Le candidat le plus qualifié n’est pas toujours le meilleur choix

Les entreprises privilégient encore toujours l’expérience ou les diplômes dans leurs engagements. C'est encore davantage le cas dans la fonction publique, où vous n’entrez pas sans les papiers adhoc. Choisir résolument le candidat le plus qualifié n’est pourtant pas toujours la meilleure stratégie.

2 juin 2014

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La cause de ce paradoxe ? La reconnaissance qu’un candidat moins qualifié témoigne à son nouvel employeur. Reconnaissance qui incite le travailleur à faire davantage preuve d’honnêteté et d’implication pour son entreprise. Par contre, le candidat plus qualifié considère que son engagement va de soi et se montre donc moins motivé au travail.

C’est la conclusion d’une expérience menée auprès de 840 personnes par les enquêteurs de Max Planck Institute of Economics en Allemagne, de l’Université de Padua en Italie et de l’Université d’Innsbruck en Autriche. Il ressort de l'enquête qu’une implication plus élevée est souvent plus que satisfaisante pour compenser une moindre adéquation à la fonction. Dans cette expérience, seuls 30% des employeurs ont choisi pour cette raison des travailleurs de niveau moyen. Heureusement, il se peut aussi que les ‘seconds de classe’ décrochent un job parce que le chef leur fait confiance. Et il y a aussi des chefs qui privilégient les gens qu’ils connaissent, au détriment d’inconnus détenant néanmoins de meilleures qualifications.

L’essentiel

Il y a donc de bonnes raisons pour également donner une chance aux personnes moins qualifiées. Mais la coach en carrière Katrin Van de Water trouve trop limité et unilatéral d’uniquement regarder les qualifications. « La motivation d’un collaborateur est aussi liée au degré de matching entre les valeurs de l’entreprise et de l’individu. En outre, il est tout aussi important de savoir ce que le travailleur peut faire et s’il le fait volontiers. Il ne faut donc pas uniquement regarder les qualifications : certains peuvent très bien réaliser certaines choses mais ne pas aimer les faire. »

Pour un engagement durable entre travailleur et employeur, il y a, selon Van de Water, des choses bien plus essentielles que les qualifications. « En effet,il est nettement plus intéressant d’avoir un collaborateur motivé. Importantes aussi, les valeurs du travailleur doivent correspondre à celles de l’entreprise. Sur le plan des compétences, il faut aussi prendre en compte celles qu’il veut développer. »

Regarder au-delà des qualifications

Katrin Van de Water en est l’exemple vivant. Via son entreprise Passion for Work, elle vient à l'aide de détenteurs de diplômes élevés âgés entre 30 et 40 ans qui éprouvent des difficultés au niveau de leurs carrières professionnelles. Il y a quelques années, elle était elle-même à la recherche d’un emploi approprié. Van de Water possédait un diplôme en économie mais cela ne lui apportait pas de réelle valeur ajoutée dans sa fonction.

« Dans mon premier emploi j’ai fait de la comptabilité pendant trois ans. Je me débrouillais de manière correcte mais je n’étais pas une championne. Si une entreprise m’engageait, ce n’était pas une situation win win car je ne trouvais pas cela amusant. Cela ne me donnait ni énergie, ni enthousiasme, ni engagement. J’ai d’autres valeurs (je préfère travailler avec des gens qu’avec des chiffres), d’autres talents et je préfère apprendre d’autres choses. Si un employeur m’offre un emploi qui répond à ces besoins, on parlera d’engagement durable. L’enthousiasme est quelque chose de magique : c’est la différence entre la moyenne et le succès. »

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