Les employés veulent devenir patrons et propriétaires

"Nous remarquons un intérêt croissant pour les managers qui veulent investir dans des entreprises familiales" (Geert Motmans, conseiller RH au sein du bureau Motmans & Partners).

C'est un phénomène de plus en plus courant : des travailleurs sont prêts à investir leur économies dans une entreprise familiale. Ils n'en deviennent pas uniquement copropriétaires mais bien CEO ou directeur général. Motmans & Partners, qui facilite le 'matchmaking', suit la relève d'un regard externe et constate qu'il doit y avoir un certain feeling entre le manager investisseur et l'entreprise familiale.

Beaucoup de personnes rêvent un jour de devenir entrepreneur. Et pourtant, elles commencent généralement avec un contrat d'employé pour diverses raisons. "Soit elles n'ont aucune idée du business en lequel elles devraient croire, soit elles manquent de ressources financières, soit elles n'osent pas tenter l'aventure entrepreneuriale ou enfin elles acceptent de belles offres en tant qu'employées", explique Geert Motmans du bureau Motmans & Partners.


"Beaucoup de travailleurs n'abandonnent pas leur rêve et décident de tenter leur chance à un âge plus tardif. Nous observons aussi de plus en plus qu'ils investissent dans des entreprises familiales déjà existantes, en deviennent copropriétaires et prennent (en partie) part à la gestion générale de la société. En agissant de la sorte, ils satisfont tout de même leurs ambitions."

Engagement

D'autre part, pour les propriétaires d'entreprises familiales, cette formule est une bonne solution. "Dans notre pays, plus de 300.000 sociétés devront faire face à un problème majeur dans les années à venir", explique Geert Motmans.


"Certains propriétaires n'ont pas de descendance et doivent faire un choix difficile à leur retraite : mettre fin à leur activité ou la revendre à des personnes externes. Pour des raisons émotionnelles, le choix n'est pas évident. A moins qu'ils optent pour une solution à moyen-terme en trouvant un gestionnaire qui veut véritablement s'engager dans l'entreprise. Une sorte de CEO qui est généralement actionnaire minoritaire et qui, d'ici quelque années, dirigerait entièrement l'entreprise ou le ferait en compagnie d'investisseurs externes ou de fonds d'investissement. L'entreprise resterait donc active sur le territoire belge."

Feeling

"Nous remarquons un intérêt croissant pour les managers qui veulent investir dans des entreprises familiales", explique Geert Motmans qui a créé 'Management Capital Connectors' (MCC), un service regroupant des managers et des entreprises à la recherche d'un CEO externe.


MCC sollicite l'aide de divers partenaires juridiques, financiers et fiscaux afin d'élaborer des deals solides en cas de rachat d'une entreprise. "Le grand avantage pour les deux parties est que leur engagement est considérablement renforcé. En tant que copropriétaire, le CEO gèrera différemment l'entreprise et en améliorera les performances. Si cela fonctionne bien, cela s'explique souvent par le feeling entre le manager externe et les actionnaires familiaux. Ils doivent partager les mêmes valeurs et être sur la même longueur d'onde au niveau de la culture d'entreprise. C'est sur cet aspect humain que se concentre le bureau Motmans & Partners (via le MCC). Tout le reste peut être discuté comme par exemple le type de contrat, les pourcentage d'actions, les salaires, la division du travail, la prise de décision, etc."

Peur

"Selon Geert Motmans, le fait qu'il n'y ait pas plus d'accords de ce type est dû à la réticence des propriétaires d'entreprises. "Ils ont peur que le monde extérieur voit le fait de recruter un gestionnaire externe comme un aveu que eux ou leurs enfants ne sont pas (ou plus) en mesure de faire tourner la boutique. C'est faux : les gens considèrent justement qu'il s'agit d'un signe de force d'engager des professionnels externes. Ensuite, les propriétaires d'entreprises familiales ont parfois peur qu'un nouveau CEO viennent accumuler les compétences et les connaissances pour ensuite les transmettre à quelqu'un d'autre ou même lancer un business concurrent. Enfin, il y a une certaine crainte que le nouveau patron obtienne les pleins pouvoirs, en soit parfaitement conscient et que l'actionnaire majoritaire finisse par perdre le contrôle de son entreprise."


Ce sont de tels arguments négatifs que le MCC veut éclaircir afin de permettre de trouver des accords. "Lorsque vous êtes marié, vous êtes moins susceptible de tromper votre partenaire que lorsque vous vivez une simple relation", explique Geert Motmans. "Par conséquent, une entrée en jeu d'actionnaires est une solution idéale tant pour les propriétaires familiaux que pour les managers participatifs."


(eh/jy) - Plus d'informations: www.managementcapitalconnectors.be 

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03/11/2017