Une pénurie de chauffeurs menace le secteur logistique belge

« 1% de croissance économique génère 1,5% de croissance dans le secteur du transport. » (Michaël Reul, secrétaire général de l’UPTR)

Les firmes de transport et les entreprises logistiques pourvoient 80.000 emplois directs dans notre pays : employés, ouvriers de la logistique et chauffeurs. C’est chez ces derniers que la pénurie est la plus problématique. « D’ici 10 ans, nous risquons de connaître un énorme déficit en chauffeurs poids lourds professionnels », affirme Michaël Reul, de la fédération professionnelle UPTR.

Michaël Reul est particulièrement fier des chiffres que les transporteurs et les entreprises de logistique peuvent avancer. 80.000 emplois dont 60.000 missions d’ouvrier et 20.000 d’employé. 6 ouvriers sur 10 relèvent du ‘personnel roulant’, terme technique utilisé pour décrire les chauffeurs. Les 40 pourcents restants sont des ouvriers de la logistique, principalement des collaborateurs magasiniers. « Leur nombre a fort augmenté ces dix dernières années pour atteindre les 24.000 », nous apprend le secrétaire général d’UPTR.

L’évolution qui cause plus de soucis à Michaël Reul, c’est le vieillissement des chauffeurs. La moitié d’entre eux a plus de 45 ans. « D’ici 10 ans, cela engendrera une forte demande de remplacement. » Pour faire face à cette pénurie, l’UPTR soutient des initiatives pour trouver des candidats et former de nouveaux chauffeurs. Il y a plusieurs voies pour devenir chauffeur de poids lourds professionnel, explique Michaël Reul : « vous pouvez devenir chauffeur via la formation professionnelle à l’école, l’enseignement pour adultes, mais aussi via des formations de type VDAB, Forem ou Bruxelles Formation. »

Responsable logistique

Les entreprises logistiques ont davantage besoin, aujourd’hui, de hauts diplômés. « L’organisation du transport est devenue beaucoup plus efficace, tous les acteurs sont à la recherche de solutions pour gaspiller le moins de temps et d’espace possible. Ce qui demande des solutions innovantes et des idées créatives. Le dispatching de transport de biens devient un véritable enjeu », explique Michaël.

Que plus d’écoles supérieures renforcent la formation des responsables logistiques, c’est une bonne chose selon lui. Ces managers doivent appréhender toutes les facettes du transport : gestion de l’import et de l’export, stock et distribution de biens, communication en langues étrangères, législation, assurance, etc.

Vision d’avenir

Le secteur du transport surfe sur la vague de l’économie comme n’importe quel autre secteur. L’économie se porte bien ? Alors, le secteur du transport s’en portera encore mieux. Mais l’inverse aussi est vrai. Quand l’économie est dans un creux, le transport connaît de sérieuses difficultés. « Ce rapport est exponentiel : 1% de croissance économique engendre 1,5% de croissance dans le secteur du transport », explique Michaël Reul.

Comment se profile l’avenir du secteur dans nos régions ? « La concurrence avec la main d’œuvre étrangère bon marché est un véritable défi aujourd’hui, certainement quand elle est combinée à la pénurie qui menace le pays. Mais tant que les consommateurs voudront manger et consommer, nous aurons besoin de transport. Et notre pays reste encore toujours, à ce sujet, une plaque tournante en Europe. »

Devenir chauffeur ?

En raison du vieillissement, le flux sortant de chauffeurs sera considérable les dix prochaines années. Celui qui se voit toute sa journée de travail sur la route est presque sûr d’avoir du travail. Mais n’oubliez pas : être chauffeur est un job avec beaucoup de responsabilités.

Un chauffeur doit être à l’aise dans tous les marchés. Il entre en contact avec plein de personnes différentes : son employeur, les clients, les collègues ainsi que les autres usagers de la route. En plus, les chauffeurs ont pour tâche de livrer en parfait état les biens de leurs clients, dans le délai fixé et selon des règles de sécurité très strictes. Ce n’est pas si simple. On attend d’un chauffeur de poids lourds qu’il connaisse bien non seulement le code de la route mais aussi toute une liste de règlements, d’appareils et de documents.

Un chauffeur professionnel doit aussi être solide. Mentalement et sur le plan de la technique professionnelle. Il doit pouvoir travailler de manière autonome et être capable de résister au stress, de faire preuve de discipline aussi. Il doit enfin disposer des connaissances suffisantes qui lui permettent d’appréhender entre autres les temps de conduite et de repos, le tachygraphe, les documents de transport et naturellement la charge maximale de son camion. Chargement qui peut en outre contenir parfois des matières dangereuses.

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07/10/2013