Marquer des points sur le marché de l'emploi

L'exemple suivant démontre à quel point il est important de marquer des points sur un marché de l'emploi en surchauffe: à Mouscron, dix demandeurs d'emplois se présentent chaque mois de la saison footballistique sur les sets en papier qui ornent les tables des businesslounges de l'Excelsior Mouscron. Ce projet correspond parfaitement à la philosophie du FOREM: les chercheurs d'emploi de longue durée doivent apprendre à être autonomes et à prendre des initiatives. Cette action doit avant tout leur redonner confiance.

18 septembre 2008

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"Les postulants formulent eux-mêmes le texte du C.V., qui doit surtout être engageant. Ce n'est déjà pas une mince affaire en soi pour la personne qui dispose au mieux d'un diplôme A2 et qui est en outre sortie du circuit du travail pendant un certain temps", explique André Demeulemeester, du FOREM. Mais la philosophie du FOREM vise, justement, à inciter les sans-emploi à 'en vouloir'. Ainsi, ils sont tenus de se rendre dans des entreprises quatre fois par semaine. Les patrons qui virent affluer ainsi les candidatures spontanées, proposèrent l'an dernier de mener une action spéciale. D'où, après une petite séance de brainstorming, l'idée des sets de table. "L'Excelsior Mouscron nous apparut rapidement comme un partenaire potentiel", poursuit André Demeulemeester, "car où d'autre les employeurs de la région se retrouvent-ils régulièrement? Le club a presque immédiatement accepté de collaborer. Non seulement parce qu'il constitue lui-même une entreprise, mais aussi parce qu'ils ont un rôle social à jouer dans la société."

36 heures de recherche

L'un des sans-emploi, ayant quelque expérience en matière d'imprimerie, s'attela au concept visuel. Les premiers sets de table furent imprimés en août 1999, trois mois après la naissance du projet. Il apparut rapidement que cette campagne de séduction irait droit au but. "Les patrons qui recevaient nos demandeurs d'emploi, se rappelaient avoir vu leur C.V. dans le restaurant VIP. Cela prouve que ce type d'action frappe davantage qu'une simple candidature. Certaines personnes ont effectivement été embauchées sur la base des sets de table."

André Demeulemeester est l'inspirateur d'Inter'Actif, une initiative lancée par le FOREM voici trois ans pour favoriser l'interaction entre cet organisme et les chercheurs d'emploi. L'expérience du football en est une parfaite illustration. "Personne n'est obligé de participer", explique-t-il, "mais celui qui s'engage, doit respecter les accords. Il doit consacrer 36 heures par semaine à la recherche d'un emploi. Nous n'allons pas lui apporter un job sur un plateau d'argent. Les demandeurs d'emploi doivent apprendre à être autonomes, ce qui n'est pas évident lorsqu'on est sans travail depuis plusieurs années. Quantité de chômeurs de longue durée se sentent comme perdus, ils sont fatalistes. Trouver du travail? Ils n'y croient plus."

La première mission des animateurs d'Inter'Actif consiste dès lors à restaurer la confiance en soi des postulants. C'est dans ce but qu'on les envoie sur le terrain quatre fois par semaine. Ils frappent à la porte d'entreprises de leur choix, pour y récolter des informations sur les types d'emplois qui y sont proposés et les exigences qui y sont liées. S'ils veulent en apprendre plus sur certaines formations, sur le travail intérimaire ou à temps partiel, ils doivent contacter eux-mêmes les organisations susceptibles de les aider. "Ainsi, ils apprennent à mieux connaître certains métiers et les attentes des patrons. Il arrive bien sûr que des responsables d'entreprise les renvoient et qu'ils soient déçus. Il s'avère souvent qu'ils ne parviennent pas à se vendre et que leur argumentation est faible. Il leur arrive d'aboutir dans des impasses, mais ils doivent s'en sortir eux-mêmes et forcer les portes. Ces visites d'entreprises leur permettent aussi de connaître les divers responsables dans les firmes."

Problèmes concrets

Chaque semaine, on consacre quatre matinées à discuter au bureau du FOREM des problèmes concrets que les demandeurs d'emploi ont rencontrés sur le terrain. "Nous recherchons ensemble des solutions concrètes", poursuit André Demeulemeester. "Je n'irais pas jusqu'à parler de training psychologique. Je me garde également de faire de grands exposés, car je dois veiller à ce que les gens me comprennent, à m'exprimer dans leur langage. Je me souviens par exemple avoir dit ceci à des demandeurs d'emploi: "L'épée de Damoclès pend au-dessus de vos têtes. Résultat: ils se sont tous mis à regarder le plafond."

Dans certains cas, on approfondit des situations difficiles par le biais de simulations vidéo. "Je joue alors le rôle de l'employeur qui les reçoit et je leur demande sans détours: "Pourquoi venez-vous me voir? Quel est votre but?" La vidéo leur permet d'observer et d'analyser leurs propres réactions. Nous parlons également de salaires lors de ces séances matinales. Il n'y a pas de programme fixe. Nous partons toujours des besoins et des questions des sans-emploi." Quelques ordinateurs sont également mis à la disposition des demandeurs d'emploi. Des animatrices les aident à utiliser Internet. "Quelqu'un recherchait ainsi, en guise de préparation à une visite d'entreprise, des informations sur les firmes fabriquant des drapeaux pour les Jeux Olympiques à Sydney. Internet, c'est l'avenir. Lorsqu'ils parviennent à se débrouiller sur l'autoroute numérique, leur confiance en soi s'en trouve également confortée."

Pas un club de copains

Autre aspect important chez Inter'Actif: les candidats au travail se motivent mutuellement. "La solidarité qui règne entre les postulants est énorme. C'est aussi la raison pour laquelle nous les envoyons toujours par deux dans une entreprise, afin qu'ils puissent se soutenir moralement. De même, ils sont chargés à chaque fois de s'enquérir d'éventuelles opportunités d'emploi pour les autres membres du groupe. L'ouvrière piqueuse qui se rend dans un atelier de confection, doit par exemple demander si l'on a éventuellement besoin de chauffeurs." Les demandeurs d'emploi se contrôlent également les uns les autres. On note sur un tableau 'qui fait quoi'. Le timing est strictement surveillé. Si quelqu'un s'est engagé à en savoir plus sur tel ou tel job pour tel jour, les autres le lui rappelleront. Tout problème doit être traité. Nous ne nous contentons pas d'une vague réponse, comme: 'Je rappellerai peut-être le patron de cette entreprise'. Non, nous exigeons qu'on contacte la personne dans les quinze jours."

Les chômeurs de longue durée sont souvent confrontés à des problèmes personnels. Il faut donc qu'il y ait un climat de confiance réciproque. "Nous devons avoir le sentiment que je peux compter sur eux, comme eux sur moi", confie André Demeulemeester. Il précise, non sans fierté, que 85 pour cent des postulants trouvent un emploi après trois mois, ou suivent une formation. "En principe, ils sont autonomes au bout de cette période et peuvent suivre leur voie. Il est clair qu'ils peuvent toujours venir nous demander de l'aide. Mais nous ne sommes en aucun cas un 'club de copains', un prétexte pour sortir de chez soi." André Demeulemeester estime que le système mis au point dans le cadre d'Inter'Actif procure également une certaine garantie aux futurs employeurs. "Celui qui participe à notre projet, apprend à former une équipe et montre qu'il est prêt à travailler 36 heures par semaine. L'esprit d'équipe tombe vraiment à point. On nous a par exemple demandé il y a peu si l'équipe pouvait aller cueillir des fraises pendant un mois. Cela doit être possible."

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