Le mythe des mamans moins productives mis à mal

maman

Les mères avec enfants ne sont pas moins productives que les femmes sans progéniture. Ce mythe est mis à mal par des chercheurs. « C’est surtout une question d’organisation et de flexibilité », déclarent les mamans.

Les talents d’organisation et l’éthique de travail dont nous commençons à faire preuve lorsque nous faisons le projet d’être parents s’avèrent payants lorsque nous retournons au bureau. Il n’est pas seulement question de l’écart salarial entre hommes et femmes. Même entre femmes sans enfant et mamans, il semble y avoir un fossé. Le salaire des mamans pourrait être entre 7 et 14% inférieur à celui de leurs collègues femmes sans enfants, ont calculé des scientifiques de l’Université du Nouveau Mexique en 2012.

Les explications les plus évidentes à ce phénomène ? Selon Kate Krause, enquêteur en chef et professeur, les mamans ou les futures mamans sont conscientes de mettre leur carrière en veilleuse. En choisissant pour un emploi 9-5 plus prévisible par exemple. Mais se résigner à rester à la maison une paire d’années et à travailler à temps partiel jouent aussi un rôle. C’est ainsi que les mamans ne peuvent prétendre à une expérience comparable.

Certains croient véritablement qu’il y a une autre explication, plus secrète, qui justifierait le fossé salarial : en fait, celle qui soutiendrait que les employeurs font de la discrimination à l’encontre des femmes enceintes et des mamans, consciemment ou non. Ils seraient plutôt tentés de leur donner moins de travail ou des missions moins prometteuses pour leur carrière, en faveur de leurs collègues sans enfants.

Dégâts en termes de carrière

Rien de tout cela, constatent à présent les enquêteurs. Selon Matthias Krapf, Hendrich W. Ursprung et Christian Zimmermann, respectivement des Universités de Zurich, Konstanz et de la Federal Reserve Bank de St. Louis, les employeurs ont tort lorsqu’ils donnent la préférence aux candidates sans progéniture. Les mamans actives s'avèrent être tout aussi productives.

Ils sont parvenus à cette conclusion après avoir analysé les profils de 10.000 économistes masculins et féminins. Ils ont étudié s’ils avaient ou non des enfants, à quelle étape de leur carrière ils fondaient leur famille, etc. Leur productivité a été mesurée à l’aide d’une série de recherches qui ont été publiées. La différence entre les parents actifs et leurs homologues sans enfants semble insignifiante.

Comment est-ce possible ? Les enquêteurs estiment que les économistes qui veulent un enfant, font un effort supplémentaire pendant la période qui précède, pour limiter les dégâts en termes de carrière. « Les talents d’organisation et l’éthique de travail dont elles font preuve avant d’être parent s’avèrent payantes quand elles reviennent au travail. » Même les mamans peuvent devenir beaucoup plus efficaces dans la gestion de leur temps.

Réseau

Machteld De Metsenaere, présidente d'un centre de recherche sur les genres et la diversité (Centrum voor Gender & Diversiteit) à la VUB, estime qu’il n’est pas étonnant qu’il n’y ait aucune différence. « Du moins pas à long terme. » Selon elle, c’est une question d’organisation. « A court terme, une diminution de production est bien inévitable : en tant que jeune maman, vous êtes pour un moment hors circuit. »

Cela ressort aussi de l’enquête : chez les femmes qui viennent de mettre leur premier enfant au monde, leur productivité diminue de 10%, pendant la période concernée, comparé à la période sans enfant. Même chez les mamans dont les enfants sont à l’école primaire, comme chez les mamans sans partenaire ni conjoint, des baisses ont été enregistrées. Selon De Metsenaere, c’est entre autres lié à l’âge auquel les enfants deviennent indépendants et au réseau auquel on peut faire appel.

(sc) - Sources : De Morgen 

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13/02/2014