Les cadres ont-ils raison d’avoir la bougeotte ?

D’un côté, il y a les cadres qui font des sauts de puce d’un employeur à l’autre sans doute appelés par l’appât du gain court terme. Et puis, il y a les autres qui semblent vissés sur leur siège, convaincus peut-être de profiter pour la vie d’une rampe de situation. Sont-ils tous destinés à profiter d’une qualité de carrière enviable ? Qui a tort, qui a raison ?

Jean Pralong est responsable de la chaire «nouvelles carrières» de la Rouen Business School et de la Reims Management School. Il a mené une étude intitulée « Bouger n'est pas jouer ». Celle-ci, parrainée entre autres par Air France, analyse la situation des cadres au moyen d’un ‘indicateur de qualité de carrière’. Les enquêteurs ont interrogé un millier de membres de l’encadrement (dont 47 % de femmes) sur 11 critères : le nombre de mois de travail à temps partiel dans le parcours, les temps de formation accordés, l'exposition à des conditions de travail à risques physiques ou encore l'écart salarial avec une moyenne de diplômés comparables...

Il y a cadre et cadre

En sont ressortis des groupes bien distincts de cadres. L’étude en dénombre 3 :

  • Les femmes diplômées de niveau moyen ayant recours à la mobilité externe et connaissant des évolutions hiérarchiques faibles > qualité de carrière faible ;
  • Les hommes diplômés de niveau moyen ayant recours à la mobilité externe > qualité de carrière moyenne ;
  • Les haut diplômés masculins avec des parcours intra-organisationnels > qualité de carrière forte

Bye bye les idées reçues sur la mobilité qui paie

Pour Jean Pralong (Rouen BS), ce sont les cadres les plus fidèles qui sont le mieux récompensés par les organisations. Conclusion qui va à l’encontre de la théorie de la «disparition des carrières intra-entreprises».

Que nous répondent les cadres interrogés dans le cadre de l’étude, au sujet de la mobilité externe ?
- 61 % d'entre eux estiment devoir leur réussite à des changements réguliers d'employeur,
- 68 % estiment que ce sont les plus fidèles qui stagnent le plus.

Avis qui ne seraient pas confirmés par la réalité, aux dires de Jean Pralong : « Les résultats de l’étude tendent à prouver que la fidélité et une carrière au sein d'une même structure, avec des évolutions et des changements de poste, rapportent le plus de qualité de carrière, avec des progressions hiérarchiques régulières et un enrichissement des contenus managériaux.»

Loyauté long terme

En fait, tout semble dépendre de la perspective. Un cadre mercenaire qui pense à court terme, fera des sauts de puce d’un employeur à l’autre pour voir évoluer sa carrière, selon le responsable de l’étude. Mais à long terme - c’est-à-dire, attendez tout de même 40 ans - vous pourriez bien être pénalisé d’agir ainsi.

En résumé, selon le profil de cadre qui est le vôtre, vous connaîtrez une destinée différente. Un employeur pourra engager l’un avec un plan de carrière en perspective : il consent à le former, le teste à divers postes dans le but d’entretenir avec lui une relation long terme. De l’autre, on attendra une performance à court terme, Sans envisager d’aller plus loin.

Et vous, êtes-vous mobile ou fidèle ?

Sources : www.rouenbs.fr et le figaro 

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06/09/2013