Le corps trahit ce que la bouche tait

L'autodidactisme et l'enseignement à distance prennent de plus en plus d'importance dans notre cybersociété peuplée de cd-rom, de sites Internet et d'e-mail. L'ordinateur remplace de plus en plus l'enseignant et les sources électroniques deviennent le forum idéal pour les esprits curieux. Tous les sujets ne se prêtent pas autant, toutefois, à l'apport de connaissances par la voie numérique. Jobat a pris place sur les bancs de la cyberécole et a tout appris sur le langage corporel. Notre première question était: 'Que peut bien avoir à raconter un ordinateur en matière de comportements humains?'

Le langage corporel, c'est bien plus qu'une affaire de grimaces et de mains moites. Bien que nous n'en soyons généralement pas conscients, 70 pour cent au moins de notre communication passe par le langage corporel. Celui qui, grâce à une formation efficace, parvient à détecter plus rapidement dans les divers mouvements du corps ses propres signaux et ceux des autres, communiquera mieux. Ces connaissances peuvent être utiles dans plusieurs situations, que ce soit un entretien d'embauche, un exposé ou même une argumentation de vente. Le langage corporel est indispensable pour établir des contacts. Etre conscient de certaines différences liées aux cultures, aux personnes ou aux situations, peut nous guider dans la bonne voie.

Deux exemples

La distance que nous observons à l'égard de notre interlocuteur est un excellent baromètre de la relation que nous entretenons avec lui et du contact que nous souhaitons à ce moment. Nous adaptons en permanence cette distance selon la fonction, aussi est-elle révélatrice du degré d'intimité ou du sujet de conversation, d'une part. La distance joue d'autre part un rôle très efficace au niveau de la régulation de la conversation. Lorsque nous voulons terminer une conversation, nous agrandissons la distance afin que tout le monde reçoive le même signal. La notion de 'distance' est toutefois sujette à une série de différences culturelles. Les Japonais et les Arabes acceptent un contact plus 'intime' que les collègues européens, qui se sentent plus facilement menacés. Des différences personnelles, comme l'éducation, le vécu ou le caractère, influencent également les relations interpersonnelles. Quelles 'zones' distingue-t-on dans le monde occidental?

La zone d'intimité (0-45 cm)

Cette distance, définie par une longueur de bras, est idéale pour une relation familière. Il suffit de chuchoter pour se comprendre mutuellement. La proximité est physiquement perceptible: le niveau d'adrénaline augmente, on transpire, le rythme cardiaque s'accélère. Lorsqu'un inconnu s'immisce malgré tout dans cette sphère (dans un bus plein à craquer, par exemple), on va essayer d'échapper à cette intimité non désirée par tous les moyens: détourner la tête, éviter le contact visuel, ne pas parler, …

La zone personnelle (45-120 cm)

La plupart des conversations se déroulent dans un espace tel qu'on peut facilement échanger une poignée de mains. Il est possible de tenir une conversation normale sans crier. On a tout loisir de regarder l'autre ou de détourner le regard.

La zone sociale (120-360 cm)

Tous les contacts survenant lors de fêtes, cocktails, repas et réunions, se situent dans cette zone. On se parle sans se toucher. Souvent, un objet sépare les interlocuteurs - une table, par exemple - pour souligner la distance.

La zone publique (360-750 cm ou plus)

On peut, dans cette zone plus étendue, s'adresser à un plus grand groupe de personnes. On se contente de saluer les gens avec qui on ne souhaite pas converser. La distance publique est généralement maintenue dans les lieux publics, qui requièrent une attitude neutre et réservée.

Regarde-moi dans les yeux

Les yeux sont le reflet de l'âme. Le fait de regarder et de fixer quelqu'un est régi par des règles tacites et inconscientes, mais nous observons tous une série de modèles en la matière. Cela ne nous empêche pas de nous poser des questions. Quand commencer à regarder? Le moment où l'on commence à regarder son interlocuteur dépend de la relation qu'on entretient avec lui et du délai depuis lequel on ne l'a plus vu. Fixer quelqu'un et agiter la main dans sa direction se fait pendant un bref instant, encore faut-il s'approcher mutuellement. De plus, le regard détermine aussi le temps que l'on veut consacrer au contact.

Si l'on ne veut pas 's'attarder', on sera le dernier à regarder l'autre. Parler et regarder sont indissociablement liés. Lorsqu'on veut entamer une conversation, on regarde brièvement son futur interlocuteur. S'il répond par un regard, on sait qu'il est prêt à écouter. Dès qu'on commence à parler, on détourne le regard. Tant que le regard reste détourné, l'autre sait qu'on veut poursuivre son discours. Lorsqu'on veut souligner certaines choses, on le fixe brièvement. Histoire de vérifier s'il est attentif. Lorsque le récit est terminé, on regarde un peu plus longuement son auditeur. Si celui-ci est resté assis à écouter avec intérêt, tout va bien. Dans le cas contraire, il faut se poser des questions. Le contact visuel joue un rôle important dans la formation d'une première impression. Les premières minutes sont d'ailleurs cruciales pour la survie d'une relation. Une série d'indices quasi invisibles, de microsignaux, reflètent nos émotions via d'infimes changements. Comme nous ne contrôlons pas ces petits mouvements, ils trahissent nos pensées à la perfection. Ainsi, la peur ou l'excitation agrandissent les pupilles et augmentent les clignements des yeux. Nos paupières se ferment légèrement lorsque nous nous méfions. Par ailleurs, l'importance du contact visuel se répercute directement sur l'échelle de valeur. En dessous d'une certaine valeur, on appréciera davantage une personne qui nous regarde beaucoup et longtemps. Si cette personne dépasse cette valeur, on l'appréciera moins.

Ceci est un extrait d'un site web dédié au langage corporel. Outre un syllabus en ligne décrivant tous les aspects du langage corporel, les personnes intéressées pourront y découvrir une vaste bibliographie et une liste de sites. Sujets abordés: la communication, les attitudes, la distance, la démarche, les mouvements, les signes et les gestes, la voix, l'espace, le temps, le regard, les expressions du visage, le toucher, se saluer, écouter, la tenue vestimentaire, les hommes et les femmes, s'exprimer en public, etc.

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18/09/2008