Postuler et se vendre via Skype

"Quand vous paraissez confiant, vous avez un avantage par rapport aux autres" (Joylien Crommelynck, employée recrutée via Skype).

En plus des interviews classiques, de plus en plus d'entretiens d'embauche se font par vidéoconférence. Pour quelles raisons ? Les vidéos peuvent être visionnées à plusieurs reprises et les candidats n’ont pas besoin de se déplacer inutilement. Nous avons discuté avec deux profils commerciaux - Maria-Teresa et Joylien - au sujet de leurs expériences avec le logiciel Skype.

Maria-Teresa Silletti (45 ans), née en Belgique de parents italiens, a passé une partie de sa vie en Italie mais a décidé de revenir dans notre pays l’année passée. "J’ai obtenu un diplôme de baccalauréat en économie à Londres suivi d’un MBA à la VUB", explique-t-elle.

Avec son mari, elle a décidé de retourner vivre en Italie. Pendant ce temps, sa famille s’est agrandie et elle a désormais trois enfants. "L'Italie est un pays fantastique où habiter mais le marché du travail est très rigide. J'ai occupé des fonctions commerciales et administratives dans différentes entreprises mais il s’agissait toujours de contrats à durée déterminée. Mon mari avait également du mal à trouver son bonheur d’un point de vue professionnel."

Skype ouvre le marché du travail

Maria-Teresa prit la décision de revenir à Bruxelles. "C’est un environnement international qui offre plus de perspectives. En 2014, j'ai commencé à chercher du travail, surtout sur Internet. Mes recherches ont duré un an jusqu'à ce que je tombe sur une offre d’emploi via l'agence de recrutement Hays. J'ai envoyé mon CV et on m'a appelé peu de temps après."

Le premier appel (depuis l’Italie) avec Hays a eu lieu via Skype. "Ensuite, j’ai eu un entretien avec mon patron actuel et, lors du tour final, j’ai eu une dernière conversation avec mon patron et chef d’équipe de l’époque. Tout s’est passé via Skype." Depuis décembre 2015, Maria-Teresa travaille au sein du service clientèle du groupe de technologie 3M. "Je suis très satisfaite d’avoir pu postuler de cette manière. Cela permet d’ouvrir le marché du travail et il n’y a plus aucune frontière entre les travailleurs."

Sentiment agréable

Joylien Crommelynck (26 ans) travaille en tant que directrice adjointe au sein d’une branche du groupe Delhaize. Elle vécut son entretien via l’agence Hays comme une expérience agréable. "A vrai dire, je ne suis pas fan des entrevues téléphoniques parce que vous ne voyez pas la personne en face de vous. Par contre, lors de mon entretien d’embauche via Skype, je me trouvais chez moi dans une pièce familière et je me suis immédiatement sentie à l'aise."

Vu qu’il y avait une certaine urgence dans le processus de recrutement, Joylien a directement passé plus d’une heure et demie en vidéoconférence. "Cela peut paraître long mais, en réalité, cela passe nettement plus vite qu’un entretien téléphonique classique."

Joylien connaissait déjà bien Skype car elle l’utilisait souvent pendant son temps libre. "Quand j’étais en vacances en Afrique du Sud, je communiquais régulièrement avec mes parents et ma grand-mère par le biais d’appels vidéo Skype."

Gain de temps

Selon Joylien Crommelynck, la vidéo a une valeur ajoutée parce que l’interview peut avoir lieu dans n’importe quel environnement. Vous n’êtes plus obligé de vous déplacer pour vous rendre à une agence de recrutement ou une société. "Lors d’une candidature classique, vous deviez vous déplacer deux ou trois fois. Avec Skype, vous gagnez énormément de temps", affirme Joylien. Un appel vidéo Skype a également l'avantage supplémentaire de pouvoir juger quelqu’un par rapport à son visage. "Quand vous paraissez confiant, vous avez un avantage par rapport aux autres", conclut-elle.

Analyse du langage corporel via la vidéoconférence

Bien que le contact humain semble être un must dans le secteur du recrutement, il est souvent possible de trouver la bonne personne au moyen d'un appel vidéo.

Les recruteurs peuvent analyser le langage corporel, ce qui est impossible lors d'un entretien téléphonique. Au sein de l’agence de recrutement Hays, la visioconférence est de plus en plus utilisée. L’antenne néerlandaise organise en moyenne trois fois par semaine un entretien vidéo alors que, en France, il est question de 20 fois par semaine. En Amérique du Nord, l’interview vidéo est monnaie courante dans le processus de recrutement. En revanche, Alistair Cox, CEO du groupe, souhaite conserver les conversations en face-to-face. "Il s’agit d’une simple question de temps. Petit à petit, la vidéoconférence et la réalité augmentée deviendront de plus en plus importantes."

(eh/jy) 

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27/07/2017