Le job hopping peut-il nuire à votre carrière ?

"Assurez-vous de travailler au moins deux ans chez votre employeur actuel et évitez de rester trop longtemps inactif entre deux emplois." Tels sont les conseils que nous entendons depuis des années au sujet de nos carrières professionnelles. Sont-ils encore valables aujourd'hui ?

L'économie en ébulition et l'innovation permanente stimulent le monde du travail et secouent régulièrement ses fondations. Un changement des mentalités est observé tant chez les employeurs que les employés. Ces derniers sont devenus plus mobiles. Du côté des entreprises, il reste important de recruter un talent pendant de nombreuses années mais il n'est plus obligatoirement question d'une période consécutive.

1. Un investissement pour les jeunes collaborateurs

Avoir effectué plusieurs emplois pendant de courtes périodes devient de moins en moins un problème pour les entreprises qui sont moins regardantes au niveau de la règle des deux ans. Du côté des travailleurs, le fait de changer d'emploi est surtout influencé par les phases de vie privée et de carrière dans lesquelles ils se trouvent. Il est évident que, surtout pendant les premières années, la mobilité (tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des organisations) peut avoir des avantages significatifs. Les jeunes diplômés acquièrent ainsi une série d'expériences professionnelles et développent différentes compétences.


Il s'agit également d'une excellente occasion de tracer sa route et de se construire un solide réseau. Dans ce contexte, le job hopping peut être vu comme un investissement professionnel mettant l'accent sur l'apprentissage, l'exploration, le contenu et l'autonomie.

2. Moins évident en milieu de carrière

Pour les travailleurs en milieu de carrière, changer d'emploi est moins évident, et ce principalement à cause de plus grandes responsabilités sur le plan personnel (subvenir aux besoins d'une famille ou rembourser un crédit hypothécaire).


De plus, une réorientation professionnelle à ce stade demande des efforts beaucoup plus importants. Toutefois, bon nombre de travailleurs expérimentés envisagent de trouver un nouvel emploi pour améliorer leur qualité de vie ou éviter la stagnation de leur carrière.

3. Pour les entreprises : tisser des liens avec les travailleurs

Que dire de l'argument selon lequel les job hoppers sont considérés comme moins fidèles à leur employeur ? Les entreprises sont en grande partie responsables de l'élaboration de leurs stratégies et doivent essayer de garder les travailleurs le plus longtemps possibles dans leurs rangs. Il est par exemple déconseillé d'accorder systématiquement des augmentations salariales à un travailleur prétendant avoir trouvé un nouvel emploi et attendant une contre-offre. Cette pratique ne fait que passer un message à tous les autres employés en leur disant d'aller voir ailleurs pour ensuite renégocier leur position au sein de leur entreprise actuelle.


Cependant, l'étude précise que rechercher activement un emploi augmente réellement les chances de changer d'employeur et que les meilleurs éléments reçoivent généralement les meilleurs offres externes.


De plus, les travailleurs peuvent parfois se sentir 'obligés' de changer d'emploi, même s'ils ne sont à la base pas enthousiastes à l'idée de quitter leur entreprise actuelle. En effet, ils agissent de la sorte pour ne pas perdre la face lorsqu'ils n'ont pas reçu de contre-offre de leur patron.

4. Même en cas de départ, la porte n'est jamais fermée

Sur base des observations ci-dessus, il est primordial de laisser un espace pour une discussion ouverte et transparente au sujet des attentes qu'ont les employés quant à la durée et la nature de leur collaboration avec leur employeur. Si un travailleur décide de s'en aller, la porte ne doit pas être irrémédiablement lui être fermée.


Que du contraire, les entreprises ont intérêt à rester en bons termes avec leurs employés. De plus en plus d'organisations entreprennent des mesures au niveau de leur stratégie RH en prônant une mobilité accrue des travailleurs et en recrutant par la suite des travailleurs ayant déjà évolué auparavant au sein de la société.


(eh/jy) – Source : MARK Magazine 

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04/02/2016