Les jeunes doivent mieux s’informer quand ils postulent

L’entreprise de consultance AE engage huit à dix jeunes diplômés par an. Pour les trouver, l’entreprise rencontre quelque 150 candidats invités à des entretiens d'embauche. Ceux-ci ne sont pas toujours bien préparés, observe l'une des responsables de ces recrutements.

1 avril 2014

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« Beaucoup de jeunes sollicitent auprès d’une entreprise juste parce que leurs copains le font. » (Katrijn Vanhemelrijck, Recruitment Officer chez AE)

« Nous ne choisissons pas d’engager quelqu’un comme cela, à la légère. Sur les starters qui viennent travailler chez nous, nous essayons de rassembler un maximum de certitudes. Par exemple, qu’ils conviennent à notre culture d’entreprise. Qu’ils aient au moins un objectif de carrière pour les années à venir », explique Katrijn Vanhemelrijck.

Les jeunes diplômés choisis par AE sont principalement des consultants techniques, des analystes, ils ont un master en sciences informatiques, ou ce sont des ingénieurs industriels ICT, voire des ingénieurs commerciaux en informatique de gestion.

Attitude critique

Chez AE, le premier contact avec les jeunes talents se passe de manière informelle. Ils ont l’occasion ainsi d’entrer en contact avec les collaborateurs. Ces derniers leur expliquent ce à quoi ils peuvent s’attendre. « Ce qu’ils entendent les intéresse ? Alors nous attendons qu’ils prennent eux-mêmes l’initiative de solliciter un entretien de sélection. » Lors de ces rendez-vous, AE explique aux candidats que leurs compétences comptent, bien sûr, mais pas que cela, qui ils sont est au moins aussi important.

En tant que recruteur, Katrijn Vanhemelrijck attend du candidat qu’il témoigne d’une attitude critique. « Ils doivent oser remettre en question ce qui se passe autour d’eux. En même temps, j’attends de leur part des compétences sociales afin de sentir quand ils pourront mettre telles questions sur la table. Nos travailleurs sont souvent chez les clients. S’ils ont le sentiment que quelque chose ne fonctionne pas bien, ils doivent pouvoir l’aborder avec diplomatie tout en y accordant l’attention voulue. » Encore plus important, elle estime que tout nouveau travailleur doit avoir l’esprit d’équipe. « Jouer des coudes ne fait absolument pas partie de notre culture d’entreprise. Nous mettons l’accent sur la collaboration, c’est notre objectif. »

Mal informé

En tant que jeune diplômé, en d’autres mots, il est utile de savoir à l’avance ce qu’une entreprise pourrait attendre de vous. Et c’est là que le bât blesse, selon Katrijn Vanhemelrijck. « La plupart des jeunes sont mal informés. Ils ne se préparent pas bien et attendent qu’on leur explique tout lors de l’entretien de sélection. »

Cela semble logique, mais ce n’est pas si évident en pratique. Toutes les entreprises ne mènent pas plusieurs entretiens avant d’engager quelqu’un. Pour les candidats, il est donc important de dresser une liste de ce qu’ils veulent savoir de leur employeur potentiel.

Qu’est-ce que je veux ?

« Trop de jeunes postulent auprès d’une organisation parce que leurs copains le font, ou parce qu’ils ont entendu que l’on peut y évoluer rapidement. Pendant l’entretien de sélection, ils veillent surtout à se présenter le mieux possible. Mais ils pensent trop peu à ce qu’ils veulent en fin de compte. »

Ce que je trouve essentiel chez un employeur ? Vais-je être heureux ici ? Et pourquoi ? Ce sont des questions que les candidats doivent se poser et auxquelles ils devraient pouvoir répondre, estime Katrijn Vanhemelrijck. « Demandez si vous recevrez du support dans votre travail, comment vous serez évalué, ou si votre chef sera proche de vous, quelle est la culture d’entreprise… Vous êtes plutôt du style à vouloir faire carrière rapidement ? Alors soyez clair à ce sujet dès le départ, c’est mieux. Sondez les possibilités de développement et ce que vous pourriez faire pour accélérer votre évolution.

Regardez-vous

Progresser rapidement ou construire calmement votre bagage professionnel, tomber dans un environnement collégial ou plutôt compétitif… Tous les jeunes diplômés ne sont pas à l’aise avec une forte compétition. « Néanmoins, cela influence fort la manière dont vous allez expérimenter votre job, nous dit Katrijn Vanhemelrijck. « Un bon point de départ est de vous analyser vous-même. Quel type de personne êtes-vous ? Dans quel type de milieu vous sentez-vous à l’aise ? Quelles sont vos priorités dans la vie ? »

Ce que beaucoup de jeunes trouvent important, c’est le salaire de leur premier emploi. Poser des questions à ce sujet est approprié lors d’un entretien de sélection, ou bien cela ne donne pas une bonne image ? « Environ un sur trois pose la question. Nous leur répondons. En même temps nous les questionnons : peuvent-ils estimer comment leur salaire pourrait évoluer les années suivantes ? Cela surprend. On le voit très vite, le salaire de départ n’est pas le plus important », détaille Katrijn Vanhemelrijck.

Les jeunes semblent être d’accord. « Avant la crise, les jeunes diplômés frappaient à la porte de plusieurs entreprises pour voir où ils pouvaient gagner le plus. Cela paraissait parfois un peu prétentieux. A présent, la plupart cherchent la stabilité et les possibilités d’évolution. Les profils que nous recrutons sont encore toujours recherchés et ont encore toujours le choix, mais c’est moins qu’il y a une paire d’années. A l’époque, les employeurs allaient les chercher sur les bancs de l’école, avant qu’ils ne décrochent leur diplôme. C’est un peu moins le cas actuellement.

(wv/sc) 

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