Les archéologues, une denrée rare ?

Un travail de rêve pour peu d’élus ? Depuis 2016, un mémorandum archéologique est obligatoire pour les demandes de permis d'urbanisme. Cela a entraîné un pic au niveau des affectations et des postes vacants ainsi qu’un nouvel afflux de candidats provenant directement de l'université mais également d'autres secteurs. Jobat a mené son enquête auprès d’un bureau flamand afin d’en savoir plus sur le monde de l’archéologie.

1 juin 2018

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"en tant qu'archéologue diplômé, vous trouverez tout de suite du travail" (lien van der dooren, archéologue au baac).

Ne pensez pas immédiatement aux musées lorsque l’on vous parle d'archéologie, et encore moins au héros de bande dessinée Indiana Jones. Lien Van der Dooren travaille comme archéologue depuis deux ans au BAAC (un bureau indépendant spécialisé dans l'histoire du bâtiment, l'archéologie et l'histoire culturelle) et est également responsable d'actions publiques en matière d’archéologie. Jeroen Vanden Borre est quant à lui archéologue et directeur commercial. "Le BAAC est l'un des chefs de file en archéologie. Notre équipe de 65 personnes se compose principalement d'archéologues et de scientifiques spécialisés dans la terre et le sol. 99% de ce que nous faisons tourne autour de l’archéologie, en particulier des études pour des bureaux et du travail sur le terrain. Chaque phase du processus implique d’autres tâches comme les fouilles ou le forage."

Depuis le 1er juin 2016, un demandeur de permis d'urbanisme a besoin d'une 'note archéologique'. Cela a beaucoup apporté à la profession. "Nous sommes désormais impliqués bien plus tôt dans les projets de construction. Par conséquent, le nombre d’études à effectuer a considérablement augmenté. Les personnes ayant quitté le secteur pour s’orienter vers d'autres horizons veulent désormais y revenir. Il semble y avoir un réel avenir pour les archéologues. Les travailleurs issus du monde de la construction, de l’éducation ou de l’administration titulaires d’un diplôme d'archéologie se retrouvent également dans les entreprises d'archéologie et bénéficient d’une sécurité au niveau de leurs emplois. Enfin, n’oublions pas les archéologues travaillant pour le gouvernement (municipalités), les musées ou les universités. Nous avons quelque peu suivi la même trajectoire que celle des Pays-Bas où l'archéologie a décollé depuis un certain temps avec diverses infrastructures ou chantiers de construction."

Jeroen Vande Borre : "Le gouvernement s'est retiré. En tant qu'entreprise d'archéologie, nous déterminons désormais les méthodes les plus appropriées quant à la façon dont un constructeur doit traiter le patrimoine que pourrait détenir un sol qu’il exploite.

Suite à cela, nous devenons plus exigeants et travaillons avec des délais relativement courts. Appelez cela une professionnalisation du secteur. Si le gouvernement flamand veut par exemple construire une écluse, il s’agit d’un dossier relativement complexe. Cela ajoute une dimension intéressante au travail."

Port du Pays de Waes

"Le fait qu’un site découvert est intéressant ou non dépend de vos préférences personnelles", explique l'archéologue Lien Van der Dooren. "Quelle est votre spécialisation : Moyen Âge ou Préhistoire ? Chez Verrebroek, au Port du Pays de Waes, nous travaillons actuellement sur un très gros projet : celui de recueillir des éléments préhistoriques sur un site destiné à devenir un centre logistique.

Il s’agit souvent de petits fragments sans réelle valeur pour un musée : il n’est pas question de murs ni de temples. En revanche, cela nous prend beaucoup de temps d’un point de vue scientifique car le sol date de la période du mésolithique. 25 archéologues sont employés à temps plein.

"Le dépôt du BAAC regorge de découvertes aussi spéciales les unes que les autres : des fragments de faïence, des pièces de monnaie et même des ossements humains. Des fouilles dans le cadre de la construction d’un pipeline Fluxys ont révélé une superbe coupe transversale de l'histoire de Flandre, et ce de la préhistoire jusqu’au Moyen Âge. La vision scientifique de la construction des logements dans la zone côtière flamande médiévale a évolué. Nous l'avons découvert en effectuant notre travail. Nous avons aussi trouvé un trésor d'argent romain à côté des fondations d'une villa gallo-romaine ", explique Jeroen Vande Borre.

Qu’en est-il du futur des archéologues ? "Notre agenda est rempli pour les mois à venir. En tant qu'archéologue diplômé, vous trouverez tout de suite du travail, souligne Lien Van der Dooren. "Les personnes qui ont quitté le secteur par manque de travail y reviennent. Il y a plus de sécurité d'emploi, bien que la situation puisse encore s'améliorer. "Il y a donc un besoin urgent d'avoir plus d'accès aux résultats de notre domaine de recherche et d’approfondir certaines connaissances. "Et une meilleure concordance entre l’enseignement et la pratique", déclare Jeroen Vande Borre. "Dans notre secteur, vous avez besoin de plus d'informations sur les entreprises qu'un simple chercheur. Nous ne nous considérons pas comme des puristes mais sommes ravis de pouvoir déceler les mystères d’un site archéologique en peu de temps."

La semaine d'une entreprise d’archéologie : études sur le terrain et dans les bureau

Lien Van der Dooren a pu commencer à travailler au BAAC juste avant le changement de loi du 1er juin 2016 qui rendit soudainement son travail plus exigeant mais aussi plus varié. A quoi peut bien ressembler une semaine de travail ?

  1. "Pendant une journée de travail sur le terrain, vous partez avec une équipe armé de pelles et de matériel pour fouiller le terrain. Intéressant mais, d’un point de vue physique, cela peut être fatigant."
  2. "Au bureau, vous vérifiez les demandes architecturales ou les permis d’urbanisme auxquels l’étude archéologique est liée. Quelle est la probabilité de trouver quelque chose sur tel ou tel site ? L'étude au bureau explique la manière dont sont traités les éléments découvert ainsi que la législation au niveau de la valeur du patrimoine."
  3. "Avant le début de l'excavation, une enquête préliminaire peut être effectuée avec ou sans intervention au niveau du sol."
  4. "Le traitement des résultats d'excavation : nettoyage, photographie, enregistrement, écriture d'artefacts."
  5. "Les travaux publics font partie de mon travail : j'organise des visites pour des entreprises, le grand public et les écoles sur les sites tels que celui de Verrebroek. Nous y avons construit une salle de musée temporaire et y planifions des visites. Je m’occupe aussi d’attirer l’attention des médias en postant des publication sur le blog, le site web et la page Facebook du BAAC. Je visite également de plus en plus de musées."
  6. "Les conférences et les réunions font partie de la formation permanente que vous suivez en tant qu'archéologue si vous souhaitez vous spécialiser davantage. Un collègue est parti au Royaume-Uni pour étudier les matières osseuses animales. Des cours de drone sont également proposés et le personnel expérimenté guide les débutants via un programme de parrainage."

(eh/jy) – Plus d’informations sur www.baac.be

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