Les jeunes pratiquent-ils le job hopping ?

On entend souvent dire que les jeunes changent d'emploi pour un oui ou pour un non. Fini la loyauté, le temps est venu pour un nouveau modèle de carrière. Selon une enquête, il semblerait que nous estimions mal les attentes des jeunes en termes de carrière.

Une étude de la Vlerick Business School s’intéresse aux attentes des jeunes effectuant leurs premiers pas sur le marché de l’emploi et nous incite à reconsidérer quelque peu notre avis à leur sujet. En effet, les résultats vont à l’encontre de l’opinion publique.

Loyauté

En réalité, ils ne seraient que 22% à vouloir changer d’employeur. Ce qui n’étaye guère leur étiquette de 'job hoppers' mais les présente comme plus fidèles que ce que la plupart des employeurs estiment. "Que les jeunes s'engagent complètement dans leur carrière au début de leur vie active ne semble pas du tout correspondre à la réalité", observe Sara De Hauw, enquêtrice à la Vlerick Business School.


La plupart des jeunes sont pourtant convaincus que leur premier employeur est un tremplin vers un meilleur emploi plutôt qu’une place sûre et à long terme. 60% ne voient pas leur avenir au sein de leur première entreprise, 46% se voient rester 1 à 3 ans chez leur premier employeur tandis que 27% envisagent tout de même de passer 3 à 5 ans dans la même entreprise.

Attentes

Ils ont certaines exigences et davantage d’attentes qu'auparavant. 83% voudraient choisir eux-mêmes où et quand ils prestent leurs heures de travail, et 82% estiment important d'avoir un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle.


"Les jeunes désirent suivre leurs propres valeurs et leurs normes. Cela n’était pas le cas des générations précédentes. Ce qu’ils trouvent important se reflète aussi dans leur emploi. Ils veulent travailler dans une entreprise ayant une vision compatible avec leurs convictions et leurs valeurs. De manière plus large, l’emploi et l’entreprise doivent coller à leur personnalité, à leurs centres d’intérêt et à leur situation familiale", déclare Dirk Buyens, professeur en HR Management à la Vlerick Business School. "L’authenticité est essentielle pour eux, ils veulent un job qui fasse office de prolongement de qui ils sont et de là où ils se situent dans la vie. Il est donc important que les entreprises donnent aux jeunes la liberté suffisante de choisir eux-mêmes l’intensité qu’ils veulent accorder à leur travail."

Flexibilité

Qu’ils attachent beaucoup d’importance à leur situation privée tient aussi de l’opinion qu’ils ont en matière de flexibilité. Ils acceptent de faire autant d'heures supplémentaires que possible, mais certainement pas pour rien. "Dès le début, ils cherchent un bon équilibre entre le travail et la vie privé. Pour eux, prester des heures supplémentaires ou emmener du travail à la maison ne va pas de soi. De plus, 78% estiment qu’il est important que les heures supplémentaires soient rémunérées. D’un côté, les jeunes sont prêts à travailler dur et à donner beaucoup de leur propre personne mais, de l'autre, ils accordent de l'importance à leur vie privée et fixent des limites claires avec leur flexibilité", observe Sara De Hauw.

Salaire

Leurs exigences ne portent pas uniquement sur la description de fonction. Leurs attentes salariales sont également élevées. Un jeune s’attend en moyenne à gagner directement 1.759 euros (nets !), montant qui devrait déjà passer à 2.783 euros après 5 ans. A côté de cela, ils espèrent aussi bénéficier de quelques avantages supplémentaires comme une voiture de société ou un surplus de congés payés. 86% s’attendent également à ce que leur futur employeur leur offre directement des perspectives de carrière.


(EH) (SC) Source : Hrsquare.be 

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09/06/2015