Mon salaire

Le salaire du directeur des achats de Médecins sans frontières : 2.500 euros nets

Nicolas Dupont (31 ans), Bruxelles
  • Profession : directeur des achats chez Médecins sans frontières
  • Privé : marié
  • Revenu mensuel brut : 4.700 euros
  • Revenu mensuel net : 2.500 euros
  • Extras : titres restaurant, assurance hospitalisation et assurance-groupe

A Bruxelles, nous avons rencontré Nicolas Dupont (31 ans). Nous lui avons demandé ce qu’il pense de son travail et de sa rémunération.

En quoi consiste votre travail ?

Je suis le responsable des achats au siège de Médecins sans frontières, de MSF Supply (la centrale logistique) et pour nos missions à l’étranger.

Les fournitures de MSF Supply comprennent des médicaments, des appareils médicaux ainsi que des moyens logistiques tels que des tentes, des véhicules, etc. Notre responsabilité est de garantir la qualité du matériel et de faire en sorte que le tout soit livré dans les temps et au meilleur prix. Nous sommes en mesure de livrer tout le matériel nécessaire n’importe où dans le monde dans un délai de 48 heures.

Etes-vous régulièrement à l’étranger ?

Nos effectifs en mission à l’étranger peuvent compter sur mon équipe pour les assister quand ils ont besoin de négocier des achats. De temps en temps, je les accompagne lors de négociations importantes.

Mon job consiste aussi à établir la stratégie de mon département et de mener et coacher 18 collaborateurs motivés. J’interviens aussi lors de grands achats et dans ce but je voyage régulièrement.

Aimez-vous votre travail ?

Je l’adore ! En tant que consultant chez une grande entreprise, je gagnais plus, mais ce travail n’avait pas de dimension humanitaire. Aujourd’hui, je contribue à de meilleurs soins pour des patients partout dans le monde et cela me donne une grande satisfaction. J’aime beaucoup le professionnalisme de Médecins sans frontières. Ce qui me plaît aussi, c’est la grande responsabilité (un budget d’achats qui s’élève à 100 millions d’euros par an) mais avec une belle marge de liberté.

Le travail reste passionnant parce qu’il s’agit d’un mélange de négociations concrètes et d’analyses stratégiques. Suivre le marché des médicaments, par exemple.

Que pensez-vous de vos revenus ?

Je gagne moins que dans le secteur privé mais cela ne me dérange pas. Je trouve l’aspect humanitaire plus important. De plus, au sein de MSF, on nous donne beaucoup d’opportunités et de possibilités d’évolution. Et je ne peux déjà pas me plaindre.

Est-ce qu’on vous demande d’être flexible ?

En théorie, je travaille 37,5 heures semaine, mais dans la pratique, j’en fais beaucoup plus. Mon poste existe depuis assez peu de temps et il reste beaucoup de choses à mettre en place. Je veille toutefois à ce que les membres de mon équipe ne fassent pas trop d’heures supplémentaires. En général, mon département n’est pas trop affecté par les interventions urgentes à l’étranger parce que nous avons quasiment tout en stock.

Parvenez-vous à économiser ?

Oui. Je n’ai pas encore de crédit hypothécaire, ni de voiture ni d’enfants.

Quelles dépenses vous font plaisir ?

Les voyages. Ma femme est Irlandaise et moi Français. Nous voyageons souvent pour rendre visite à nos familles et amis. Et je soutiens des organisations comme WWF et Kiva (le microcrédit pour les populations dans les pays en voie de développement).

Que feriez-vous si vous gagniez au lotto ?

Je ne dirais pas tout de suite adieu à mon boulot. Je prendrais le temps de réfléchir à la meilleure manière d’utiliser cet argent pour l’aide humanitaire ou pour l’environnement. Une partie de l’argent servirait à acheter une maison et à partir en voyage.

(mr) 

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18/03/2013