5.96% 10.09%
35-39 ans 4.06% 8.41%
40-44 ans 3.55% 7.28%
45-49 ans 2.94% 6.25%
50-54 ans 2.20% 6.15%
55 ans ou plus 2.18% 7.58%

 

 Source : Securex, 2016  

 

(eh/jy) 

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